Wall Street s'offre un rallye après la Fed
Deuxième effet Warsh
Wall Street réagit bien souvent en deux temps aux annonces de la Fed. Au lendemain d'un mouvement négatif sanctionnant les anticipations de hausse des taux, les investisseurs reviennent à de bien meilleures dispositions ce jeudi en "achetant la nouvelle". Il faut dire que la banque centrale américaine désormais menée par Kevin Warsh a aussi montré son indépendance et renforcé ainsi sa crédibilité. La détente sur les rendements obligataires ce jour et la consolidation des cours du brut soutiennent aussi les indices.
Ainsi, le Nasdaq 100 s'offre désormais un rebond de 1,6% en pré-séance, contre un gain de 1,3% sur le S&P 500 et une progression de 1,3% également sur le Dow Jones.
La Fed a comme prévu relevé hier soir ses taux entre 3,75% et 4% sur les 'fed funds' et devrait encore procéder probablement à un tour de vis supplémentaire d'ici la fin de l'année, alors que l'inflation persiste et que les cours du brut grimpent avec la poursuite des hostilités au Moyen-Orient.
La hausse des taux décidée hier a constitué une décision unanime des banquiers centraux américains désormais présidés par Kevin Warsh. Ce dernier a souligné hier que l'inflation restait trop élevée et que le comité de politique monétaire assurerait la stabilité des prix. La décision monétaire doit contribuer à un retour plus rapide à l'objectif d'inflation des 2%. Warsh a estimé qu'il était difficile de qualifier les conditions financières générales actuelles de restrictives, laissant entendre que la hausse des taux pourrait donc se poursuivre. Il a même qualifié la politique actuelle d'accommodante...
La Fed n'avait pas modifié ses taux depuis la fin de l'année 2025, et il s'agissait alors d'un assouplissement. La dernière hausse des taux remonte quant à elle à 2023.
16 des 18 membres du comité monétaire de la Fed (FOMC) tablent désormais sur un durcissement supplémentaire d'un quart de point au moins d'ici la fin de l'année, tandis que seulement deux membres anticipent une stabilisation sur les niveaux actuels. Selon les prévisions économiques délivrées, le taux des 'fed funds' pourrait se situer entre 4 et 4,25% en fin d'année et rester à ce niveau jusqu'à la fin de l'année prochaine. En outre, l'inflation pourrait ne pas revenir sur les 2% avant 2029. La croissance devrait atteindre pour sa part 2,3% cette année et le taux de chômage devrait ressortir à 4,1% fin 2026.
Les cours du pétrole soufflent un peu. Le baril de brut WTI abandonne 2,4% sous les 100$, tandis que le Brent de la mer du Nord recule de 3,3% à 102,3$. Les rebelles houthis soutenus par l'Iran ont mené des attaques contre l'Arabie saoudite, grand producteur de pétrole, contraignant le royaume à fermer un oléoduc vital reliant l'est à l'ouest du pays, qu'il utilisait comme alternative au transport de brut via le détroit d'Ormuz. L'Arabie saoudite a également suspendu les opérations de chargement dans son port de Yanbu, tout en proposant des volumes supplémentaires aux raffineurs asiatiques via des transferts de navire à navire au large du port omanais de Sohar, indique l'agence Reuters.
Les Houthis ont renforcé leur contrôle sur certaines zones de l'ouest du Yémen, conférant au groupe un levier d'action sur le détroit de Bab el-Mandeb, point de passage stratégique pour l'acheminement du pétrole depuis le Golfe vers les marchés mondiaux. Le porte-parole militaire des Houthis, cité par Reuters, a déclaré hier que le groupe avait attaqué une base aérienne à Khamis Mushait ainsi que des installations d'Aramco à Yanbu, en Arabie saoudite.
Néanmoins, Reuters mentionne des discussions qui auraient eu lieu entre les Houthis et Washington durant le week-end, et le groupe yéménite aurait déclaré ne pas avoir l'intention d'attaquer des navires américains ou israéliens... L'annonce des pourparlers a suscité l'espoir que les Houthis ralentissent leur offensive contre l'Arabie saoudite. En outre, un rapport publié hier indiquait que Riyad pourrait prochainement remettre en service un oléoduc majeur à mi-capacité...
Du côté des rendements obligataires de la dette souveraine, celui des bons américains du Trésor à 10 ans consolide au plus haut depuis 2007, sous les 5%. Le rendement du '30 ans' est également au plus haut niveau en 19 ans ou presque, à 5,31%.
Les mises en chantier de logements aux États-Unis pour le mois d'août 2026 sont ressorties au rythme de 1,275 million, contre un consensus de place de 1,323 million mesuré par FactSet et une lecture révisée à 1,309 million pour le mois antérieur. Les permis de construire se sont établis quant à eux à 1,394 million, contre 1,4 million de consensus et 1,433 million en juillet.
L'indice manufacturier régional de la Fed de Philadelphie pour le mois de septembre, qui vient lui aussi d'être publié, est ressorti à 37,8 contre un consensus FactSet de 31,5. Il était de 47,4 un mois auparavant.
Enfin, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 12 septembre se sont établies au nombre de 196.000, contre 206.000 de consensus FactSet et 206.000 également une semaine avant.
Les chiffres de la production industrielle et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board sont attendus vendredi, qui est par ailleurs la 'journée de Quatre Sorcières" avec l'arrivée à échéance de nombreux contrats à terme.
Un sujet majeur cette semaine concernait par ailleurs la sécurité de l'IA, suite aux commentaires de Dario Amodei, DG d'Anthropic, laboratoire d'intelligence artificielle connu pour son modèle Claude. Dans une tribune publiée samedi, Amodei a appelé les entreprises d'IA à ralentir le rythme de développement des modèles de pointe, soulignant les inquiétudes croissantes quant à une éventuelle utilisation malveillante. Ces déclarations font suite à la révélation, la semaine dernière, par Anthropic, que plusieurs acteurs avaient utilisé ses modèles à des fins diverses, allant du développement d'armes à la fraude. Les commentaires du dirigeant ont reçu des échos favorables de figures phares du secteur, notamment Sam Altman (DG d'OpenAI) et Elon Musk (patron de SpaceX, qui est propriétaire de xAI).
Mark Zuckerberg, patron de Meta, a déclaré pour sa part que les développeurs d'IA devraient s'en remettre à des évaluateurs de sécurité indépendants pour leurs modèles, plutôt que de ralentir le développement. Il a affirmé que les laboratoires d'IA qui ne privilégient pas l'alignement avec les utilisateurs se laisseraient distancer, et que les développeurs devraient faire appel à des évaluateurs et des conseillers indépendants. Il a ajouté que Meta avait retardé le lancement de son dernier modèle d'IA, Muse, afin de se concentrer sur la sûreté et la sécurité. D'autres personnalités, comme Jensen Huang, fondateur et dirigeant de Nvidia, ont écarté les inquiétudes concernant la sécurité, tandis que Donald Trump a soutenu que les États-Unis ne pouvaient pas se laisser distancer par la Chine dans cette course au développement de l'IA.
Les valeurs
Lennar, le promoteur immobilier américain basé à Miami, perd du terrain avant bourse à Wall Street. Le groupe a raté en effet le consensus pour son 3e trimestre fiscal 2026, affichant un chiffre d'affaires de 8,05 milliards de dollars contre 8,81 milliards un an avant. Le bénéfice ajusté par action, de 1,23$, est également moins élevé que prévu, alors qu'il se situait à 2$ sur la période comparable de l'an dernier.
Lennar, l'un des principaux constructeurs américains de maisons, a publié pour ce 3e trimestre clos fin août 2026 un bénéfice net part du groupe de 284 millions de dollars, contre 591 millions pour le troisième trimestre 2025. En excluant les pertes de réévaluation à la juste valeur ('mark-to-market') de 53 millions de dollars sur des investissements technologiques et des éléments exceptionnels nets de 39 millions de dollars dans le segment des services financiers de la société, le bénéfice net attribuable à Lennar pour le troisième trimestre 2026 s'est établi à 294 millions de dollars, 1,23$ par titre, contre 516 millions un an plus tôt.
Stuart Miller, DG de Lennar, a déclaré : "Pour le quatrième trimestre 2026, nous prévoyons d'enregistrer des commandes pour environ 19.500 à 20.500 logements et d'en livrer entre 22.000 et 23.000, avec une marge brute située entre 15,5 et 16% environ. Nous anticipons un prix de vente moyen compris entre 370.000 et 380.000 dollars, ainsi qu'une amélioration de nos frais de vente, généraux et administratifs pour atteindre une fourchette de 8,7 à 9%. Compte tenu de la pression persistante sur les taux d'intérêt et de la détérioration des conditions du marché au cours du trimestre, nous revoyons à la baisse notre objectif de livraisons pour l'ensemble de l'année 2026, le ramenant à une fourchette de 80.000 à 81.000 logements, contre les 82.000 à 83.000 logements envisagés le trimestre précédent".
Salesforce a annoncé une prévision de chiffre d'affaires supérieure à 63 milliards de dollars pour l'exercice 2030, au-dessus du consensus (59 milliards de dollars environ). Le groupe a communiqué ces informations lors de sa conférence annuelle Dreamforce à San Francisco. Lors de la session destinée aux analystes et aux investisseurs à Dreamforce, Salesforce a ainsi annoncé cet ambitieux objectif de chiffre d'affaires pour l'exercice 2030. Une guidance d'autant plus réconfortante que le groupe a traversé une année difficile en raison des craintes que l'IA ne nuise à ses activités. "Il est des moments dans notre secteur où tout bascule ; c'est ce qui se passe actuellement pour les entreprises", a lancé d'ailleurs le DG Marc Benioff lors de l'événement.
Nike a annoncé hier soir la nomination d'Alexandre Arnault au Conseil d'administration de la société. M. Arnault occupe le poste de directeur général délégué de Moët Hennessy, la division vins et spiritueux de LVMH, fonction qu'il exerce depuis février 2025. Il a précédemment siégé aux Conseils d'administration de Carrefour, Birkenstock et Moncler.
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