Wall Street dans le rouge, sur fond de trêve fragile au Moyen-Orient
L'incertitude géopolitique persiste
Wall Street consolide son récent rebond, attendu dans le rouge avant bourse ce jeudi alors que l'incertitude géopolitique persiste concernant le Moyen-Orient. Le S&P 500 abandonne 0,4%, le Dow Jones 0,4% et le Nasdaq 0,4% également. Le détroit d'Ormuz reste la principale source d'inquiétude, alors que Donald Trump avait fait état d'une trêve de deux semaines des hostilités avec l'Iran qui devait permettre une réouverture totale de la voie navigable, mais que Téhéran ne semble vouloir qu'un passage contrôlé.
La trêve est par ailleurs compromise du fait des frappes israéliennes continues au Liban. Le Wall Street Journal a rapporté que l'Iran avait informé les médiateurs qu'il limiterait le nombre de navires traversant le détroit à une douzaine par jour, soit une fraction des plus de 130 navires qui le franchissaient quotidiennement avant la guerre. Les transporteurs maritimes demeurent donc dans l'expectative, sur fond d'échos contradictoires sur les conditions de circulation. Lors d'un point de presse hier, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a qualifié de fausses les affirmations de Fars concernant l'interruption du trafic. Elle a également indiqué que Washington soutenait la position d'Israël selon laquelle le Liban ne ferait pas partie de l'accord de cessez-le-feu.
Trump a promis de maintenir les troupes américaines dans le golfe Persique avant les pourparlers prévus avec l'Iran pour consolider la trêve, tandis que Téhéran a averti qu'il pourrait y avoir des mines dans la voie maritime. Les deux camps s'accusent mutuellement d'enfreindre la trêve annoncée avant-hier après six semaines de conflit.
Selon Bloomberg, malgré l'escalade verbale, certains signes indiquent que le cessez-le-feu est "globalement respecté", avec une baisse notable des attaques dans les États arabes du golfe Persique. Le vice-président américain JD Vance a déclaré que Washington n'avait jamais suggéré que les combats entre Israël et le Hezbollah, allié de Téhéran, cesseraient au Liban. Le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf, a affirmé quant à lui que la poursuite des attaques contre le Hezbollah constituait une violation de l'accord. "Les termes du cessez-le-feu irano-américain sont clairs et explicites : les États-Unis doivent choisir, cessez-le-feu ou poursuite de la guerre par le biais d'Israël. Ils ne peuvent pas avoir les deux", a ajouté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans une publication sur les réseaux sociaux.
Des responsables américains et iraniens doivent entamer des pourparlers à Islamabad samedi. Vance devrait diriger la délégation américaine, tandis que les négociateurs iraniens sont attendus dans la capitale pakistanaise ce jeudi selon Bloomberg. Karoline Leavitt a indiqué que la délégation américaine à Islamabad comprendrait également l'envoyé spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre du président.
Téhéran a annoncé la mise en place de routes maritimes désignées à travers le détroit d'Ormuz. Trump maintient quant à lui la pression, affirmant sur Truth Social que si l'Iran ne se conforme pas à l'accord, "ce qui est très improbable", alors les frappes reprendront de plus belle, "d'une ampleur et d'une violence inédites"... "Il a été convenu il y a longtemps... PAS D'ARMES NUCLÉAIRES et le détroit d'Ormuz SERA OUVERT ET SÛR", a aussi lancé le président américain.
"Je pense que les Iraniens croyaient que le cessez-le-feu incluait le Liban, mais ce n'était pas le cas", a déclaré quant à lui Vance, qui se trouvait en Hongrie. "Nous n'avons jamais fait cette promesse, nous n'avons jamais laissé entendre que ce serait le cas". Le vice-président américain a tout de même ajouté qu'Israël avait accepté de "faire preuve de plus de retenue au Liban".
La prudence prévaut donc sur les marchés ce jeudi, au lendemain d'une séance de "rebond de soulagement" qui a vu le S&P 500 se redresser de 2,51%, le Dow Jones reprendre 2,85% et le Nasdaq 2,80%. Les prix du pétrole repartent à la hausse ce jour, le baril de brut WTI prenant 3,7% à 97,9$ et le Brent de la mer du Nord 3,6% à 98,2$.
Trump a rappelons-le accepté de suspendre les hostilités en Iran deux semaines durant à condition que le détroit d'Ormuz soit rouvert "immédiatement" en toute sécurité. Le plan prévoit que Téhéran et Oman seraient autorisés à prélever des frais sur les navires traversant le détroit. Le Financial Times a évoqué un "péage" potentiel d'un dollar par baril en cryptomonnaies.
Les États arabes du Golfe n'ont signalé selon Bloomberg aucune frappe pendant la majeure partie de la journée de mercredi, la dernière attaque notable ayant visé un important oléoduc acheminant du pétrole brut vers la côte ouest de l'Arabie saoudite. L'agence de presse semi-officielle iranienne Fars a rapporté que le passage des pétroliers dans le détroit avait été interrompu après les frappes israéliennes. Vance a démenti cette affirmation. L'Organisation des ports et des affaires maritimes de la République islamique a annoncé la mise en place de deux routes maritimes sécurisées pour les navires entrant et sortant du détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse officielle Nour News. Ces routes ont été établies afin d'éviter la présence potentielle de mines sur les voies de navigation principales, et tous les navires seraient priés de se coordonner avec le Corps des gardiens de la révolution islamique jusqu'à nouvel ordre, a précisé Nour. Bloomberg indique que plus de 800 cargos seraient bloqués dans le golfe Persique, la plupart dans l'attente de pouvoir partir.
JD Vance a évoqué hier une "trêve fragile", ajoutant que si l'Iran acceptait de négocier de bonne foi, un cessez-le-feu plus durable pourrait être conclu.
Sur le front économique aux États-Unis, les Minutes du FOMC (dernière réunion monétaire de la Fed) ont été publiées hier soir, suggérant qu'un conflit durable au Moyen-Orient pourrait mener à des hausses de taux. Les 'Minutes' ont globalement fait ressortir une Fed divisée au sujet de l'inflation générée par la guerre en Iran. Plus que jamais, la trajectoire des taux ne semble donc pas prédéterminée.
Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un statu quo monétaire le 29 avril à l'issue de la prochaine réunion FOMC ressort à 99,5%. La probabilité que ce statu quo dure jusqu'à la fin de l'année ressort encore à 73,1%, tandis que la 'proba' d'un assouplissement d'un quart de point d'ici décembre atteint 24,2%.
Ce jeudi, les opérateurs suivront les inscriptions au chômage pour la semaine close le 4 avril, ainsi que les chiffres finaux du PIB du 4e trimestre (consensus au rythme de +1,4% selon FactSet contre +0,7% auparavant). Enfin, vendredi, les investisseurs surveilleront l'indice des prix à la consommation du mois de mars, les commandes industrielles de février, l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan d'avril et la balance budgétaire de mars.
L'once d'or fin se tasse de 0,1% à 4.728$ ce jeudi. L'indice dollar recule de 0,1% face à un panier de devises. Le bitcoin remonte sur les 71.000$, alors que le Secrétaire américain au Trésor Scott Bessent appelle à une adoption rapide du "Clarity Act" afin de clarifier le cadre réglementaire des actifs numériques et freiner les délocalisations du secteur. Notons aussi que le New York Times développe une théorie selon laquelle le créateur du bitcoin, Satoshi Nakamoto, pourrait bien être le cryptographe britannique Adam Back.
Les valeurs
Walt Disney prévoit de supprimer jusqu'à 1.000 postes dans les prochaines semaines, principalement au sein de son département marketing, a indiqué hier le Wall Street Journal, citant des sources proches de la question. Les coupes auraient été initiées avant même la prise de fonction de Josh D'Amaro à la tête de Disney en mars, à en croire le WSJ. Les mesures représentent moins de 1% des effectifs totaux, puisque Disney comptait 231.000 salariés en fin d'exercice 2025.
Constellation Brands, le groupe américain spécialiste des boissons alcoolisées, aux marques Modelo, Corona et Mi Campo, a annoncé hier soir pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 1,90$, dépassant largement le consensus de marché, mais en déclin en comparaison d'un niveau de 2,63$ sur la période correspondante de l'an dernier. Les revenus ont représenté 1,92 milliard de dollars sur le trimestre clos en février, légèrement au-dessus des attentes, contre 2,16 milliards de dollars un an avant. Le groupe envisage pour l'exercice 2027 juste entamé un bénéfice ajusté par action allant de 11,20 à 11,90$.
Applied Digital, groupe qui conçoit, développe et exploite des solutions d'infrastructure numérique pour les secteurs du calcul haute performance et de l'IA, a publié hier soir pour son 3e trimestre fiscal une perte ajustée par action de 36 cents, plus lourde que prévu et plus que doublée en comparaison de l'an dernier. Les revenus ont représenté 127 millions de dollars contre 53 millions un an plus tôt.
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