7 847.32 PTS
+0.83 %
7 847.0
+0.6 %
SBF 120 PTS
5 950.89
+0.81 %
DAX PTS
25 410.84
+0.91 %
Dow Jones PTS
52 361.58
+0.28 %
29 273.40
+1.09 %
1.117
-0.26 %

Sri Lanka: la route de la transition énergétique est tracée mais elle sera difficile, prévient un ministre

| AFP | 184 | news.votes.none
Le ministre sri-lankais de l'Energie, Anura Karunathilaka, le 5 octobre 2026 lors d'un entretienb à l'AFP à Colombo
Le ministre sri-lankais de l'Energie, Anura Karunathilaka, le 5 octobre 2026 lors d'un entretienb à l'AFP à Colombo ( Ishara S. KODIKARA / AFP/Archives )

Le Sri Lanka est déterminé à accélérer sa transition vers les énergies vertes, aiguillonné par la hausse des prix du pétrole causée par la guerre au Moyen-Orient, mais il se heurte à de nombreuses contraintes, prévient son ministre de l'Energie, Anura Karunathilaka.

"Il y a eu récemment quelques coups de semonce qui nous pressent d'augmenter la part des énergies renouvelables au détriment des hydrocarbures", indique M. Kuranathilaka lors d'un entretien accordé à l'AFP.

"Alors notre priorité sera de recourir le plus possible à ces énergies dans les années à venir", ajoute-t-il.

Son pays, qui importe la totalité de ses besoins en pétrole et en gaz, a subi de plein fouet depuis février les conséquences du quasi-blocage du détroit d'Ormuz consécutif au conflit ouvert par les frappes militaires américaines et israéliennes contre l'Iran.

Hausse massive des prix des carburants, du gaz et de l'électricité, rationnement, inflation au plus haut depuis trois ans, l'économie du Sri Lanka, qui se remet à peine de sa pire crise en 2022, a été sévèrement touchée.

L'Etat et la population ont en payé la facture, salée.

Selon le ministère de l'Energie, le gouvernement a dépensé certains mois jusqu'à 30% de ses réserves de change pour payer ses importations d'hydrocarbures.

Le calendrier de la transition énergétique a été fixé avant la guerre. D'ici à 2030, le Sri Lanka doit produire 70 % d'électricité verte. Contre 60 % environ aujourd'hui, dont 40 % pour la seule énergie hydraulique.

Contraintes

"Et nous allons probablement devoir aller au-delà des 70 %", anticipe déjà Anura Karunathilika.

Mais la transition s'annonce plus compliquée que prévue.

Il y a d'abord l'hostilité de certaines populations aux éoliennes. Leur potentiel dans l'île est très prometteur, évalué à une capacité de 30 gigawatts.

Mais dans la presqu'île de Mannar (nord-ouest), la colère gronde. Les riverains dénoncent l'impact de 30 turbines en service depuis 2020 qui, affirment-ils, causent des inondations, éloignent le poisson et menacent les oiseaux migrateurs.

Le ministre assure les avoir entendus.

"Nous l'avons promis aux populations de Mannar (...) seuls les projets déjà approuvés ou en cours seront réalisés", dit-il, en assurant que les parcs éoliens à venir seront installés ailleurs.

L'autre difficulté est plus technique. "Nous sommes confrontés à des contraintes en matière de lignes électriques, d'indisponibilité et de contrôle du réseau, ainsi que de variations de l'offre et de la demande", énumère Anura Karunathilika.

Pour absorber l'énergie renouvelable à venir, son gouvernement a déjà prévu "dès l'an prochain" de construire cinq nouvelles lignes à haute tension.

Mais cela ne suffira pas. Le succès de l'énergie solaire, notamment de l'équipement des toits des particuliers et des entreprises en panneaux photoélectriques, génère de fortes variations de l'offre d'électricité, qui dépasse souvent la demande en plein jour.

Controverse sur les prix

Au point de faire "sauter" tout le réseau et de causer une panne nationale pendant plusieurs heures, comme ce mois d'octobre ou en février 2025.

"Parfois, nous devons couper des centrales solaires pour maintenir la stabilité du réseau. C'est pour ça que certains croient que le gouvernement n'encourage pas le solaire", regrette le ministre, "mais c'est faux".

D'ici à 2029, rappelle-t-il, le gouvernement espère faire passer sa capacité de production à près de 4.400 MW, un bond de 388 % par rapport à 2024 !

Toutefois, poursuit M. Karunathilika, il va devoir modifier la fixation des prix de l'énergie solaire.

Jusque-là, le système permettait aux privés de fournir au réseau leur électricité produite le jour, lorsque la production est maximale et la demande faible, et d'en récupérer gratuitement la même quantité la nuit, lorsqu'elle est plus chère et plus rare.

Insoutenable financièrement pour une économie fragile.

"Le coût additionnel est payé par l'Etat", plaide le ministre. "Nous estimons injuste de le faire porter au public, alors nous allons proposer un nouveau modèle équitable pour les producteurs et les consommateurs".

Selon le nouveau plan, déjà très critiqué chez les tenants du solaire, le producteur sera payé par l'Etat lorsqu'il nourrit le réseau et paiera sa facture lorsqu'il s'y alimente. Au prix du marché.

Le ministre de l'Energie ajoute que le pays va aussi développer le stockage de l'électricité par batteries.

"Le réseau, les investissements et les infrastructures ne permettent pas encore de remplacer complètement le pétrole et le charbon pour notre électricité", conclut Anura Karunathilaka, "mais d'ici dix-quinze ans (...) elle sera produite à 90 ou 95 % par le renouvelable".

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

news.label.interest
news.votes.container.count
news.votes.container.average 0
  • 0 news.votes.details.count
  • 0 news.votes.details.count
  • 0 news.votes.details.count
  • 0 news.votes.details.count
  • 0 news.votes.details.count
NEWS.LABEL.RELATED_ARTICLES_CATEGORY
Publié le 23/10/2026

De g à d: les chefs de la diplomatie égyptienne Badr Abdelatty, pakistanaise Ishaq Dar, turc Hakan Fidan et saoudien Faiçal ben Farhan Al-Saoud réunis à Istanbul, le 23 octobre 2026 ( Yasin…

Publié le 23/10/2026

Un habitant du township de Katlehong, près de Johannesburg, marche à côté des câbles qui raccordent illégalement son quartier au réseau électrique, le 5 octobre 2026 ( EMMANUEL CROSET /…

Publié le 20/10/2026

Panneau indiquant un bureau de vote à Edmonton, au Canada, le 19 octobre 2026 ( Megan Albu / AFP )La riche province pétrolière de l'Alberta s'est massivement opposée lundi à l'organisation…

Publié le 20/10/2026

Vue aérienne sur une maison équipée de panneaux solaires dans le village de Rukurukulevu, aux Fidji, le 9 octobre 2026 ( Saeed KHAN / AFP )Grandement dépendantes aux carburants fossiles qui…

NEWS.LABEL.ALSO_IN_BD
Publié le 26/10/2026

La Bourse de Paris a clôturé en baisse, dans un environnement toujours marqué par de multiples facteurs d’incertitude. En France, le rendement de l’OAT à 10 ans se maintient au-dessus de 5 %,…

Publié le 26/10/2026

A la demande de la société, le cours de bourse de l'action Installux est suspendu...

Publié le 26/10/2026

Le prix offert pour les actions Eurobio est porté de 25,30 euros à 26,55 euros...

Publié le 26/10/2026

Cette évolution est principalement due à la hausse des ventes de licences...