Ikea mise sur la baisse des prix pour renouer avec la croissance après un exercice 2026 terne
Le numéro un mondial de l'ameublement, le groupe suédois Ikea, a réalisé un exercice 2025-26 terne, mais mise sur des prix cassés et des magasins de proximité pour relancer son activité, a indiqué vendredi son patron dans un entretien à l'AFP.
"Je pense que nous sommes en train de trouver la bonne formule, que Ikea revient à sa vision, celle d'être abordable pour le plus grand nombre de personnes", a déclaré à l'AFP Jakub Jankowski, directeur général d'Inter Ikea, la holding de tête du groupe située aux Pays-Bas.
"Je pense que cela fonctionnera, car c'est aussi une réalité dans le monde : il y a de plus en plus de personnes qui n'ont pas d'argent", a-t-il relevé.
Début septembre, le groupe avait annoncé une réduction jusqu'à 28 % des prix de quelque 1.500 de ses produits en Europe. C'est la deuxième fois en deux ans qu'il baisse ses prix.
D'un point de vue financier, "nous sommes prêts à croître sans devoir forcément investir dans davantage d'infrastructures, car nous disposons déjà de capacités en production et dans nos unités de distribution", a souligné le directeur financier d'Inter Ikea, Henrik Elm.
"Nous pouvons continuer à investir dans des prix plus bas, puisque nous utilisons mieux nos actifs", a-t-il expliqué.
Les deux dirigeants se disent "optimistes" sur un retour à la croissance après deux années moroses.
Sur l'exercice décalé clos fin août, le chiffre d'affaires a reculé de 1,8 %, à 43,8 milliards d'euros, du fait de la réduction des prix engagée, a précisé la holding dans son rapport annuel, sans donner l'évolution des ventes au détail en volume.
Le bénéfice d'exploitation s'est contracté de 12 %, à 1,5 milliard d'euros, en raison de la pression sur les coûts et de l'inflation.
Présence en ville
Pour attirer le chaland, le géant de l'ameublement entend augmenter sa présence en ville, à une époque où les déplacements en voiture, pour des raisons écologiques ou financières, se raréfient.
L'objectif est d'augmenter la fréquence des visites, qui se sont élevées à 913 millions sur l'exercice écoulé.
Selon M. Jankowski, les clients veulent se rendre en magasin toutes les quatre à six semaines, plutôt que deux ou trois fois par an, pour acheter des accessoires du quotidien.
"Combiner l'expérience d'aménagement de la maison dans les grands magasins en étant aussi très proches des gens lorsqu'ils ont besoin de nous au quotidien, je pense que c'est aussi la formule gagnante", a-t-il dit.
Les magasins de petit format permettent aussi à Ikea d'entrer dans des villes où un grand magasin ne serait pas viable, a noté M. Elm, qui y voit un moyen de gagner des parts de marché supplémentaires.
Trente petites boutiques ont été ouvertes sur l'exercice 2025-26, tandis que le groupe a fermé huit grands magasins, dont sept en Chine.
Le marché chinois est confronté à un ralentissement de la consommation et à une concurrence croissante du commerce en ligne.
"Nous adaptons constamment notre empreinte", a justifié le patron d'Inter Ikea. "Sur la Chine, nous disons délibérément : +OK, nous n'avons peut‑être pas besoin de magasins aussi grands+. Il vaut mieux évoluer et s'adapter à l'environnement de distribution tel qu'il est."
Présent sur 64 marchés, Ikea compte 519 magasins, dont 88 petits formats, ainsi que 265 points de conception et de vente.
Fondé en 1943 dans le sud de la Suède par Ingvar Kamprad, l'orfèvre du meuble en kits n'est pas coté en Bourse et n'a donc pas d'obligation de communiquer sur sa santé financière. Le groupe a commencé à publier partiellement des résultats en 2010.
Après avoir supprimé 850 emplois en mai, Ikea compte 217.000 employés à travers le monde.
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