Pour le Canada, la présence de la Russie au G20 Finance a créé un "malaise"
La présence de la Russie au sommet du G20 organisé aux Etats-Unis a créé un "malaise" en raison de la guerre menée par Moscou en Ukraine, a regretté mardi le ministre canadien des Finances auprès de l'AFP.
Son homologue russe Anton Silouanov, dont la venue n'avait pas été annoncée au préalable, a participé lundi et mardi aux travaux du groupe rassemblant les premières économies mondiales à Asheville (Caroline du Nord, sud des Etats-Unis).
Les Européens s'en sont rapidement émus, y voyant une forme de "normalisation" des relations avec la Russie qui bombarde sans relâche leur allié ukrainien.
Ils ont obtenu qu'il soit exclu de la traditionnelle photo de famille.
La présence d'Anton Silouanov "a créé un malaise, sans aucun doute", a décrit le ministre canadien des Finances François-Philippe Champagne dans un entretien avec l'AFP, au dernier jour du sommet.
"Nous avons toujours été très fermes dans notre soutien à l'Ukraine et au peuple ukrainien, et cela ne changera pas. (...) Nous sommes aussi très unis avec nos partenaires européens", a ajouté le ministre.
"Constructif et ferme"
M. Champagne devait s'entretenir dans l'après-midi avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, l'hôte de l'évènement.
Les deux voisins sont engagés dans un nouveau conflit commercial, à coups de droits de douane.
Le ministre canadien comptait être "à la fois constructif et ferme" pendant son rendez-vous avec M. Bessent.
"Les Canadiens attendent de nous qu'on défende le Canada, notre industrie et nos travailleurs", a affirmé M. Champagne, disant vouloir "renouer le dialogue" avec les Etats-Unis "sur une base mutuellement bénéfique".
Ottawa a rompu récemment les négociations avec Washington, accusant la Maison Blanche de vouloir lui imposer un accord commercial "injuste".
Le pays a riposté à l'entrée en vigueur de nouveaux droits de douane américains avec une série de contre-surtaxes qui doivent entrer en vigueur le 8 septembre.
"Nous n'avons pas voulu de ce conflit commercial mais nous devons réagir pour que les entreprises (canadiennes) ne soient pas désavantagées par rapport aux entreprises américaines", a justifié M. Champagne.
Selon lui, "notre réponse a été ciblée, stratégique et proportionnée".
Ce G20 Finance est par ailleurs l'occasion pour les Etats-Unis de tenter d'embarquer d'autres pays dans leur offensive économique contre l'Iran, que la puissance militaire américaine n'a pas fait plier jusqu'ici.
Washington veut isoler Téhéran en bannissant du système financier occidental les organisations qui commercent avec la République islamique.
"Nous avons toujours agi de concert avec nos partenaires" concernant les sanctions visant la Russie et l'Iran, a déclaré M. Champagne.
Les échanges commerciaux du Canada avec ces deux pays se situent déjà au "niveau le plus bas que je puisse imaginer", a-t-il pointé.
■
Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count