Les bourses retiennent leur souffle avant une nuit de dépouillement aux USA
(Zonebourse.com) - La planète entière à les yeux rivés sur les Etats-Unis où l'on devrait connaître dans quelques heures les premières tendances après les élections de mi-mandat. Dans ce contexte teinté d'incertitudes, les investisseurs préfèrent limiter les risques : au gong final, le CAC 40 cède 0,34% à 8 020 points tandis que Francfort lâche 0,31%. Le recul est encore plus important à Londres où le Footsie abandonne 1,03%.
Si les Démocrates sont donnés largement favoris dans les sondages (ils pourraient s'emparer des deux chambres), il n'est pas nécessaire d'être un ancien pour se rappeler des défaillances répétées des sondeurs états-uniens. Et si vous l'avez oublié, Hillary Clinton et Kamala Harris, elles, s'en rappellent mieux que quiconque...
Les intervenants préfèrent donc éviter de prendre des risques, même si les analystes anticipent globalement une victoire des Démocrates tout en craignant que ce succès n'impacte les obligations du Trésor et les valeurs technologiques. Une telle issue pourrait en effet raviver les interrogations sur la fiscalité des entreprises et l'évolution des dépenses publiques, avec des répercussions possibles sur les rendements obligataires et les valorisations boursières.
César Pérez Ruiz, responsable des investissements chez Pictet WM, rappelle d'ailleurs que dans ces conditions, les marchés boursiers privilégient de plus en plus les entreprises affichant des flux de trésorerie disponible en hausse. "Les flux de trésorerie disponible (FCF) combinés des grands hyperscalers américains étant devenus négatifs au troisième trimestre, nous privilégions les acteurs affichant des FCF positifs", rapporte le spécialiste.
Dans un marché qui retient son souffle, le luxe tente crânement sa chance et prend quelques couleurs, à l'instar de LVMH ( 1,99%, plus forte hausse du CAC 40) ou de plus modestement de Kering ( 0,32%). Orange ( 1,48%) et Legrand ( 0,72%) complètent le podium du jour derrière le titre du groupe bernard-arnauldien.
A l'autre bout du spectre, lanterne rouge au cou, on trouve Stellantis (-3,68%), Dassault Systèmes (-2,5%) ou encore Renault (-2,01%).
Le pétrole reste sous haute tension
Sur le front des matières premières, la prudence reste de mise, alors que les tensions au Moyen-Orient continuent d'entretenir la nervosité des opérateurs. Hier, les cours du pétrole s'étaient nettement contractés à la suite d'informations évoquant des discussions entre belligérants. Ces échanges ont laissé entrevoir la possibilité d'une désescalade régionale, susceptible de réduire les risques pesant sur l'approvisionnement pétrolier. Cette décrue n'a pas fait long feu et les cours évoluent encore à des niveaux très élevés, avec un Brent à 103 USD le baril et un WTI à 95,8 USD.
Les déclarations en provenance de Téhéran ne sont d'ailleurs pas de nature à apaiser les tensions. "Si Washington commet une nouvelle erreur de calcul stratégique, [les Américains] doivent savoir qu'ils s'exposeront à un nouveau terrain de bataille, car l'Iran se trouve au maximum de sa force défensive", a martelé Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du parlement iranien. Il a toutefois ajouté que les Etats-Unis avaient encore le pouvoir d'empêcher la guerre en "réagissant de manière constructive au plan présenté par Téhéran".
Alstom déraille, Bayer et Lufthansa prennent leur envol
Dans ce climat d'attentisme, les publications d'entreprises continuent néanmoins d'animer la cote, avec des fortunes très diverses selon les valeurs.
Dans l'Hexagone, Alstom poursuit sa dégringolade : le titre a déjà chuté de 26,09% hier après le lancement d'un nouvel avertissement sur résultats et poursuit son recul (-4,79%). En réaction, Citigroup abaisse sa recommandation d'"achat" à "neutre" sur le titre, avec un objectif de cours réduit de 28 à 14 EUR.
De son côté, Rubis ( 1,32%) a publié un chiffre d'affaires de 2 275 millions d'euros au titre du troisième trimestre 2026, en croissance de 44% en comparaison annuelle, "reflétant la force de sa plateforme énergétique diversifiée et une exécution disciplinée dans l'ensemble de ses zones géographiques et lignes de métier", selon ses gérants.
Enfin, TotalEnergies (-1,08%) et ADNOC Gas ont annoncé aujourd'hui la signature d'un accord d'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) d'une durée de cinq ans, portant sur la fourniture au géant pétrolier français d'un maximum de 1,6 million de tonnes de GNL. Les premières livraisons sont prévues en 2026.
Ailleurs en Europe, Bayer, qui a déjà progressé de 15,01% la semaine dernière, poursuit sur sa lancée ( 3,64%) grâce à une publication trimestrielle solide, ponctuée du relèvement de certains objectifs financiers annuels.
Lufthansa ( 3,94%) a également les faveurs des investisseurs. Le transporteur aérien a dépassé les attentes du marché grâce aux solides performances de ses activités de fret et de maintenance, et ce malgré la hausse des prix du carburant.
Enfin, dans le secteur de la défense, le possible report du contrat Arminius de Rheinmetall ( 0,48%) divise les analystes. Si certains relativisent les conséquences de ce report sur les perspectives du groupe de défense, d'autres s'inquiètent de ses répercussions sur le carnet de commandes et la génération de trésorerie.
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source : AOF
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