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Stellantis veut ouvrir son usine de Rennes au chinois Dongfeng

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Des voitures en bout de chaîne dans l'usine Stellantis de Poissy (région parisienne) le 15 avril 2026. L'usine cessera la production automobile après 2028.
Des voitures en bout de chaîne dans l'usine Stellantis de Poissy (région parisienne) le 15 avril 2026. L'usine cessera la production automobile après 2028. ( Simon Wohlfahrt / AFP )

Nouveau volet dans la stratégie de partenariats chinois de Stellantis: le constructeur a annoncé mercredi un protocole d'accord avec Dongfeng pour distribuer des voitures électriques du groupe chinois en Europe et en produire dans son usine de Rennes, dans l'ouest de la France.

Selon les termes de l'accord, une coentreprise contrôlée par Stellantis distribuerait la marque premium Voyah du constructeur chinois et l'usine de Rennes fabriquerait des voitures électriques ou hybrides de Dongfeng, indique dans un communiqué le groupe italo-franco-américain, après un accord similaire pour fabriquer deux modèles du jeune constructeur chinois Leapmotor dans ses usines espagnoles.

"Les partenaires entendent établir une nouvelle coentreprise détenue à 51% par Stellantis et à 49% par Dongfeng basée en Europe", qui serait "responsable des ventes et de la distribution des véhicules de la marque premium Voyah de Dongfeng sur des marchés européens ciblés", détaille Stellantis.

Les deux groupes envisagent également la production de véhicules de Dongfeng "à énergies nouvelles" (c'est-à-dire électriques ou hybrides) dans l'usine de La Janais, près de Rennes (ouest de la France), site historique de Citroën inauguré en 1961 par le Général de Gaulle.

Ces modèles, destinés à l'Europe, échapperaient ainsi aux taxes européennes sur les voitures électriques chinoises importées, un objectif clé pour les marques chinoises.

Le site de La Janais, sous-employé depuis des années, ne produit plus qu'un modèle, le SUV C5 Aircross de Citröen. Spécialiste du haut de gamme, il compte environ 2.000 salariés (dont 500 intérimaires), contre 12.000 au début des années 1980.

"C'est une bonne nouvelle pour l'usine de Rennes. Au lieu d'une visibilité à sept ou huit ans avec le C5 Aircross, elle la prolonge d'autant", fait valoir auprès de l'AFP un porte-parole de Stellantis. "C'est une formidable opportunité pour le site, qui récompenser plusieurs années de transformation et d'adaptation", renchérit Guillaume Olivari, directeur du site.

Le syndicat CFDT a réagi mercredi en réclamant des "garanties solides pour les salariés du site et de la sous-traitance", tandis que la CGT a réclamé que ce projet "soit couplé avec un plan d’embauche massif" et qu'il "ne conduise pas "à une dégradation des conditions de travail et des salaires".

Stellantis et Dongfeng avaient déjà annoncé la semaine dernière la relance de leur partenariat de 30 ans, avec la production conjointe en Chine de nouveaux modèles Peugeot et Jeep à énergies nouvelles, destinés au marché chinois et à l'international, à partir de 2027.

La nouvelle coentreprise serait aussi chargée d’achats pour "tirer parti de l’écosystème très compétitif des véhicules électriques chinois de Dongfeng".

Stellantis (Peugeot, Fiat, Opel, Jeep, Citroën, Chrysler...), qui perd des parts de marché en Europe depuis quatre ans et a accusé plus de 20 milliards d'euros de pertes en 2025, annoncera jeudi son plan stratégique pour renouer avec la rentabilité et la croissance. Les partenariats chinois devraient en être un des piliers.

Courte échelle ou sauvetage ?

Contrairement à l'usine de Madrid, qui doit être cédée à sa coentreprise avec Leapmotor, Stellantis n'a pas évoqué mercredi de vente de l'usine de La Janais.

Les syndicats, plutôt favorables à l'ouverture des usines à ces nouvelles marques pour soutenir l'emploi, s'étaient en revanche insurgés contre l'idée d'une cession, qui pourrait remettre en cause leur contrat de travail.

Stellantis est le premier constructeur européen qui ouvre ses usines aux modèles chinois, stratégie qui tente aussi des groupes comme Volskwagen.

En raison de la baisse des ventes, les usines européennes sont en surcapacité moyenne de 50%, selon les analystes, et certaines risquent la fermeture.

Des robots à l'ouvrage dans une usine du groupe automobile chinois Leapmotor de Huzhou (Chine), le 26 avril 2026.
Des robots à l'ouvrage dans une usine du groupe automobile chinois Leapmotor de Huzhou (Chine), le 26 avril 2026. ( ADEK BERRY / AFP )

"Pour Stellantis, le but est de redevenir profitable. (...) La solution chinoise permet d'éviter de fermer un site. En proposant ces capacités à d'autres, au lieu de payer pour s'en débarrasser, on se fait payer", analyse Bernard Jullien, maître de conférence à l'Université de Bordeaux et expert du secteur automobile.

"Mais c'est une solution égoïste et de court terme", même si elle peut convaincre les syndicats et les territoires, critique-t-il. "Stellantis fait la courte échelle à une marque chinoise. Et c'est risqué pour l'usine car rien ne dit que ces voitures premium se vendront".

"Ces partenariats ont du sens", juge au contraire Gianmarco Guadalupi, du cabinet de conseil spécialisé dans l’industrie Efeso Management Consultants, car en distribuant ces modèles chinois, "Stellantis "augmente sa part de marché et ses bénéfices".

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