Wall Street de retour au sommet, confiant dans un accord concernant l'Iran
Optimisme affiché !
La cote américaine est de retour au sommet, alors que les marchés veulent croire désormais à un accord de paix plus rapide que prévu au Moyen-Orient. Si le Dow Jones a consolidé de 0,15% à 48.463 pts, le S&P 500 a progressé de 0,80% se hissant à plus de 7.000 pts à 7.022 pts. Le Nasdaq s'est accordé de son côté une nouvelle progression de 1,59% à 24.016 pts. Le pétrole a reflué sans excès sur les 91$ le WTI. L'euro campe à 1,18$, tandis que le bitcoin remonte au-dessus des 75.000$.
Donald Trump a laissé entendre qu'il pourrait se préparer à mettre fin à la guerre contre l'Iran, ce qui a dopé les marchés. Selon le New York Post, le président américain a déclaré que les pourparlers de paix avec la République islamique "pourraient reprendre dans les deux prochains jours". Dans une autre interview accordée à ABC News, il a indiqué qu'il ne serait peut-être pas nécessaire de prolonger le cessez-le-feu de deux semaines conclu la semaine dernière après près de six semaines de combats, laissant ainsi entrevoir des progrès significatifs à court terme. "Je pense que vous allez assister à deux jours extraordinaires", a déclaré Trump à ABC. Dans une interview accordée à Fox Business cette fois, il a affirmé que la guerre était presque terminée.
Selon Bloomberg, des signes indiquent que Téhéran cherche également à éviter une escalade, les autorités envisageant une suspension des livraisons via le détroit stratégique d'Ormuz afin de ne pas tester le blocus américain et de ne pas compromettre de nouvelles négociations. Le changement de discours de Washington laisse toutefois selon Bloomberg "de nombreuses questions sans réponse, notamment concernant le sort de l'uranium enrichi iranien". Israël maintient que ce matériau doit être retiré, tandis que Trump s'est dit mécontent des informations selon lesquelles les États-Unis auraient exigé de l'Iran un moratoire de vingt ans sur l'enrichissement, arguant selon Bloomberg qu'il ne pouvait en aucun cas être autorisé à posséder l'arme nucléaire...
Donald Trump a poursuivi en faisant allusion à une potentielle résolution rapide du conflit : "La Chine est ravie que j'ouvre définitivement le détroit d'Ormuz. Je le fais aussi pour elle, et pour le monde entier. Cette situation ne se reproduira plus jamais. Ils ont accepté de ne pas envoyer d'armes à l'Iran. Le président Xi me fera une accolade chaleureuse quand j'arriverai dans quelques semaines. Nous travaillons ensemble intelligemment et très bien ! N'est-ce pas préférable à la guerre ? MAIS N'OUBLIEZ PAS, nous sommes très efficaces au combat, si nécessaire - bien meilleurs que quiconque".
Les cours du brut évoluent de manière incertaine ce mercredi. Le baril de brut WTI grappille 0,4% à 91,7$, tandis que le Brent de la mer du Nord avance de 0,2% à 95$. L'once d'or fin perd 0,5% à 4.816$. L'indice dollar se stabilise face à un panier de devises.
Sur le front économique, l'indice des prix américains à la production du mois de mars 2026 a progressé de 0,5% d'un mois sur l'autre et de 4% sur un an, contre respectivement 1,1% et 4,6% de consensus FactSet. Hors alimentaire et énergie, l'indice des prix à la production s'est apprécié de 0,1% par rapport au mois antérieur et de 3,8% sur un an, deux mesures également nettement moins élevée qu'attendu (consensus respectifs de 0,3% et de 4%).
D'après le Département américain à l'Énergie, les stocks domestiques de brut, hors réserve stratégique, ont encore reculé de 0,9 million de barils sur la semaine close le 10 avril, à 463,8 millions de barils. Les stocks d'essence ont chuté de 6,3 millions de barils et ceux de produits distillés ont diminué de 3,1 mb.
Michael Barr, Beth Hammack et Michelle Bowman de la Fed avaient leur mot à dire aujourd'hui : Le gouverneur Barr a jugé ce jour que les objectifs d'inflation et d'emploi de la Fed étaient désormais sous tension. Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, a signalé que les taux de la banque centrale devraient rester suspendus durant un moment sur fond de risques concernant l'inflation, et alors que la Fed ne parvient déjà pas à atteindre son objectif de ce point de vue.
Austan Goolsbee, président de la Fed de Chicago, également soucieux de l'inflation, a indiqué que les baisses de taux pourraient devoir attendre jusqu'en 2027, en fonction de la durée pendant laquelle les prix du pétrole resteraient élevés.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré de son côté "être confiant quant à la poursuite de la baisse de l'inflation sous-jacente aux États-Unis malgré la guerre en Iran". Il a réitéré son appel à la baisse des taux, même s'il dit comprendre que les banquiers centraux souhaitent observer l'évolution de la situation économique liée à la guerre. Interrogé sur la possibilité que l'administration Trump accepte que l'actuel président de la Fed, Jerome Powell, reste à son poste après la fin de son mandat en mai, si la nomination de Kevin Warsh n'était pas approuvée par le Sénat d'ici là, Bessent a déclaré selon Reuters : "Nous voulons que Kevin Warsh prenne ses fonctions dès que possible".
Jeudi, les investisseurs surveilleront les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 11 avril, l'indice manufacturier régional de la Fed de Philadelphie d'avril, ou encore les chiffres de la production industrielle du mois de mars. John Williams et Stephen Miran de la Fed interviendront jeudi, alors que Thomas Barkin et Christopher Waller prendront la parole vendredi.
C'est aussi le tout début de la saison des publications financières trimestrielles à Wall Street, toujours riche en valeurs financières. TSMC, Netflix, PepsiCo, Abbott, The Travelers Companies, Marsh, US Bancorp, Bank of New York Mellon, Prologis, Charles Schwab, Alcoa, KeyCorp et Citizens Financial, annonceront leurs comptes jeudi. Ally Financial, Regions Financial, State Street, Fifth Third Bancorp et Truist Financial, seront de la fête vendredi...
Les valeurs
Broadcom (+4,1%) et Meta (+1,3%) ont annoncé un partenariat stratégique pluriannuel et multigénérationnel visant à soutenir l'infrastructure de calcul d'intelligence artificielle en pleine expansion de Meta. S'appuyant sur leur partenariat existant, Broadcom fournira la technologie prenant en charge les puces Meta Training and Inference Accelerator (MTIA), et ce jusqu'en 2029. Cette technologie constituera l'épine dorsale du déploiement par Meta de centres de données d'IA de pointe. L'engagement initial dépasse 1 GW et représente la première phase d'un déploiement continu de plusieurs gigawatts. "Il renforce une feuille de route commune pour la conception et la mise à l'échelle du matériel nécessaire afin d'offrir des fonctionnalités d'IA générative en temps réel et une 'superintelligence personnelle' à des milliards d'utilisateurs dans le monde entier, via des applications telles que WhatsApp, Instagram et Threads", commentent les partenaires.
Uber (+5,9%) engagerait plus de 10 milliards de dollars pour l'acquisition de milliers de véhicules autonomes et la prise de participations dans leurs développeurs, rompant ainsi avec son modèle économique traditionnel basé sur une faible intensité capitalistique, et ce afin d'éviter la concurrence des robotaxis. C'est du moins ce qu'affirme ce jour le Financial Times. Uber se positionne comme plateforme pour de nombreux opérateurs de robotaxis et a noué des partenariats avec une grande partie du secteur des véhicules autonomes, notamment Baidu, Rivian et Lucid, rappelle pour sa part Reuters. L'entreprise a par ailleurs annoncé son intention de lancer des services de robotaxis dans au moins 28 villes d'ici 2028. Ces accords placent Uber en bonne voie pour investir plus de 2,5 milliards de dollars en prises de participation et dépenser plus de 7,5 milliards de dollars dans des flottes de robotaxis au cours des prochaines années.
ASML (-4,2%). Le géant néerlandais a relevé ses prévisions de ventes pour l'année, la forte augmentation des dépenses mondiales en intelligence artificielle stimulant la production de semi-conducteurs et la demande pour ses machines de fabrication de puces de pointe. Le groupe table sur un chiffre d'affaires compris entre 36 et 40 milliards d'euros en 2026, contre une fourchette précédente de 34 à 39 MdsE, et un consensus logé à 37,7 MdsE. Les clients d'ASML s'efforcent d'accroître leur production de puces cette année afin de répondre à la demande des géants de la tech qui développent leurs capacités en IA.
Nvidia (+1,4%). Le nouveau modèle d'intelligence artificielle Ising de Nvidia lancé hier soir en Asie a ravivé les espoirs que l'IA puisse améliorer l'informatique quantique et la rendre plus évolutive et plus utile, note Bloomberg. Cependant, "bien que ces outils puissent potentiellement accélérer les développements, le déploiement d'une informatique quantique pratique à grande échelle reste encore un long chemin à parcourir", ajoute Robert Lea, analyste chez Bloomberg Intelligence.
Bank of America (+1,8%), l'établissement bancaire de Charlotte a publié pour son 1er trimestre fiscal 2026 un bénéfice net de 8,6 milliards de dollars, 1,11$ par titre, en croissance de 25% en glissement annuel, pour des revenus en hausse de 7% à 30,3 milliards de dollars. Le consensus était de 1,02$ de bénéfice ajusté par action pour 29,95 milliards de dollars de revenus. Le revenu net d'intérêt a augmenté de 9% à 15,7 milliards de dollars. Les provisions pour pertes de crédit ont représenté 1,3 milliard de dollars contre 1,5 milliard sur la période correspondante, un an plus tôt.
Morgan Stanley (+4,5%), la banque d'affaires américaine a annoncé pour son 1er trimestre 2026 des revenus de 20,6 milliards de dollars, contre 17,7 milliards sur la période comparable de l'an dernier. Le bénéfice net part du groupe a représenté 5,6 milliards de dollars soit 3,43$ par action, contre 4,3 milliards un an plus tôt. Le consensus était de 3,02$ de bénéfice ajusté trimestriel par action pour 19,76 milliards de dollars de revenus.
PNC Financial Services (+0,3%), l'établissement financier américain a fait part pour son premier trimestre fiscal 2026 un bénéfice net de 1,8 milliard de dollars soit 4,13$ de bénéfice dilué par action, ainsi qu'un bénéfice ajusté par action de 4,32$. Le revenu net d'intérêt a progressé de 6% à 3,96 milliards de dollars. Les revenus totaux ont atteint 6,16 milliards de dollars contre 5,45 milliards un an avant. Le bpa ajusté, le revenu net d'intérêt, les prêts et les dépôts ont dépassé les attentes.
Snap (-2,6%), la maison mère de Snapchat, a annoncé la suppression d'environ 1.000 postes, ce qui représente 16% de ses effectifs permanents. Il entend réduire ses coûts et tirer parti de l'IA pour accroître la productivité d'équipes plus restreintes. Ces mesures comprennent la fermeture de plus de 300 postes vacants et interviennent après que l'investisseur activiste Irenic Capital Management, qui possède 2,5% des parts, a incité Snap à améliorer ses performances...
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