Poussée de tension entre BFMTV, des lycéens et le maire de Saint-Denis
La chaîne BFMTV a indiqué avoir déposé plainte après une agression mardi contre une de ses équipes lors d'une manifestation de lycéens, et a déploré que le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko "approuve", selon elle, une telle "brutalité".
Une vidéo diffusée sur X par la webtélé de gauche radicale Le Média montre une équipe de BFMTV malmenée par des lycéens à Saint-Denis et exclue de leur mobilisation. "On ne veut pas de médias racistes", justifie une lycéenne. "Elle a raison!", a repris Bally Bagayoko sur le même réseau social.
Dans un communiqué, BFMTV indique que ses journalistes ont été "molestés et insultés" et qu'elle s'associe à leur dépôt de plainte.
Dans un message interne consulté par l'AFP, son directeur général Fabien Namias souligne qu'"un élu a jugé utile (...) d'approuver cette violence" alors qu'"aucune conviction, aucun engagement ne saurait justifier cette brutalité scandaleuse".
"BFMTV restera mobilisée sur tous les terrains, pour rapporter les faits, au service de l'information du public" et "en veillant à la sécurité de nos journalistes", s'engage le dirigeant.
"Un élu de la République ne devrait pas soutenir les violences contre les médias", estime aussi la société des journalistes (SDJ) de la chaîne, qui "condamne fermement ces agressions", tout comme les syndicats SNJ et CGT du groupe RMC BFM.
Né la semaine dernière en Île-de-France autour des questions de moyens, de remplacement des enseignants et d'emplois du temps ou encore de conditions insalubres dans les établissements, le mouvement aux abords des lycées, soutenu par La France insoumise, a gagné de nombreuses villes en début de semaine.
LFI a des relations tendues avec BFMTV. Mi-septembre, le parti, qui boycottait depuis une semaine les émissions de la chaîne, avait annoncé se rendre à nouveau sur ses plateaux, sauf à l'émission "100% Mabrouk" pour protester contre "une dérive de la ligne éditoriale vers l’extrême droite".
La chaîne, qui a recruté depuis la rentrée l'ex-journaliste de CNews Sonia Mabrouk, fait pour sa part valoir son "respect du pluralisme".
Sur X, la ministre de la Culture Catherine Pégard a dit avoir appris "avec indignation et colère l'agression de journalistes" de BFMTV. "Je condamne ces actes qui sont des atteintes à la liberté de la presse et au droit à l'information".
"Rien ne peut justifier de telles violences et de tels actes à l'encontre de journalistes", a-t-elle ajouté.
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