Libération: Sonia Delesalle-Stolper nommée directrice de la rédaction
La cheffe du service international de Libération, Sonia Delesalle-Stolper, a été nommée directrice de la rédaction jeudi après l'approbation de sa candidature par les autres journalistes, et succède à ce poste à Dov Alfon, a annoncé le quotidien.
"Sonia Delesalle-Stolper a été, conformément à nos statuts, élue suite à un vote de la rédaction. Elle a obtenu 83,2% des voix", a précisé Libé dans un article sur son site internet.
Sonia Delesalle-Stolper devient la première femme à prendre la tête du journal né en 1973 et notamment cofondé par le philosophe Jean-Paul Sartre et Serge July, qui en a été l'emblématique directeur de 1974 à 2006.
Elle travaille pour Libération depuis dix-sept ans, après avoir débuté sa carrière à l'AFP. Elle est à la tête du service international du quotidien de gauche depuis cinq ans, après avoir été correspondante au Royaume-Uni.
Durant son "grand oral" devant la rédaction mardi, elle avait souligné être tombée "dans la marmite Libé" en 2009, année de son recrutement comme pigiste à Londres. "Une marmite foutraque, mais une marmite éminemment talentueuse, efficace et capable de moments de grâce et de brillance absolues", avait-elle poursuivi, selon des propos rapportés par le journal.
Le précédent directeur de la rédaction, Dov Alfon, avait créé la surprise en annonçant son départ le 8 avril, pour se consacrer à sa carrière d'écrivain. Patron respecté de la rédaction depuis 2020, le journaliste franco-israélien a contribué à redresser Libération et accélérer sa transition vers le numérique.
Juste après l'annonce du départ de M. Alfon, Denis Olivennes, président de la société actionnaire principale de Libération, avait proposé pour le remplacer le nom de Nicolas Barré, ancien dirigeant du Figaro puis des Échos.
Cela avait immédiatement suscité l'opposition des journalistes de Libé à cause du parcours de M. Barré dans des titres à la ligne économique plus libérale. Le journaliste avait finalement jeté l'éponge et retiré sa candidature.
"Proposer, pour la première fois dans l'histoire de Libération, une femme à sa tête, qui a fait l'essentiel de sa carrière à l'étranger et consacré le plus clair de son travail à l'international, est un choix de renouvellement et d'ouverture", avait estimé M. Olivennes lundi en annonçant son choix de soumettre le nom de Sonia Delesalle-Stolper aux suffrages de la rédaction.
Avec elle, "Libération poursuivra la transformation éditoriale et numérique engagée par Dov Alfon ces dernières années et confirmera sa place parmi les grands quotidiens de référence", avait poursuivi M. Olivennes, proche du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky.
Dans un contexte de crise généralisée de la presse, le journal n'échappe pas aux difficultés économiques. Selon le média L'Informé, M. Kretinsky l'a renfloué à quatre reprises depuis 2022, la dernière fois en décembre à hauteur de 17 millions d'euros et pour un total de 59 millions.
De 2014 à 2020, Libé appartenait au groupe Altice, du milliardaire Patrick Drahi, qui l'a ensuite transféré à un fonds destiné à garantir son indépendance, le "Fonds de dotation pour une presse indépendante" (FDPI).
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