Taux : une détente bienvenue après le statu quo de Moody's
La pression retombe un peu...
Une accalmie bienvenue. Le taux de l'OAT à 10 ans retombe de 9,7 points de base à 4,917% après que la France a échappé à une dégradation de sa note souveraine par Moody's Ratings. L'écart de rendement (le "spread") exigé par les investisseurs pour détenir des obligations françaises à 10 ans par rapport à la dette allemande de même échéance, considérée comme plus sûre, se réduit également nettement ce lundi, reculant de 11,8 points de base à 155,1 pb après un plus haut de 15 ans, à plus de 178 pb la semaine passée.
Vendredi, Moody's a donc maintenu la note de la France à 'Aa3' avec une perspective 'négative', prenant de court ceux qui s'attendaient à une dégradation. Malgré un contexte politique et social complexe, l'agence a indiqué tabler, dans son scénario de référence, sur l'adoption, potentiellement par décret, d'un budget visant à réduire le déficit d'ici 2027.
"La décision de Moody's, vendredi, de ne pas dégrader la note de la France constitue une bonne surprise pour les OAT, qui ont été durement éprouvées", souligne Rohan Khanna, responsable de la stratégie sur les taux européens chez Barclays. Une dégradation de la note par Moody's était en effet largement attendue, d'autant que d'autres grandes agences attribuent déjà une note plus faible à la France. S&P Global Ratings et Fitch Ratings situent la dette du pays un cran plus bas, après avoir abaissé leurs évaluations lors d'un bras de fer budgétaire à l'automne 2025. "Nous avons été surpris que Moody's ne procède pas à une dégradation", indique à 'Bloomberg' Piers Hillier, directeur des investissements chez Jupiter. "Peut-être n'est-ce qu'une question de temps. Mais la conjoncture ne semble pas près de s'améliorer".
La France ne parvient toujours pas à contenir le poids croissant de sa dette, ce qui a placé le pays au coeur des inquiétudes des marchés ces dernières semaines. La dette publique, qui ne cesse de croître, est alimentée par un déficit appelé à se creuser pour atteindre 5,4% du PIB cette année. L'impasse politique, le ralentissement de la croissance et la hausse des charges d'intérêts ont fait échouer les récentes tentatives d'assainissement budgétaire.
"Le paradigme actuel reste inchangé ; nous assistons aujourd'hui à une combinaison entre un rebond technique et un certain soulagement lié au maintien de la note par l'agence Moody's", explique Christopher Dembik, conseiller en investissement chez Pictet Asset Management. Il anticipe une hausse du rendement des obligations françaises à 10 ans, qui pourrait se situer entre 5% et 6% d'ici l'élection présidentielle. "Je ne vois aucune solution permettant une amélioration de la situation budgétaire de la France à court terme".
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