Préouverture Paris : le CAC40 attendu en net repli sous les 8.000 pts, le pétrole flambe !
Le brent est au plus haut depuis 2022
LA TENDANCE
Le CAC40 va poursuivre sa série noire en bourse de Paris ce jeudi, attendue en net recul sous les 8.000 pts, après déjà 4 séances de repli, alors que le pétrole s'envole à 123$ le brent, au plus haut depuis 2022, à l'écoute d'une situation qui semble plus que jamais bloquée entre Washington et Téhéran... Donald Trump a remis la pression sur les responsables iraniens en estimant que le blocage du détroit d'Ormuz "pourrait durer des mois" : "L'Iran est incapable de se ressaisir. Ils ne savent pas comment signer un accord non nucléaire. Ils feraient mieux de devenir intelligents rapidement !", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social. Un message accompagné d'une image générée par intelligence artificielle, le représentant armé, avec des explosions au second plan, et la mention "FINI D'ÊTRE GENTIL !".
Sur le plan statistique, ce jeudi, les marchés suivront les chiffres du PIB du premier trimestre aux Etats-Unis, les inscriptions hebdomadaires au chômage, les revenus et dépenses des ménages, l'indice du coût de l'emploi, l'indice PMI de Chicago et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board.
WALL STREET
La place américaine s'est affichée incertaine au lendemain d'une séance de correction des valeurs technologiques. Le Dow Jones a perdu 0,57% à 48.861 pts, tandis que le S&P 500 a cédé 0,04% à 7.135 pts. Le Nasdaq a gagné 0,04% à 24.673 pts. L'enlisement de la situation en Iran se confirme jour après jour, ce qui a propulsé les cours du brut au plus haut depuis 2022.
Du côté de la Réserve fédérale, sans surprise, la banque centrale américaine a laissé ses taux directeurs inchangés dans une fourchette allant de 3,50% à 3,75%, tout en faisant état de préoccupations croissantes à propos de l'inflation dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient. Le communiqué de politique monétaire de la Fed a été adopté à 8 voix contre 4, soit un nombre sans précédent de votes dissidents depuis 1992, qui illustre les vives divergences au sein de l'institution. Bien que favorables au maintien des taux, la présidente de la Fed de Cleveland, Beth Hammack, le président de la Fed de Minneapolis, Neel Kashkari, et la présidente de la Fed de Dallas, Lorie Logan, "n'ont pas soutenu l'inclusion d'une orientation accommodante dans le communiqué à ce stade" et ont voté contre. Une quatrième voix dissidente a appelé à réduire les taux d'un quart de point de pourcentage.
"L'inflation est élevée, ce qui s'explique en partie par la récente hausse des prix mondiaux de l'énergie", a déclaré la Fed, opérant un changement par rapport à sa formulation précédente, selon laquelle l'inflation était "légèrement" élevée... "Les événements au Moyen-Orient contribuent à un niveau élevé d'incertitude quant aux perspectives économiques" a poursuivi l'institutio. Toutefois, outre une inflation élevée, "le taux de chômage a peu évolué ces derniers mois", tandis que l'économie continue de croître", à un rythme soutenu", a encore précisé la Fed.
Les divisions au sein de la Fed mettent en exergue le défi auquel sera confronté le futur patron de l'institution, Kevin Warsh, alors que Donald Trump réclame de longue date une baisse des taux...
Si sa mission de président prend fin le mois prochain, le mandat de Jerome Powell comme membre du Conseil des gouverneurs de la Fed s'étend lui jusqu'en janvier 2028 : "À l'issue de mon mandat de président, le 15 mai, je continuerai d'exercer mes fonctions de gouverneur pendant une période qui reste à déterminer", a-t-il déclaré lors de sa traditionnelle conférence de presse, ajoutant avoir l'intention "de faire profil bas en tant que gouverneur"... L'euro pointe ce matin sous les 1,17/$, tandis que le bitcoin revient à 75.588$.
VALEURS A SUIVRE
Air France-KLM a publié une perte opérationnelle moins importante qu'attendu au premier trimestre mais a abaissé son objectif annuel de capacité en raison des incertitudes géopolitiques provoquées par la guerre en Iran, notamment sur les réserves en kérozène. Le groupe estime ainsi que la facture de carburant totale pour l'exercice 2026 sera de 9,3 milliards de dollars, soit une hausse de 2,4 milliards de dollars par rapport à l'exercice 2025. Le transporteur aérien s'attend désormais à une capacité en hausse de 2% à 4% par rapport à 2025, contre une hausse de 3% à 5% précédemment. Pour le premier trimestre, Air France-KLM a fait état d'une perte opérationnelle de 27 millions d'euros, tandis que les analystes attendaient une perte de 389 millions d'euros, selon des données LSEG.
Aperam a publié une hausse de son Ebitda ajusté au premier trimestre, le producteur d'acier inoxydable soulignant la hausse saisonnière des expéditions en Europe, des effets de valorisation positifs et une gestion efficace des coûts. L'Ebitda ajusté est ressorti à 90 millions d'euros, après 67 millions au quatrième trimestre 2025 et 86 millions d'euros il y a un an, la hausse ayant été limitée par la baisse saisonnière des expéditions au Brésil. "Aperam a connu son meilleur début d'année depuis trois ans", a commenté dans le communiqué le directeur général, Sud Sivaji. "Malgré les défis géopolitiques indéniables et la volatilité des marchés énergétiques en 2026, chacun de nos segments contribue à la croissance de notre valeur", a-t-il ajouté. Aperam table sur une dette financière nette légèrement inférieure au deuxième trimestre 2026, malgré la saisonnalité du fonds de roulement, "grâce à la solidité des résultats et à l'efficacité de la chaîne de valeur intégrée".
Rémy Cointreau a publié une forte hausse de son chiffre d'affaires en données organiques au quatrième trimestre, aidée par la Chine, tandis que la situation reste toujours difficile aux Etats-Unis. Le chiffre d'affaires ressort à 935,3 millions d'euros en 2025-26, en progression de +0,2% en organique, conforme aux objectifs (Le groupe avait dit s'attendre à une croissance du chiffre d'affaires annuel entre 0% et 4%). Le groupe a enregistré une croissance organique de ses ventes de 8,9% pour le dernier trimestre de son exercice 2025-2026 clos fin mars. Les ventes de cognac, qui constituent l'essentiel du chiffre d'affaires de Rémy Cointreau, ont notamment bondi de 15,5%. "Dans un environnement complexe, la Chine a bénéficié d'une base de comparaison très favorable, d'un effet calendaire positif et de la bonne résistance de l'activité lors du Nouvel An chinois", a indiqué le groupe dans un communiqué. Rémy Cointreau continue toutefois de faire face à des conditions difficiles dans un autre de ses marchés clés, les Etats-Unis. "Les ventes de la région Amériques enregistrent une légère décroissance, affectées par une base de comparaison élevée aux États-Unis (croissance à deux chiffres au T4 2024-25) et un effet de phasage défavorable au Canada", explique encore le groupe, faisant état toutefois d'une "tendance sous-jacente encourageante". Le groupe confirme prévoir une baisse organique de son résultat opérationnel courant (ROC) annuel compris entre 10% et 16% ("low double-digit" et "mid-teens").
Crédit Agricole SA fait part d'un résultat net qui a augmenté de 1,8% sur un an au T1, à 1,68 milliard d'euros. Le produit net bancaire a progressé de 0,9% à 6,99 milliards d'euros, tandis que le consensus était légèrement supérieur à 7 MdsE. Le coût du risque a grimpé de 32,2% à 547 millions d'euros. Sur ce montant, environ 100 millions d'euros sont liés à des provisions de précaution. La banque se prépare ainsi à une possible détérioration des perspectives macroéconomiques, en raison particulièrement du conflit au Moyen-Orient. "C'est un provisionnement prudent et le risque avéré, lui, il est très contenu encore toujours, il est même en baisse par rapport au quatrième trimestre", a commenté la direction. La rentabilité reste solide avec un retour sur fonds propres tangibles de 13,7%. La division de banque d'investissement de Crédit Agricole a vu ses revenus reculer de 4%, avec une baisse de 9% dans la banque de marché (FICC) sur fond de "marché attentiste".
Société Générale a publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes sur le T1, les mesures de réductions de coûts et la reprise dans la banque de détail en France ayant compensé la baisse des revenus dans la banque d'investissement. Le résultat net part du groupe a augmenté de 5,5% sur un an pour s'établir à 1,7 milliard d'euros, nettement au-dessus des attentes de la place qui se situaient à 1,55 MdE. Le bénéfice a été soutenu par la bonne maîtrise des coûts et la baisse des frais de gestion, qui ont diminué deux fois plus que l'objectif annuel 2026 d'une baisse de 3%. Le ROTE, une mesure clef de la profitabilité de Société Générale, ressort à 11,7%, dépassant l'objectif annuel de plus de 10% mais restant inférieure à celui de ses concurrents. Les revenus de la banque de détail en France, dont la reprise est une priorité pour la direction du groupe, ont progressé de 8,9%, soutenus par la baisse du taux du Livret A. Le résultat net part du groupe de la banque en ligne BoursoBank s'élève à 92 millions d'euros, bien en ligne avec un objectif annuel 2026 supérieur à 300 millions d'euros. La banque de grande clientèle et solutions investisseurs a vu pour sa part ses revenus reculer de 4,9% sur un an, avec une baisse de 18,2% des activités taux, crédit et change. "Cette performance reflète les moindres revenus des activités de taux en Europe, pénalisées par une activité commerciale moins dynamique et des conditions de marché moins favorables", a déclaré la direction. Les investisseurs attendent désormais le prochain plan stratégique à moyen terme de la banque, qui doit être dévoilé le 21 septembre...
Michelin a délivré au premier trimestre une performance solide, la baisse du chiffre d'affaires traduisant un effet de change négatif. Les ventes du groupe s'établissent ainsi à 6,2 milliards E sur le trimestre, en baisse de 5,4% mais stables hors effet de change. L'effet de change représente l'intégralité de la baisse, reflétant la forte appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar US et de la plupart des devises. L'activité Pneu enregistre un effet volume limité (-1,4%), confirmant l'inflexion favorable constatée au 4ème trimestre 2025. Les ventes au Remplacement sont en croissance, portées par la progression de la marque MICHELIN (+3% en volume). L'effet mix de +1,9% est tiré par le mix produit du segment Consommateur et par un mix favorable entre activités. L'effet prix négatif intègre l'impact différé des clauses d'indexation sur les contrats à moyen terme suite aux baisses de coût des matières premières en 2025. L'activité Polymer Composite Solutions affiche une croissance de 5,1%, incluant l'intégration de Cooley Group effective à fin janvier. Le conflit au Moyen-Orient génère des incertitudes concernant la demande mondiale. Il accroît le risque de perturbation de l'approvisionnement en matières premières et entraîne une hausse des coûts d'achat, principalement pour les matières premières et l'énergie. La gestion de crise du groupe vise à garantir la sécurité des personnes et la continuité des opérations. Michelin s'appuie sur ses forces : des équipes engagées et responsabilisées, une agilité en temps de crise éprouvée, des opérations local-to-local réduisant l'interdépendance géographique, une intégration verticale assurant une meilleure résilience de ses approvisionnements. Dans ce contexte imprévisible, le groupe réévalue de façon régulière l'évolution des marchés et de ses chaines d'approvisionnement. A ce stade, la guidance 2026 reste inchangée...
Au 1er trimestre 2026, le groupe Capgemini a réalisé un chiffre d'affaires de 5.943 millions d'euros, soit une croissance de +7% à taux de change courants et +11% à taux de change constants. Les prises de commandes sont de 6.054 millions d'euros, en hausse de +6,2 % à taux de change constants. Le groupe confirme ses objectifs pour l'ensemble de l'année, dont une progression du chiffre d'affaires à changes constants de l'ordre de 6,5% à 8,5%.
BNP Paribas a publié un résultat net meilleur que prévu au premier trimestre grâce au dynamisme de sa banque de détail, tandis que la banque d'investissement n'a pas profité des mouvements engendrées par la guerre en Iran. Le bénéfice net a ainsi progressé de 9% sur un an à 3,22 milliards d'euros, au-delà du consensus qui était situé à 2,95 milliards d'euros. Le produit net bancaire a grimpé de 8,5% à 14,1 milliards d'euros, au-dessus ici aussi des attentes du marché. Contrairement aux grandes banques de Wall Street et au rival suisse UBS, qui ont fait état d'une forte hausse des revenus issus du trading, BNP Paribas a publié une progression de seulement 2,5%, avec une stabilité pour les taux, changes et matières premières (FICC). Les revenus totaux de la banque d'investissement se sont tassés de 0,8%, intégrant en partie l'impact d'un dollar plus faible. Les revenus de la banque de détail ont progressé de 4,9% au premier trimestre, dans un contexte de taux d'intérêt favorable en zone euro. Le coût du risque a été porté sur le premier trimestre à 922 millions d'euros, contre 766 millions à la même période un an plus tôt pour faire face à l'incertitude macroéconomique liée à la guerre en Iran. BNP Paribas a confirmé au passage son objectif d'un ratio des fonds propres CET1 de 13% d'ici 2027. Ce ratio s'est élevé à 12,8% fin mars.
Les informations et conseils rédigés par la rédaction de Boursier.com sont réalisés à partir des meilleures sources, même si la société Boursier.com ne peut en garantir l'exhaustivité ni la fiabilité. Ces contenus n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou d'instruments financiers. La responsabilité de la société Boursier.com et/ou de ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count