Wall Street se replie sans excès malgré les craintes géopolitiques
En bon ordre...
Wall Street a perdu du terrain mardi, après une ouverture en net repli, le Dow Jones limitant finalement son retard à -0,83% à 48.501 pts, le S&P 500 reculant de 0,94% à 6.816 pts et le Nasdaq abandonnant 1,02% à 22.516 pts. La cote américaine avait déjà bien résisté à la pression géopolitique la veille, terminant proche de l'équilibre malgré la lourde incertitude consécutive aux attaques des États-Unis et d'Israël en Iran qui ont emporté le guide suprême iranien Ali Khamenei et des hauts responsables du régime. "Leur défense aérienne, leur armée de l'air, leur marine et leurs dirigeants sont partis. Ils veulent parler. J'ai dit 'trop tard' !", a lancé Trump sur son réseau Truth Social il y a quelques instants.
Sur le Nymex, le baril de brut WTI a de nouveau progressé de 7% à 76,1$. Le Brent de la mer du Nord affiche un gain comparable à 83,55$. L'once d'or fin cède de son côté 1,9% à 5.144$. L'indice dollar reprend 1% face à un panier de devises. Le bitcoin hésite autour des 68.000$.
Donald Trump a indiqué que le conflit pourrait durer "quatre à cinq semaines", voire même se prolonger, avec un risque important de répercussions économiques aux États-Unis et dans le monde en raison de la flambée des cours du pétrole et du gaz qui poursuivent leur rallye avec les craintes de perturbation des principales voies d'approvisionnement et de résurgence des pressions inflationnistes. Le détroit d'Ormuz a été fermé. Ebrahim Jabbari, conseiller du commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne, a déclaré à la télévision d'État que les forces iraniennes "incendieront tout navire tentant de traverser".
Donald Trump a affirmé à Politico que les capacités balistiques de l'Iran étaient "décimées" et que le pays était à court de lanceurs. Il s'est dit prêt à collaborer avec les membres survivants du régime iranien. Il a affirmé que les munitions américaines étaient "illimitées" et produites rapidement...
L'événement économique phare de la semaine restera la publication, vendredi, du rapport sur l'emploi de février. Wall Street anticipe la création de 60.000 emplois non-agricoles aux États-Unis, en baisse par rapport aux 130.000 créations enregistrées en janvier. Le taux de chômage est attendu à 4,4%. Lundi, sur le front économique, l'indice PMI manufacturier américain final de février 2026 s'est établi à 51,6 contre un consensus de place de 51,2. La lecture flash se situait également à 51,2. L'indice signale une légère expansion de l'activité manufacturière nationale en février... L'indice ISM manufacturier américain du mois de février 2026 s'est établi à 52,4, contre 51,8 de consensus FactSet. L'indice des commandes nouvelles en février reste à haut niveau, à 55,8 contre 57,1 en janvier.
Les attaques sur l'Iran et le conflit au Moyen-Orient n'ont pas fait évoluer significativement les anticipations de baisse des taux. Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité de statu quo monétaire reste logée à plus de 97% pour la prochaine réunion des 17 et 18 mars. Alors que les taux des fed funds sont actuellement logés entre 3,50 et 3,75%, l'outil FedWatch montre une probabilité de 32,7% d'une baisse de 50 points de base d'ici la fin de l'année et une 'proba' de 31,6% d'un assouplissement de seulement un quart de point au 9 décembre 2026, à l'issue de la dernière réunion FOMC de l'année. La seule évolution concerne donc la remontée de l'hypothèse d'une baisse de 25 points de base seulement d'ici la fin de l'année, sur fond de craintes d'inflation...
John Williams, patron de la Fed de New York, n'a pas commenté l'impact économique du conflit en Iran. Il juge le curseur monétaire actuelle "bien positionné", d'éventuelles réductions de taux devant servir à éviter que la politique ne devienne trop restrictive. Il prévoit une baisse du taux de chômage cette année et l'an prochain, ainsi qu'une croissance de 2,6% en 2026. L'inflation devrait selon lui revenir à 2,5% cette année puis sur l'objectif des 2% en 2027. La pression des tarifs douaniers sur l'inflation devrait se modérer durant l'année. Williams ne pense pas, pour finir, que l'IA crée un chômage structure, même si cette transition pose des problèmes pour les jeunes diplômés... Jeffrey Schmid, le dirigeant de la Fed de Kansas City, s'exprimant également ce jour, a jugé qu'il n'y avait pas de place pour la complaisance concernant l'inflation, qui reste au-dessus de l'objectif depuis cinq ans. Il juge élevé le risque de perdre en crédibilité à propos de l'inflation.
Mercredi, les investisseurs suivront le rapport sur l'emploi privé d'ADP, l'indice PMI composite final, l'ISM des services, le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains, ainsi que le Livre Beige économique de la Fed. Jeudi, les opérateurs surveilleront l'étude Challenger, Gray & Christmas sur les annonces de licenciements, les inscriptions hebdomadaires au chômage, les chiffres de la productivité non-agricole du 4e trimestre, ainsi que les prix à l'import et à l'export. Enfin, vendredi, outre le rapport gouvernemental sur l'emploi, les marchés suivront les chiffres des ventes de détail de janvier.
Du côté des entreprises, Broadcom publiera ses résultats mercredi soir. Veeva, Brown Forman et Okta annonceront également leurs comptes mercredi, tandis que Costco Wholesale, Marvell Technology, Ciena, Kroger, JD.com ou Burlington Stores, seront de la partie jeudi...
Les valeurs
Nvidia (-1,3%) reste sous pression malgré une succession d'avis favorables de brokers depuis sa très solide publication financière. Morgan Stanley vient de confirmer sa recommandation à 'surpondérer', fixant un cours-cible de 260$. Le broker apprécie le point d'entrée actuel et classe le dossier en 'top pick' dans les puces. De source de marché, Wedbush vient pour sa part de relever son objectif à 300$ sur Nvidia contre 230$ auparavant. Notons aussi que l'événement annuel GTC du groupe aura lieu du 16 au 19 mars.
Meta Platforms (+0,2%) testerait selon Bloomberg une fonctionnalité de recherche de produits dans son chatbot d'intelligence artificielle, concurrençant ainsi des outils similaires proposés par ChatGPT d'OpenAI et Gemini de Google. La fameuse fonctionnalité, qui permettrait de demander des suggestions de produits, serait déployée auprès d'un groupe d'utilisateurs américains du navigateur web Meta AI. Le chatbot répondrait par un carrousel d'images de produits accompagnées de légendes contenant des informations sur la marque, le site web et le prix, ajoute Bloomberg.
MongoDB, leader des plateformes de bases de données "modernes et polyvalentes", chute de 22,2% à Wall Street. Le groupe a publié pourtant au titre de son 4e trimestre un bénéfice ajusté par action de 1,65$, supérieur au consensus, contre 1,28$ un an plus tôt. Ses revenus ont totalisé 695 millions de dollars, également meilleurs que prévu, contre 548 millions sur la période correspondante de l'an dernier. Sur l'exercice, le groupe a essuyé une perte de 71 millions de dollars pour des revenus de 2,46 milliards. Pour le trimestre entamé, la guidance est prudente, le groupe tablant sur un bpa ajusté de 1,15-1,19$ et des revenus allant de 659 à 664 millions. Sur l'exercice en cours, le bpa ajusté est anticipé entre 5,75 et 5,93$, pour des revenus de 2,86 à 2,9 milliards.
AST SpaceMobile (+6,6%), le concepteur américain de satellites a publié au titre de son 4e trimestre 2025 des revenus de 54,3 millions de dollars, supérieurs aux attentes, mais aussi une perte plus importante que prévu à 74 millions de dollars. Sur l'exercice 2025, les revenus ont été de 70,9 millions pour une perte nette attribuable aux actionnaires de 342 millions de dollars. Le groupe souligne l'obtention de plus de 1,2 milliard de dollars d'engagements de revenus contractuels cumulés de la part de ses partenaires, ainsi que le déploiement réussi de BlueBird 6, "plus grand réseau de communications commerciales jamais déployé en orbite terrestre basse, dont les débits de données de pointe devraient largement dépasser 120 Mbit/s". Les revenus 2026 sont attendus entre 150 et 200 millions de dollars.
Target (+6,7%) grimpe à Wall Street suite à sa publication financière trimestrielle. Le groupe a publié pourtant des ventes en déclin de 1,7% sur l'exercice clos fin janvier 2026, avec une baisse de 1,5% sur le dernier trimestre. Le bénéfice ajusté par action a toutefois dépassé nettement les attentes de marché, à 2,44$ sur le 4e trimestre, pour des revenus de 30,5 milliards de dollars 'en ligne avec les anticipations du groupe'. Le détaillant discount américain a affiché un bpa ajusté de 7,57$ sur l'exercice 2025, contre 8,86$ un an avant. Les revenus annuels ont atteint quant à eux 104,8 milliards de dollars contre 106,6 milliards sur l'exercice antérieur. Les ventes annuelles à comparable ont reculé de 2,6%. Le détaillant prévoit pour 2026 une croissance du chiffre d'affaires d'environ 2%, guidance reflétant "une légère augmentation des ventes à périmètre comparable", les ventes liées aux nouveaux magasins et aux activités hors marchandises contribuant à hauteur de plus d'un point de pourcentage à cette croissance. La société anticipe une croissance de son chiffre d'affaires chaque trimestre de l'année. La marge opérationnelle pour l'exercice 2026 est attendue supérieure d'environ 20 points de base à la marge opérationnelle ajustée de 4,6% enregistrée en 2025. Le bénéfice par action GAAP et ajusté serait compris entre 7,50 et 8,50$.
Best Buy (+7%), le distributeur américain de produits électroniques, a annoncé pour son 4e trimestre fiscal clos fin janvier 2026 un repli de 0,8% de ses ventes à comparable et un bénéfice ajusté dilué par action de 2,61$. Les revenus ont été de 13,81 milliards sur le trimestre clos et de 41,7 milliards de dollars sur l'exercice. Le bénéfice net a plus que quadruplé sur le trimestre clos à 541 millions de dollars, tandis que le bénéfice net annuel a progressé à 1,07 milliard de dollars. Le groupe renforce son dividende trimestriel de 1% à 96 cents. Il anticipe, pour l'exercice décalé 2027 juste entamé, un bénéfice ajusté par action allant de 6,30 à 6,60$, pour des revenus compris entre 41,2 et 42,1 milliards de dollars. L'évolution des ventes de l'exercice à comparable est attendue entre -1% et +1%. La marge opérationnelle ajustée est anticipée entre 4,3 et 4,4%.
AutoZone (-6,3%), le géant américain des pièces automobiles a annoncé pour son 2e trimestre fiscal un bénéfice net de 469 millions de dollars et un bénéfice par action de 27,63$, légèrement supérieur au consensus. Les revenus ont totalisé 4,27 milliards de dollars pour la période close contre 4,3 milliards de consensus. Les ventes à comparable ont augmenté de 3,3% dans le monde et de 3,4% sur le marché domestique. Le bénéfice d'exploitation s'est tassé de 1,2% à 699 millions de dollars.
Pinterest (+9,2%) grimpe à Wall Street, alors que l'investisseur activiste Elliott Investment Management va se renforcer d'un milliard de dollars sur le dossier. Le réseau social va utiliser les produits de l'investissement d'Elliott pour racheter des actions dans le cadre d'un nouveau programme de 3,5 milliards de dollars. 2 milliards de dollars de rachats sont programmés à court terme, avec un plan accéléré d'un milliard de dollars.
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