Wall Street : l'inflation bondit mais moins que redouté, les 'futures' remontent
Après une série de records...
Wall Street réduit ses pertes après une vague de 'stats' et notamment l'annonce d'un inflation en vive hausse mais légèrement moins prononcée que redouté en avril. Au lendemain d'un nouveau plus haut pour le Dow Jones, les 'futures' se rapprochent ainsi de l'équilibre malgré le retour au premier plan des craintes géopolitiques, et les menaces qui pèsent sur le fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran.
L'armée américaine a mené de nouvelles frappes dans le sud de l'Iran, a dit un responsable, qualifiant cette action de "défensive", tandis que les Gardiens de la révolution ont visé une base aérienne américaine. L'agence de presse iranienne 'Tasnim' a également rapporté que la marine du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) avait tiré en direction d'un pétrolier américain qui tentait de traverser le détroit d'Ormuz, l'obligeant à faire demi-tour.
Donald Trump a déclaré mercredi n'être pour l'heure pas satisfait des contours d'un accord avec l'Iran, alimentant le flou sur l'état des négociations, alors que la Maison blanche a démenti des informations iraniennes sur un projet d'accord conférant à Téhéran la gestion d'Ormuz. Le président a affirmé qu'aucune nation ne contrôlerait le détroit d'Ormuz, devenu l'un des principaux obstacles à la résolution du conflit. La fermeture de facto de cette voie maritime depuis le début de la guerre fin février a réduit d'environ un cinquième les approvisionnements mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié, entraînant une flambée des prix et une inflation galopante qui menacent la croissance économique mondiale.
Le vice-président de la Réserve fédérale, Philip Jefferson, s'attend à un ralentissement de l'inflation en fin d'année, à mesure que les effets des droits de douane et de la hausse des coûts de l'énergie s'estomperont. Il a toutefois averti que les risques inflationnistes demeurent orientés à la hausse. Dans un discours prononcé jeudi matin à Tokyo, lors d'une conférence organisée par la Banque du Japon, P.Jefferson a indiqué être attentif aux signes indiquant que la hausse des coûts de l'énergie, conséquence de la guerre en Iran, pèse sur la consommation. Il a également souligné la persistance de signes de faiblesse sur le marché du travail, a rapporté 'Bloomberg'.
Au sujet de l'inflation justement, les opérateurs ont donc pris connaissance d'un indice des prix PCE, l'indicateur privilégié par la Fed, un peu moins vigoureux que prévu, en hausse de 0,4% d'un mois sur l'autre contre +0,7% le mois antérieur et +0,5% attendu. Sur un an, la progression ressort à 3,8% contre 3,5% en mars, en ligne avec les anticipations du marché. L'indice de prix 'core PCE' affiche pour sa part une hausse de 0,2% sur un mois et de 3,3% sur un an, contre respectivement 0,3% et 3,3% de consensus.
La hausse du PIB américain au premier trimestre a par ailleurs été revue à 1,6%, contre 2% en première lecture et +0,5% au trimestre précédent, selon la seconde estimation. Les dépenses personnelles de consommation se sont appréciées de 1,4% contre +1,9% en mars et +1,6% de consensus.
Les revenus et dépenses personnelles des ménages pour avril ont aussi été dévoilés. Les revenus sont restés stables d'un mois sur l'autre contre un consensus de +0,4% et +0,5% au mois précédent (contre +0,6% annoncé précédemment), alors que les dépenses se sont appréciées de 0,5%, contre +0,5% attendu, après +1% en mars.
Sur le front des entreprises, Marvell Technology, Salesforce et Snowflake ont dévoilé leurs derniers résultats hier après la clôture. Costco Wholesale, Dell Technologie et Autodesk seront à suivre ce jour.
Sur le marché pétrolier, les deux références mondiales remontent après les dernières attaques américaines en Iran. Le WTI (contrat juillet) avance de plus de 2% à 90,6$, tandis que le baril de Brent prend 2% à 96,2$. Bien qu'il ait reculé par rapport au pic de 126 dollars atteint le mois dernier, il reste environ un tiers plus élevé qu'avant le début du conflit. L'indice dollar est à l'équilibre face à un panier de devises de référence et le bitcoin abandonne encore plus de 3% sous les 73.500$.
Les valeurs
* Marvell Technology relève sa guidance annuelle ! Le spécialiste de la conception de circuits intégrés de stockage et de transmission destinés aux fabricants d'équipements de réseaux haut débit, de disques durs et de produits électroniques grand public a publié des prévisions trimestrielles supérieures aux estimations des analystes et a revu à la hausse ses perspectives pour l'année, grâce à la forte demande de puces utilisées dans les centres de données d'IA. Le chiffre d'affaires devrait atteindre environ 2,7 milliards de dollars sur le deuxième trimestre, contre un consensus logé à 2,6 Mds$. Le bénéfice ajusté devrait s'établir à 93 cents par action, à plus ou moins 5 cents, au-dessus des estimations de 90 cents par titre. Sur l'ensemble de l'année, l'entreprise basée à Santa Clara, en Californie, prévoit désormais une croissance de ses ventes d'environ 40%, à près de 11,5 Mds$, contre 11 Mds$ visés précédemment. Marvell s'attend également à ce que son chiffre d'affaires pour 2028 atteigne environ 16,5 milliards de dollars, contre une prévision antérieure de 15 Mds$.
"Nous constatons des commandes exceptionnelles liées à l'IA et, par conséquent, nous relevons significativement nos prévisions de chiffre d'affaires pour les exercices 2027 et 2028 par rapport aux prévisions du trimestre précédent", a déclaré Matt Murphy, DG de Marvell. L'une des divisions de la société accompagne certaines des plus grandes entreprises mondiales dans la conception et la fabrication de leurs propres processeurs, faisant des prévisions de Marvell un indicateur de l'investissement dans les infrastructures d'IA.
Marvell et son grand concurrent Broadcom aident notamment les entreprises de cloud computing à concevoir des puces sur mesure adaptées aux besoins spécifiques de leurs centres de données, et cette activité est devenue un secteur d'activité important pour les deux sociétés. "Nous avons des contrats sur mesure avec l'ensemble des hyperscalers américains", a déclaré le directeur général lors de la conférence de présentation des résultats. Marvell a précisé s'attendre à ce que son activité liée aux centres de données progresse d'environ 50% cette année. Au premier trimestre, le groupe a enregistré un bpa ajusté de 80 cents pour des ventes en forte hausse de 28%, à 2,42 milliards de dollars. Des données légèrement supérieures au consensus.
* Snowflake était la star de la soirée hier à Wall Street avec un titre qui s'est envolé de plus de 36%. Le groupe d'hébergement de données dans le cloud a annoncé des prévisions annuelles plus optimistes que prévu et signé un contrat de cinq ans de 6 milliards de dollars pour l'utilisation des services cloud et des puces d'Amazon.com. Le chiffre d'affaires des produits devrait progresser d'environ 31% pour atteindre 5,84 milliards de dollars au cours de l'exercice fiscal se terminant en janvier 2027, a indiqué Snowflake. Ce chiffre est supérieur aux prévisions précédentes de 5,66 Mds$ communiquées en février et dépasse l'estimation moyenne des analystes, qui s'élevait à 5,68 Mds$. Les ventes de produits représentent environ 95% du chiffre d'affaires total de l'entreprise. "Grâce à la solidité de notre activité principale de plateforme de données et à l'apport significatif de l'IA, nous relevons nos prévisions pour l'exercice 2027", a déclaré le DG, Sridhar Ramaswamy, lors de la conférence de présentation des résultats.
Sur son premier trimestre fiscal, clos le 30 avril, la firme a fait état d'un chiffre d'affaires des produits en hausse de 34% à 1,33 milliard de dollars, dépassant ainsi les attentes du marché (1,27 milliard de dollars). Le bpa ajusté s'est établit à 39 cents contre 24 cents un an plus tôt et 32 cents de consensus. Snowflake s'est engagé à investir 6 milliards de dollars supplémentaires dans Amazon Web Services. Cet investissement inclut l'utilisation des processeurs Graviton d'Amazon, concurrents des solutions d'Intel Corp. "Nos équipes collaborent de manière exceptionnelle et nous générons de nombreuses opportunités commerciales communes", a déclaré à 'Bloomberg' le DG de Snowflake, à propos de l'accord. L'entreprise constate une demande accrue pour ses principaux produits de données, tandis que ses nouveaux outils axés sur l'IA sont devenus " de véritables activités à part entière", a indiqué M.Ramaswamy. Le nombre de clients utilisant l'outil de codage assisté par IA de l'entreprise a doublé par rapport au trimestre précédent, atteignant 7.100, a-t-il précisé.
Snowflake, éditeur de logiciels permettant d'organiser, d'analyser et de stocker les données d'entreprise dans le cloud, intègre l'intelligence artificielle à sa plateforme. Cependant, les investisseurs s'inquiètent de plus en plus du potentiel de cette technologie émergente à bouleverser le modèle économique de l'industrie du logiciel. "Ces dernières semaines, nous avons constaté une nette distinction entre les gagnants et les perdants dans le secteur du logiciel", a déclaré à l'agence Gil Luria, analyste chez DA Davidson & Co. "Snowflake est en tête". Les analystes de Wedbush ont indiqué que les résultats montraient que "l'IA agit comme un puissant moteur pour les clients nouveaux et existants" et ont ajouté que ce succès pourrait inspirer davantage de confiance aux investisseurs dans le secteur des logiciels en général.
* Salesforce reculait hier soir post-séance, sanctionné après des prévisions un peu courtes pour le trimestre en cours. L'éditeur de logiciels table sur un chiffre d'affaires compris entre 11,27 et 11,35 milliards de dollars sur la période fin juillet, contre un consensus de 11,4 Mds$. L'entreprise a également indiqué que ses engagements de performance restants au premier trimestre fiscal - un indicateur des ventes futures - s'élevaient à 67,9 milliards de dollars, contre une estimation moyenne de 68,9 Mds$. Au premier trimestre, le groupe a dégagé un bpa ajusté de 3,88 dollars, contre 3,12$ de consensus, pour des revenus en hausse de 13% à 11,13 milliards de dollars, contre 11,05 Mds$ attendus par le marché.
Le leader des logiciels de gestion de la relation client (CRM) est sous pression pour démontrer sa capacité à prospérer à l'ère de l'IA. L'entreprise promeut Agentforce, son propre outil d'IA conçu pour gérer des tâches telles que le service client sans intervention humaine. Cependant, comme l'a rapporté 'Bloomberg News' la semaine dernière, les capacités du produit ne correspondent pas toujours au discours marketing de Salesforce.
Agentforce est désormais en bonne voie pour générer 1,2 milliard de dollars de chiffre d'affaires annuel, contre 800 M$ estimés en février. L'utilisation des modèles d'IA au sein de la plateforme Salesforce a plus que doublé par rapport au trimestre précédent, a indiqué la société. "Les prochains trimestres seront décisifs pour Salesforce, tant pour démontrer la valeur que ses clients principaux tirent des licences par poste que celle que ses clients Agentforce tirent de l'IA", a déclaré Rebecca Wettemann, directrice générale du cabinet d'analyse sectorielle Valoir.
* Kohl's réitère ses objectifs annuels après avoir publié un chiffre d'affaires trimestriel conforme aux prévisions, les efforts de la chaîne de grands magasins pour réduire ses coûts et lancer de nouvelles collections dans toutes ses catégories commençant à porter leurs fruits. La société a déclaré qu'elle continuait de tabler sur un chiffre d'affaires annuel stable ou en baisse de 2 % maximum. Elle prévoit également un bénéfice par action annuel compris entre 1,00 et 1,60$.
* Dollar Tree flambe en pré-séance. Le distributeur à bas prix a relevé ses prévisions de bénéfice annuel, soutenu par une demande résiliente pour des produits de première nécessité abordables de la part de consommateurs soucieux de leur budget et par ses efforts pour compenser la hausse des coûts. La direction table sur un bpa ajusté compris entre 6,70 et 7,10$ pour l'exercice, contre une prévision antérieure de 6,50 à 6,90$. La firme a réalisé un bpa ajusté de 1,74$ au premier trimestre, contre 1,54$ attendu, pour des revenus de 4,97 milliards de dollars. Dollar Tree a élargi sa gamme de produits en ajoutant des articles entre 3 et 5 dollars afin d'attirer une clientèle plus aisée. Cette stratégie tarifaire est déjà en vigueur dans plus de la moitié de ses quelque 9.000 magasins. La marge brute s'est améliorée de 1,2 point à 36,8%.
* Best Buy s'envole avant-Bourse à New York après que le distributeur américain d'électronique eut annoncé des résultats trimestriels supérieurs aux attentes grâce à une demande soutenue pour les ordinateurs portables et les smartphones et à la croissance de ses canaux publicitaires et de sa place de marché. Le groupe a réalisé sur les trois premiers mois de son exercice un bpa de 1,28$ contre 1,15$ un an plus tôt et 1,22$ de consensus, pour des revenus en hausse de 1,9% à 8,94 Mds$ (vs 8,83 Mds$ attendus). Les ventes comparables ont augmenté de 2% au cours du trimestre clos le 3 mai, rebondissant après une baisse de 0,7% un an plus tôt et dépassant les prévisions des analystes, qui tablaient sur +0,9%. La marge brute ressort à 23,5% contre 23,4% il y a un an.
Le distributeur a maintenu ses prévisions pour l'exercice 2027, tablant sur une progression des ventes comparables comprises entre une baisse de 1% et une hausse de 1%, avec un bénéfice par action ajusté compris entre 6,30 et 6,60$. La directrice générale Corie Barry devrait quitter ses fonctions à la fin du mois d'octobre et sera remplacée par Jason Bonfig, un vétéran de l'entreprise qui devrait se concentrer sur le développement des activités publicitaires et de la place de marché, qui génèrent des marges plus élevées.
* 3M recule avant la cloche, le gouvernement australien ayant annoncé jeudi avoir engagé une action en justice contre le groupe industriel américain, accusé d'être responsable d'une contamination causée par une mousse anti-incendie contenant des PFAS, ou "polluants éternels".
* HP perd du terrain en pré-séance à Wall Street malgré des résultats supérieurs aux attentes au deuxième trimestre, grâce à la forte demande d'ordinateurs personnels optimisés pour l'IA. Sur la période, le groupe a enregistré un bénéfice de 86 cents par action pour un chiffre d'affaires de 14,4 milliards de dollars. Les analystes tablaient en moyenne sur un bpa ajusté de 71 cents pour des revenus de 14 Mds$. La marge opérationnelle ajustée a atteint 7,5%, contre une estimation moyenne de 6,6%.
Mais le groupe a également averti que la hausse des coûts de la mémoire allait peser sur les marges. HP profite de la demande croissante en intelligence artificielle, les clients remplaçant leurs équipements et investissant dans de nouveaux systèmes. Cependant, cette demande a également engendré une pénurie de puces mémoire, entraînant une forte hausse des coûts. Pour y faire face, HP a augmenté ses prix, fait appel à de nouveaux fournisseurs et modifié certains produits afin de réduire leur consommation de mémoire. Le DG par intérim, Bruce Broussard, a déclaré que les coûts de la mémoire et du stockage avaient augmenté au cours du trimestre et que l'entreprise s'attendait à ce que ces prix continuent de grimper au second semestre. HP met en oeuvre un plan visant à " aligner l'offre, la demande et les décisions relatives à la configuration des produits ", mais l'entreprise prévoit que " le marché de la mémoire et du stockage restera tendu ", a-t-il indiqué lors d'une conférence de présentation des résultats. HP a ainsi resserré de 10 cents la limite supérieure de ses prévisions de bénéfice ajusté pour l'exercice. La fourchette se situe désormais entre 2,90$ et 3,10$ par action, contre 2,90$ à 3,20$ précédemment.
* Boeing. L'engagement pris par la Chine d'acheter 200 avions Boeing lors de la récente visite du président américain Donald Trump sera finalisé dans le courant de l'année et ne constitue qu'une "première tranche" d'un accord qui pourrait s'avérer bien plus important, a déclaré Kelly Ortberg, directeur général du constructeur aéronautique.
* IBM va investir plus de 10 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années afin de mettre au point le premier ordinateur quantique à grande échelle d'ici 2029, selon un document déposé jeudi auprès de la SEC.
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