Mi-séance Paris : le CAC 40 fléchit avec un baril de pétrole à l'approche des 100 dollars
La décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne, prévue jeudi, fait figure de rendez-vous essentiel de la semaine.
LA TENDANCE
En légère baisse de 0,2% autour de 8.290 points ce mardi midi, le CAC 40 reperd globalement le terrain gagné lundi. La tendance reste fragilisée par la poursuite de la hausse des prix du pétrole qui alimente le retour de l'inflation.
Le baril de Brent, la référence mondiale, se rapproche progressivement des 100 dollars après avoir progressé la semaine dernière sous l'effet d'une intensification des hostilités au Moyen-Orient et d'une reprise des achats de la Chine, premier importateur mondial. Le cours du Brent a augmenté de plus de 60% depuis le début de l'année, tandis que le prix de référence du diesel en Europe approche les 200 dollars le baril. Le WTI (contrat octobre) avance de son côté de 3,4% à 94,6$ sur le Nymex, au plus haut depuis début juin.
L'agence de presse officielle saoudienne a indiqué que des frappes ont eu lieu mardi sur plusieurs installations énergétiques situées dans le sud du royaume, faisant plusieurs blessés. Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, ont affirmé avoir de nouveau visé la raffinerie de Jazan (d'une capacité de 400.000 barils par jour) ainsi que des installations desservant le marché intérieur. Les Houthis bloquent les flux pétroliers saoudiens en réponse au siège de Sanaa, la capitale yéménite, imposé par Riyad, et ont multiplié les frappes ces dernières semaines.
Cette campagne menée contre le plus grand producteur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole renforce les craintes de voir l'approvisionnement pétrolier continuer à subir des perturbations, tant en raison des attaques houthies que du conflit impliquant l'Iran. Les stocks mondiaux diminuent rapidement et les prix des carburants raffinés, comme le diesel, s'envolent aux quatre coins du monde.
La décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne, prévue jeudi, fait figure de rendez-vous essentiel de la semaine. La BCE devrait réagir aux risques relatifs à l'inflation en relevant ses taux de 25 pb sur la facilité de dépôt, à 2,5%, alors que le taux de refinancement principal (refi) devrait atteindre 2,65%. Reste à savoir si le scénario d'une pause pourrait se confirmer ensuite.
VALEURS EN HAUSSE
Rubis (+4,5% à 35,4 euros) a profité d'une demande soutenue au premier semestre : son chiffre d'affaires affiche une hausse de 24%, pour un EBITDA de 434 millions d'euros, en progression de 18% sur un an, et un résultat net part du groupe de 191 millions d'euros, à +17% sur un an, en ligne avec sa performance opérationnelle. Le cash flow opérationnel retraité atteint 223 millions d'euros contre 276 millions d'euros au 1er semestre 2025, reflétant des besoins en fonds de roulement plus élevés dans un contexte de hausse des prix du pétrole. Le ratio dette financière nette corporate/EBITDA est à 1,3x à fin juin 2026 contre 1,4x à la même période l'année dernière. L'entreprise a relevé sa guidance d'EBITDA pour l'exercice 2026 dans une fourchette de 775 à 825 millions d'euros, contre une fourchette de 740 à 790 millions d'euros précédemment. Portzamparc ('achat') évoque de très bons résultats, supérieurs à ses attentes, qui étaient déjà en haut de consensus.
Vinci gagne 0,5% au-dessus de 114 euros. JP Morgan a ajusté la mire de 143 à 142 euros ('neutre') et Morgan Stanley de 145 à 148 euros ('pondération en ligne').
Groupe ADP progresse de 2,2% à 110,6 euros. JP Morgan est passé à 'surpondérer' en visant 130 euros.
VALEURS EN BAISSE
Airbus (-1,2% à 196,3 euros) a livré 57 appareils à 31 clients en août portant le nombre de livraisons depuis le début de l'année à 475 unités, dont 35 A350 et 11 A330. Le géant européen vise environ 870 livraisons sur l'ensemble de l'exercice. Le groupe a remporté 67 commandes le mois passé. Depuis le premier janvier, le carnet de commandes brutes atteint ainsi 1.157 unités, ramené à 1.091 en tenant compte de 66 annulations.
Bic (-1,3% à 66 euros) présente ce mardi 8 septembre son nouveau plan stratégique BIC to the Future et en a communiqué hier soir les principaux éléments. La trajectoire financière à horizon 2030 passe par un taux de croissance organique annuel moyen du chiffre d'affaires de 3% sur la période 2026-2030, une marge d'exploitation ajustée supérieure à 15,5% d'ici 2030, un taux de distribution des dividendes entre 40% et 50% du BPA Groupe ajusté et des flux nets de trésorerie disponible supérieurs à 250 millions d'euros en 2030. Bic ambitionne ainsi de renouer durablement avec la croissance organique et d'améliorer sa rentabilité et sa génération de trésorerie. Le groupe entend se recentrer sur quatre catégories de produits essentiels du quotidien autour d'un portefeuille produits simplifié : la Papeterie, les Briquets, les Rasoirs et les Brosses. Le groupe annonce des initiatives de productivité et d'optimisation des coûts. Le plan de transformation s'articulera autour de quatre priorités : améliorer la productivité industrielle, optimiser la chaîne d'approvisionnement et la planification, unifier les pratiques commerciales, et harmoniser les systèmes et outils digitaux. Le programme nécessitera des dépenses opérationnelles ciblées d'environ 100 millions d'euros sur la période 2027-2030. Ces dépenses seront principalement concentrées en 2027 et 2028, afin d'accélérer la mise en oeuvre du plan et générer progressivement les bénéfices attendus, sous la forme de 80 millions d'euros d'économies récurrentes annualisées d'ici 2030, tout en maintenant un ratio Capex/chiffre d'affaires d'environ 4% sur la période.
AXA cède 1,5% à 43,5 euros. L'assureur a annoncé un partenariat stratégique avec Publicis Sapient afin d'accélérer la prochaine phase de sa transformation en matière d'intelligence artificielle. Ce partenariat vise à poursuivre le développement du "Global AI Hub" afin de permettre le déploiement rapide, sécurisé et responsable d'agents IA à l'échelle du Groupe dans l'ensemble de ses opérations. En offrant des fondations partagées, globales et standardisées pour les agents IA, ce Hub vise à réduire les délais de mise sur le marché et les coûts, tout en permettant aux entités d'Axa de se concentrer sur la création de valeur plutôt que sur le développement individuel d'une infrastructure d'IA commune.
Société Générale fléchit de 1,6% à 73,9 euros. JP Morgan a dégradé la banque à 'neutre' tout en réduisant sa cible de 87 à 81 euros. La marge de manoeuvre de la SocGen pour des surprises positives concernant les résultats ou la distribution aux actionnaires est désormais plus limitée, selon le broker américain. Ce dernier estime que, bien que la valorisation ne soit pas excessive, il existe de meilleures opportunités ailleurs dans le secteur.
Ipsen trébuche de 4% à 157 euros. Barclays a dégradé sa recommandation à 'sous-pondérer' en ciblant 55 euros.
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