Wall Street : Dow Jones et S&P 500 au sommet
Alors que Donald Trump agite encore l'espoir d'un accord avec l'Iran
Wall Street accélère en hausse ce lundi, sur sa lancée de fin de semaine dernière, le Nasdaq s'adjugeant 1,63% à 25.784 pts, le S&P 500 1,13% à 7.574 pts et le Dow Jones 1,13% à 53.079 pts. DJIA et S&P s'affichent ainsi sur leurs sommets, tandis que les cours du brut repartent en forte baisse avec un WTI en retrait de 6,2% à 79,4$ le baril. Outre l'appel de Trump à la négociation sur l'Iran, le recul des prix du brut a été accentué par la décision prise dimanche par l'OPEP+ d'augmenter les quotas de production d'environ 188.000 barils par jour à partir de septembre, après la levée d'une série de réductions volontaires de production instaurées en 2023.
Donald Trump a déclaré hier qu'il avait annulé une frappe militaire américaine massive prévue contre l'Iran, après que Téhéran et plusieurs pays du Moyen-Orient ont demandé un délai pour mener des négociations. Il a indiqué que les pourparlers débuteraient ce lundi et viseraient à rouvrir le détroit d'Ormuz ainsi qu'à obtenir de l'Iran qu'il renonce à ses ambitions nucléaires.
La semaine dernière, les tensions étaient montées d'un cran, faisant remonter les prix du pétrole. Des groupes soutenus par Téhéran avaient lancé des attaques de drones contre des installations pétrolières saoudiennes, tandis que des frappes avaient touché des navires transportant du gaz naturel dans le port égyptien de Damiette et visé des voies maritimes dans le détroit d'Ormuz et en mer Rouge, faisant craindre une extension du conflit.
"Les États-Unis sont prêts à passer à l'action contre la République islamique d'Iran, avec une puissance militaire et une force de frappe inégalées depuis la Seconde Guerre mondiale. Malgré cela, l'Iran et d'autres pays du Moyen-Orient viennent de nous demander de surseoir à toute attaque, dans la mesure où les grandes lignes d'un accord ont été définies. Cet accord impliquerait l'ouverture immédiate et totale du détroit d'Ormuz ainsi que la fin de la menace nucléaire iranienne. Compte tenu de cette demande, et dans l'intérêt futur du monde ainsi que pour assurer la survie d'un Iran prospère et florissant, j'ai accepté d'annuler l'attaque, sous réserve de parvenir rapidement à un accord. Israël s'associe à moi dans cette démarche. Au travail tout le monde, et concrétisons cela. Merci de votre attention sur ce sujet !", a lancé hier le président américain sur son réseau Truth Social.
L'Iran a démenti toutefois les commentaires de Trump concernant ces supposées discussions du jour avec les USA visant à mettre un terme au conflit. L'agence de presse iranienne Tasnim cite à ce sujet le ministère iranien des Affaires étrangères.
Trump a par ailleurs déclaré que les États-Unis s'étaient associés à une intervention sur le marché des changes faisant remonter le yen la semaine dernière, en signe d'amitié envers le Japon et pour soutenir l'économie mondiale. "Ils avaient besoin d'un petit coup de main, et nous sommes toujours là pour le Japon", a glissé le président américain aux journalistes à bord d'Air Force One hier. "Le Japon a toujours été très bienveillant à notre égard - à l'exception, bien sûr, de Pearl Harbor", a-t-il ajouté (!).
Sur le front économique aux USA ce lundi, l'indice PMI manufacturier final américain du mois de juillet 2026 s'est établi à 53,9, contre 53,8 de consensus Bloomberg et autant en lecture flash, alors qu'il était de 53,9 un mois plus tôt (lecture finale de juin). L'indice traduit donc le maintien d'une solide croissance de l'industrie manufacturière nationale en juillet.
L'indice ISM manufacturier américain du mois de juillet s'est affiché à 55,6, contre 54 de consensus et 53,3 un mois auparavant. Il signale donc une accélération de la croissance dans l'industrie manufacturière nationale.
Les dépenses de construction aux États-Unis pour le mois de juin 2026 se sont établies en repli de 0,1% par rapport au mois antérieur, contre +0,3% de consensus. Elles étaient ressorties stables en mai. Sur un an, les dépenses de juin régressent de 3,2% en glissement annuel.
La balance commerciale, les commandes industrielles et le rapport JOLTS sur l'emploi sont attendus demain, alors que le rapport d'ADP sur l'emploi privé, le PMI composite final et l'ISM des services seront publiés mercredi. Les inscriptions au chômage et les chiffres de la productivité seront annoncés jeudi, tandis que le rapport gouvernemental sur la situation de l'emploi tiendra la vedette vendredi.
Dans l'actualité des entreprises, Palantir, TKO, Williams Cos ou Vertex publient leurs comptes ce soir, tandis que Marriott annonce avant bourse à Wall Street.
SpaceX et AMD seront les deux stars de la soirée mardi, le groupe d'astronautique et vol spatial ainsi que le numéro deux des puces d'IA annonçant leurs résultats financiers après la clôture. Caterpillar, Merck, Arista, Amgen, McDonald's, Gilead Sciences, Booking, Pfizer, Spotify, Duke, Marathon Petroleum et Cummins, publient également mardi. Eli Lilly (et son grand rival danois Novo Nordisk), Sandisk, Western Digital, Walt Disney, Shopify, Uber Technologies, Applovin, CVS Health, McKesson, DoorDash, Phillips 66, Motorola Solutions, Metlife ou Honeywell, dévoilent leurs chiffres mercredi. ConocoPhillips, Datadog, Cloudflare et Parker-Hannifin, seront de la partie jeudi.
Les valeurs
Bristol Myers Squibb (-1%) et AstraZeneca (-8,7%), deux des géants de l'industrie pharmaceutique, auraient démarré des discussions concernant une potentielle fusion qui donnerait naissance à un groupe d'une valeur de plus de 400 milliards de dollars, rapporte le Financial Times. Ce rapprochement entre l'entreprise suédo-britannique et sa concurrente américaine devrait cependant se heurter à des difficultés concernant les lois antitrust US, a précisé la source du FT.
AstraZeneca avait dévoilé en 2025 son intention de s'introduire en bourse aux Etats-Unis. Le laboratoire britannique a publié la semaine dernière des résultats solides qui avaient fait grimper le cours du titre à Londres, en particulier en matière de traitements en oncologie. Cette division a enregistré une croissance de 16% de ses revenus, grâce aux traitements Enhertu et Truqp. L'oncologie représente pour sa part plus de 40% des ventes de Bristol Myers Squibb, qui a relevé la semaine dernière ses prévisions pour l'exercice en cours, avec de solides ventes d'Eliquis et de nouveaux médicaments prometteurs.
Marriott (-5,8%). La chaîne hôtelière a annoncé qu'elle relevait ses objectifs sur 2026, à commencer par l'objectif de croissance du revenu par chambre disponible (RevPAR). Cet indicateur clé du secteur de l'hébergement mesure le taux d'occupation des chambres disponibles et les revenus générés par ces réservations. Marriott dit désormais prévoir une hausse de 3 à 3,5%, contre une hausse comprise entre 2 et 3% annoncée initialement. La hausse des prix dans les villes ayant accueilli la récente Coupe du monde de football aux États-Unis, au Canada et au Mexique a contribué à la croissance de l'ensemble des enseignes sur le deuxième trimestre. Le RevPAR progresse de 5% sur l'ensemble de la zone Amérique du nord, compensant la baisse des revenus à l'international (-0,5%).
Marriott a par ailleurs annoncé, toujours sur le deuxième trimestre, un bénéfice par action en hausse de 20% à 3,19 dollars. Il l'anticipe désormais dans une fourchette comprise entre 11,64 et 11,81 dollars sur l'ensemble de l'année. L'EBITDA ajusté progresse lui de 13% à 1,59 milliard de dollars. Il est, lui, désormais attendu, en annuel, entre 5,965 et 6,025 milliards de dollars. Seule déception, le chiffre d'affaires du deuxième trimestre ressort à 7,07 milliards de dollars, légèrement inférieur aux 7,19 milliards attendus par le consensus FacSet.
Tyson Foods (+2,8%). Le producteur américain de viandes aux marques Tyson, Jimmy Dean, Hillshire Farm, Ball Park, Wright ou Aidells, a annoncé au titre de son T2 calendaire 2026 des revenus de 13,9 milliards de dollars, inférieurs au consensus (14 milliards), victime d'une baisse des volumes de 3%, pour un bénéfice ajusté par action quant à lui en ligne avec les attentes à 99 cents.
EchoStar (+4%) a battu le consensus au 2e trimestre, affichant un bénéfice ajusté par action de 19 cents à comparer à une lourde perte un an avant. Les revenus de l'opérateur de TV satellite américain ont totalisé 3,58 milliards de dollars sur la période, au-dessus des attentes, contre 3,72 milliards un an plus tôt.
Loews (+0,5%) a annoncé pour son 2e trimestre des résultats marqués par un bénéfice net de 444 millions de dollars et des revenus de 4,73 milliards de dollars, affichant une croissance tirée par l'hôtellerie, malgré une performance plus mitigée dans l'assurance. Un an avant, le résultat net était de 391 millions pour des revenus de 4,56 milliards de dollars.
Microsoft (+4,5%). Goldman Sachs a remanié sa liste de convictions pour les États-Unis lors de sa mise à jour d'août, y ajoutant Microsoft et cinq autres titres (UPS, Applied Materials (+0,6%), Delta Air, O'Reilly Automotive et Viking Holdings), tout en retirant Broadcom (-1,4%), Johnson & Johnson, ServiceNow et Dick's Sporting Goods.
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