Wall Street : sans tendance, SK Hynix attendu
Fin de semaine plus calme...
Wall Street évolue en ordre dispersé en pré-séance, les opérateurs jouant la carte prudence avant le week-end alors que le risque géopolitique est revenu au centre des préoccupations avec la reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran. Les nouvelles attaques américaines contre l'Iran et les représailles de Téhéran contre des cibles au Koweït, au Qatar et à Bahreïn mettent en évidence la complexité du chemin à parcourir pour parvenir à une paix durable au Moyen-Orient et à une normalisation du trafic dans le détroit stratégique d'Ormuz. Les pourparlers entre les deux parties en vue d'un accord de paix définitif se poursuivent malgré tout, selon un responsable américain cité par 'Bloomberg'. Il a qualifié les discussions en cours de pourparlers techniques.
"Les discussions entre les États-Unis et l'Iran devraient se poursuivre ce week-end", déclare à l'agence David Manso, directeur des investissements chez CaixaBank AM. "Les prix du pétrole pourraient constituer un indicateur utile du sentiment des investisseurs et de leurs attentes quant à l'évolution de la situation".
Si la géopolitique pèse pour l'instant sur le moral des investisseurs, l'attention devrait rapidement se tourner vers la saison des résultats du deuxième trimestre, qui entrera dans le vif du sujet la semaine prochaine. Delta Air Lines a lancé les hostilités ce jour avec des comptes plus solides que prévu. Après une envolée sans précédent des actions des fabricants de puces et d'autres entreprises liées au développement de l'IA, qui a permis aux marchés d'ignorer la hausse des prix du pétrole et des rendements obligataires, la barre est désormais placée haut pour les entreprises devant justifier leurs valorisations élevées. Pour les géants du cloud, l'enjeu est de démontrer que ces investissements peuvent générer des rendements solides. "Les attentes sont élevées, mais le véritable test consistera à savoir si les résultats continueront de valider le scénario d'expansion", indique Florian Ielpo, responsable de la stratégie macroéconomique chez Lombard Odier Investment Managers.
Les fabricants de puces seront encore suivis de près en cette fin de semaine avec l'arrivée en grande pompe sur le marché américain de SK Hynix. Le fabricant sud-coréen de puces mémoire va faire ses débuts aujourd'hui à Wall Street après avoir levé 26,5 milliards de dollars via l'émission de 177,9 millions d'American Depositary Receipts. Tout simplement la troisième plus importante introduction en bourse de l'histoire et la plus importante jamais effectuée par une entreprise étrangère aux États-Unis.
Les cours pétroliers n'évoluent plus beaucoup après un vif rebond en milieu de semaine. Le baril de Brent pour livraison en septembre cède 0,4% à 76,6 dollars et devrait enregistrer une hausse hebdomadaire d'environ 5%, sa plus forte progression depuis début mai. L'once d'or recule de 0,6% à 4.100$. L'indice dollar est stable face à un panier de devises à 100,6 points et le Bitcoin remonte encore de 2,8% à 64.380$.
Les valeurs
* SK Hynix. Le fabricant sud-coréen de puces mémoire va faire ses débuts aujourd'hui à Wall Street après avoir levé 26,5 milliards de dollars via l'émission de 177,9 millions d'American Depositary Receipts (ADR). De quoi en faire la troisième plus importante introduction en bourse de l'histoire et la plus importante jamais effectuée par une entreprise étrangère aux États-Unis. Chaque ADR, vendu 149$ pièce, équivaut à un dixième d'une action ordinaire cotée à Séoul.
La décision de ne pas attirer les acheteurs en proposant les ADR avec une décote par rapport au cours local montre que l'entreprise est convaincue que ses titres américains seront bien accueillis, même après plusieurs jours de forte volatilité sur son marché d'origine, et reflète sa volonté de ne pas se priver d'un gain potentiel important, souligne 'Bloomberg'. "Cette prime de 3 % se situe bien dans la fourchette attendue, surtout compte tenu de l'appétit considérable des investisseurs institutionnels ", indique à l'agence Sanghyun Park, fondateur de Clepsydra Capital, une société spécialisée dans l'analyse de situations particulières. "Cela montre que les fonds mondiaux acceptent volontiers de payer un léger surcoût pour contourner les contraintes locales liées aux indices et aux devises, et pour obtenir une exposition directe et nette au monopole de l'entreprise sur les puces HBM".
Cette opération permettra à SK Hynix de lever des fonds pour construire de nouvelles usines et donnera au fabricant de puces un accès direct au plus grand vivier d'investisseurs au monde. Selon les documents déposés, l'IPO a suscité des marques d'intérêt de la part de Baillie Gifford, Coatue Management et Situational Awareness Partners pour un montant pouvant atteindre 7 milliards de dollars d'ADR. "C'est le moyen le plus direct pour les investisseurs américains de s'exposer au thème de la mémoire pour l'IA via une valeur de grande capitalisation, et Hynix a délibérément choisi le Nasdaq pour répondre à cette demande et profiter des valorisations plus élevées dont bénéficient les fabricants de puces américains par rapport à Séoul", déclare Giuseppe Sette, cofondateur de la plateforme d'analyse d'investissement Reflexivity. "SK Hynix réussit son introduction grâce à la pertinence de son projet, mais les entreprises qui suivront pourraient se heurter à un marché plus difficile et plus sélectif."
* Meta Platforms. Les réseaux sociaux Instagram et Facebook enfreignent la réglementation européenne sur les technologies avec notamment des fonctionnalités jugées addictives, a déclaré vendredi la Commission européenne, qui enjoint le groupe américain à modifier ses pratiques, sous peine d'amendes. L'exécutif européen reproche au géant des réseaux sociaux, au terme d'une enquête de deux ans portant sur le respect de la loi sur le Digital Services Act (DSA), d'avoir conçu des outils pour "accrocher" les utilisateurs sur ses plateformes avec notamment la lecture automatique de contenus, le défilement à l'infini des pages, ou encore les recommandations ultra personnalisées. La Commission estime que Meta n'a pas évalué de manière adéquate les risques de dépendance posés par ces fonctionnalités qui alimentent en permanence les utilisateurs en nouveaux contenus et encouragent une utilisation prolongée.
Pour l'exécutif européen, Meta devrait désactiver par défaut des fonctionnalités comme la lecture automatique et le défilement à l'infini des pages, mettre en place des pauses efficaces dans le temps d'écran et rendre son système de recommandations moins tourné vers une demande d'engagement de la part de l'utilisateur. "Nous ne sommes pas d'accord avec ces conclusions préliminaires, qui ne tiennent pas suffisamment compte des mesures importantes que nous avons prises pour protéger les adolescents", a réagi Ben Walters, porte-parole de Meta. Le groupe, qui risque une amende pouvant atteindre 6% de son chiffre d'affaires annuel mondial, peut répondre à ces accusations avant que la Commission ne rende sa décision définitive dans les mois à venir.
* Delta Air Lines rassure ! La compagnie américaine basée à Atlanta a confirmé ses prévisions de bénéfice annuel et a déclaré que la forte demande pour les voyages premium, d'affaires et internationaux avait permis de compenser la facture de carburant trimestrielle la plus élevée de son histoire. La firme a enregistré un bénéfice ajusté par action de 1,56 dollar au deuxième trimestre, contre un consensus logé à 1,5$. Le chiffre d'affaires a progressé de 14% sur un an, à 17,67 Mds$, alors que la capacité n'a augmenté que de 1%. Delta donne un premier aperçu de la situation des transporteurs américains après que les conflits au Moyen-Orient ont fait grimper en flèche les prix du kérosène, incitant les compagnies à réduire leurs programmes de vols et à augmenter les tarifs à l'approche de la haute saison estivale.
Le partenaire d'Air France KLM a indiqué que ses dépenses de carburant ajustées avaient atteint 4,4 milliards de dollars sur le trimestre clos, soit une hausse de 77% sur un an. Les revenus issus des offres haut de gamme ont progressé de 17% sur un an, tandis que les recettes liées aux programmes de fidélité et activités connexes ont augmenté de 19%, et que les paiements d'American Express ont grimpé de 16% à 2,4 Mds$. Ces résultats confortent la stratégie que Delta développe depuis des années, axée sur les voyageurs à plus forte marge plutôt que sur le simple remplissage des avions. Le management anticipe un bpa 2026 entre 6,50 et 7,50$, une guidance qu'il avait dévoilée en janvier mais omise lors de la publication des résultats d'avril, illustrant ainsi l'incertitude persistante sur le plus grand marché aérien au monde. Delta prévoit pour son troisième trimestre un bpa ajusté entre 2$ et 2,5$, contre 2,02$ de consensus, avec une marge opérationnelle ajustée comprise entre 11 et 13%.
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