Wall Street : un rallye du Nasdaq, en attendant la rencontre Trump-Xi
Les valeurs technologiques se réveillent
Wall Street progresse nettement ce lundi, alors que les cours du pétrole refluent et que les rendements des obligations d'État se détendent très légèrement sur leurs plus hauts de 19 ans. Le Nasdaq bondit de 1,54% à 26.931 pts, le S&P 500 prend 0,96% à 7.723 pts et le Dow Jones avance de 0,38% à 51.879 pts. L'once d'or fin fléchit de 1% à 4.337$. L'indice dollar avance de 0,1% face à un panier de devises. Le baril de brut WTI et le Brent de la mer du Nord fléchissent de 4,1% et 3,5% à respectivement 92,1$ et 100,2$, sur une amélioration des flux pétroliers en provenance du Moyen-Orient.
Les opérateurs évaluent toujours les perspectives de durcissement monétaire supplémentaire, suite à un tour de vis de 25 points de base plus tôt ce mois qui a porté le taux des 'fed funds' entre 3,75 et 4%. L'outil CME FedWatch montre une probabilité de plus de 50% d'un nouveau relèvement d'un quart de point le 28 octobre, à l'issue de la prochaine réunion. Le même outil montre que les taux pourraient terminer l'année entre 4 et 4,25% ('proba' de 49,5%) ou bien entre 4,25 et 4,50% (probabilité de 38%).
Les marchés actions américains tentent tout de même de surmonter leurs craintes, après avoir été plombés en septembre par des incertitudes diverses allant de la géopolitique à l'IA en passant évidemment par l'inflation, les taux et les rendements obligataires. Le rendement du T-Bond à 10 ans se détend un peu à 4,96% ce jour, alors que le rendement souverain à 30 ans se tasse marginalement vers les 5,3%.
Les marchés suivront aussi attentivement cette semaine le sommet prévu jeudi (pour sa principale rencontre bilatérale) entre le président Trump et son homologue chinois Xi Jinping. Ces discussions devraient porter principalement sur la prolongation de la trêve douanière et sur la coopération en matière d'IA. Plusieurs dirigeants majeurs du secteur de l'IA, dont Jensen Huang de Nvidia, Sam Altman d'OpenAI, Tim Cook d'Apple ou encore Satya Nadella de Microsoft, seront de la fête, participant à un dîner avec le président chinois. Ce sommet intervient alors qu'une tribune publiée par Dario Amodei, DG d'Anthropic, a relancé tout récemment le débat au sujet de la sécurité de l'IA et de la nécessité potentielle d'un ralentissement du rythme de développement des modèles.
Ce lundi, les valeurs technologiques connaissent une tendance très favorable, après que le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a salué le succès des discussions préliminaires menées le week-end dernier avec son homologue chinois et a proposé l'instauration d'un dialogue sino-américain sur l'IA. Bessent et le vice-Premier ministre chinois, He Lifeng, ont conclu hier des pourparlers portant sur la création d'un éventuel mécanisme de notification relatif à la sécurité de l'IA. Bessent a précisé que ce système se concentrerait sur les menaces pesant sur la sécurité nationale. La proposition sera examinée par Trump et le président chinois lors du sommet.
Pendant ce temps, les combats au Yémen entre les Houthis soutenus par l'Iran et les forces alliées à l'Arabie saoudite laissent en suspens le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb. Les affrontements se seraient intensifiés au cours du week-end, alors que les Houthis tentent de prendre l'avantage sur le détroit reliant le golfe d'Aden à la mer Rouge. L'Arabie saoudite utilise Bab el-Mandeb comme itinéraire alternatif à Ormuz pour acheminer son brut vers les marchés mondiaux. Les Houthis ont ajouté avoir lancé des missiles et des drones sur Riyad, capitale saoudienne, et visé des installations pétrolières en représailles aux frappes aériennes saoudiennes au Yémen.
Washington et Téhéran ont également échangé de nouvelles menaces. Trump a menacé d'anéantir les dirigeants iraniens si le pays ne tentait pas de conclure un accord, tandis que l'armée iranienne a averti qu'elle riposterait à toute attaque. Malgré la perspective de perturbations persistantes, les prix du pétrole déclinent ce jour. Les données de la société d'analyse maritime Kpler montrent en effet que les exportations pétrolières saoudiennes ont rebondi pour dépasser légèrement les 4 millions de barils par jour depuis le début du mois de septembre, contre 2,4 millions en août. Riyad espère également rétablir rapidement les flux pétroliers via son oléoduc est-ouest endommagé. Le chef du Commandement central des États-Unis a déclaré selon Reuters que le volume de pétrole brut, de marchandises et de gaz naturel liquéfié transporté au cours des deux dernières semaines était supérieur à tout ce qui a été observé au cours des six derniers mois.
Sur le front économique cette semaine à Wall Street, les opérateurs suivent ce lundi l'indice d'activité nationale de la Fed de Chicago (-0,04 en août contre -0,08 de consensus et +0,08 pour la lecture révisée du mois antérieur), ainsi qu'une intervention d'Austan Goolsbee de la Fed. Le président de la Fed de Chicago, Austan Goolsbee, craint ce jour que la solidité de la demande n'alimente encore l'inflation, ne laissant d'autre choix à la Fed que de relever encore ses taux. Il note, lors d'une intervention à Londres, que le haut niveau d'investissement dans l'IA pourrait porter la production au-delà de ce que l'économie est susceptible d'absorber. Il est difficile selon le responsable, et compte tenu des différents chocs (pétrole, tarifs douaniers...), d'envisager un apaisement de l'inflation. Quoi qu'il en soit, soufflant le chaud et le froid, Goolsbee veut rester optimiste quant au retour de l'inflation vers cet objectif de 2%, à condition que la demande ne surchauffe pas. Il déclare que la Fed a actuellement un problème d'inflation, et non un problème d'emploi, et qu'il veut des preuves convaincantes que les pressions sur les prix s'estompent.
L'indice manufacturier de la Fed de Richmond sera connu demain. John Williams, Thomas Barkin et Philip Jefferson prendront par ailleurs la parole ce mardi. Le PMI flash composite américain et l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta seront au programme mercredi. Jeudi, les investisseurs suivront les inscriptions hebdomadaires au chômage, la balance des comptes courants et les ventes de logements neufs, ainsi que l'indice manufacturier de la Fed de Kansas City. John Williams, Thomas Barkin, Beth Hammack et Anna Paulson de la Fed, interviendront le même jour.
Enfin, vendredi, les commandes de biens durables et l'indice du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan seront sur l'agenda, tandis que John Williams et Beth Hammack auront encore leur mot à dire.
Dans l'actualité des entreprises sur la place américaine, AutoZone publie demain avant bourse ses résultats trimestriels. Cintas, Paychex, General Mills et Manchester United annoncent leurs derniers comptes mercredi. Costco Wholesale, Darden Restaurants, BlackBerry et TD Synnex, dévoileront leurs chiffres jeudi.
Les valeurs
JPMorgan (+0,5%). L'Autorité d'investissement du Qatar (QIA) vise un partenariat de 20 milliards de dollars avec JPMorgan Chase quelques mois après un accord similaire avec Goldman Sachs, indique Bloomberg ce lundi. Le plan comprendrait un mandat de 15 milliards de dollars pour la partie 'equities' (titres cotés) et 5 milliards de dollars pour des investissements sur le marché privé dans des entreprises américaines de taille moyenne.
Eli Lilly (+1,1%) prend désormais le chemin inverse de son grand rival danois à Wall Street, tandis que Novo Nordisk (-8%) corrige suite à sa journée dédiée aux investisseurs, dans un contexte concurrentiel difficile sur le marché des médicaments contre l'obésité. Novo a annoncé viser un chiffre d'affaires de plus de 23 milliards de dollars d'ici 2035 grâce à son portefeuille de produits en développement. Le groupe entend lancer plus de cinq médicaments à très fort potentiel commercial d'ici la fin de la décennie. "Nous sommes confrontés à une concurrence d'une ampleur inédite dans l'histoire de Novo. Pendant des décennies, cette entreprise a évolué dans ce que l'on pourrait qualifier de duopole. Nous avons créé un marché extrêmement attractif et, aujourd'hui, presque tous les autres laboratoires pharmaceutiques, grands ou petits, tentent de nous concurrencer", a analysé Mike Doustdar, dirigeant de Novo.
SpaceX (+2,1%). La Nasa accroît encore sa dépendance à SpaceX pour les trajets vers la station spatiale internationale. Elle a, pour ce faire, octroyé un contrat supplémentaires de 956 millions d'euros au groupe d'Elon Musk pour assurer trois missions supplémentaires vers l'ISS. Le contrat engage SpaceX à assurer 17 vols supplémentaires d'astronautes. Cette 'rallonge' porte à ce jour à 5,92 milliards de dollars le contrat qui lie la Nasa à SpaceX, sur lequel elle s'appuie très largement pour assurer le transport de ses astronautes vers, et depuis la station, même si elle s'efforce de maintenir Boeing dans le jeu, en cas de problème technique majeur du côté de l'un d'entre eux. La Nasa avait sélectionné les deux groupes en 2014 pour développer des véhicules spatiaux en mesure d'assurer cette mission.
Paramount Skydance bondit de 5% à Wall Street. Le groupe mène des négociations avancées avec les procureurs généraux de plusieurs États pour régler le litige antitrust qui bloque son acquisition de Warner Bros. Discovery (+10,3%), indique CNN - dont Warner est la maison mère. Toutefois, ces pourparlers suscitent des divisions au sein même des États démocrates à l'origine de la plainte déposée il y a deux mois, selon des sources interrogées par CNN.
Le procureur général de Californie, Rob Bonta, qui dirige la coalition de 12 États, a fait pression ces derniers jours pour conclure un accord à l'amiable avec Paramount. Cependant, certains États ne sont pas encore convaincus. La procureure générale de New York, Letitia James, s'oppose aux conditions de l'accord et réclame des garanties supplémentaires pour les salariés, d'après une personne proche du dossier citée par CNN. Le Connecticut et au moins deux autres États émettent également des réserves quant à cet accord et n'y adhèrent pas pour l'instant. Ces États réticents exigent de Paramount des mesures correctives supplémentaires. Le procureur général du Connecticut, William Tong, se bat pour préserver l'indépendance de CNN et de CBS News, a indiqué une autre personne au fait des négociations, toujours citée par CNN.
À défaut d'accord, le procès antitrust se tiendra en Californie en mars prochain, ce qui représente un délai important qui pourrait potentiellement compromettre l'opération dans son ensemble. Les considérations politiques jouent un rôle majeur : James, Bonta, Tong et certains autres procureurs généraux sont candidats à leur réélection en novembre prochain, note CNN.
Alphabet. (+1,6%). Après avoir cumulé 460 millions d'euros et 430 millions d'euros d'amendes auprès de la Commission européenne le 23 juillet dernier, Google (Alphabet) vient d'être condamné par la Commission irlandaise pour la protection des données pour avoir enfreint les règles européennes (RGPD) concernant l'utilisation des données de géolocalisation de ses utilisateurs. Le montant est conséquent puisqu'il dépasse encore une fois les 400 millions d'euros, à 403 millions d'euros. Le régulateur irlandais a constaté des manquements de Google alors que les utilisateurs pouvaient ignorer que leur géolocalisation était utilisée, notamment à des fins commerciales.
Strategy (+9%) grimpe en bourse ce lundi, alors que le bitcoin bondit en direction des 86.000$ désormais, ignorant visiblement l'échec récent du Clarity Act. Michael Saylor, fondateur et dirigeant de l'ex-MicroStrategy, a livré son sentiment sur les actifs digitaux. Le secteur des actifs numériques a tout intérêt selon lui à avancer en s'appuyant sur des règles favorables émanant de la SEC, de la CFTC, du Trésor et des régulateurs bancaires, plutôt que d'accepter les restrictions contenues dans le compromis final du projet de loi Clarity. "L'objectif doit être celui d'un marché libre de l'innovation financière : règles claires, libre accès, concurrence vive et liberté de choix pour les clients. Il faut protéger les droits de propriété, exiger une transparence totale et sanctionner la fraude. Dans ce cadre, laissons les entrepreneurs tester de meilleures technologies et de nouveaux modèles économiques, et permettons aux produits performants de se développer", estime Michael Saylor.
Strategy a aussi indiqué avoir acheté des bitcoins supplémentaires et racheté des titres préférentiels la semaine dernière. Le groupe a acquis 950 bitcoins de plus et racheté 1,77 million de ses titres préférentiels 'STRC' la semaine dernière, selon une déclaration réglementaire. Saylor confirme ces achats de BTC ainsi que le rachat de 174 millions de dollars de titres STRC. "Au 20/09/26, nous détenons 846.000 BTC et 6,09 milliards de dollars d'actifs en USD", ajoute le dirigeant. Le groupe détient donc désormais près de 73 milliards de dollars de BTC.
OpenAI. SoftBank lance une offre de 'junk bond' de plus de 11 milliards de dollars pour financer son pari sur la startup d'IA. Notons également que les projections du groupe à l'origine de ChatGPT font ressortir une consommation de cash massive qui pourrait atteindre près de 280 milliards de dollars d'ici 2030, selon le Financial Times. Anthropic devrait pour sa part générer plus de 100 milliards de dollars de revenus annualisés cette année, selon le New York Times, qui cite des personnes proches du dossier.
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