Hier à Wall Street : Nvidia tire les grands indices dans le vert
(Zonebourse.com) - A l'image d'un énorme bulldozer, Nvidia, dont la progression funiculaire tout au long de la séance, jusqu'à une clôture sur ses records absolus, trahit une poussée algorithmique de grande ampleur, a littéralement soulevé les 3 principaux indices, permettant au Dow Jones de gagner 0,2% à 53 569, au S&P 500 de prendre 0,72% à 7 731 et au Nasdaq 100 de bondir de 1,43% à 29 642.
Les indices américains ont affiché collectivement le pire ratio advance/decline de l'année : 80% des titres en repli au sein du Dow Jones, 2 valeurs sur 3 pour le S&P 500, 60% de baisse au sein du Nasdaq Composite. Ce schéma est édifiant : hors Nvidia ( 8,75%) et ses 440 MdsUSD de capitalisation gagnés (c'est exactement le PIB de Hong Kong en 2026, selon les estimations du FMI), point de salut.
Et ce qui est encore plus singulier, c'est qu'en dépit du repli de plus de deux tiers des actions américaines, le VIX dégringole de 4,6%, vers 14,50, et retrouve ainsi ses planchers annuels et surtout ses niveaux de fin 2025, quand les marchés anticipaient 3 baisses de taux en 2026 et que 150 navires traversaient chaque jour le détroit d'Ormuz, contre une dizaine en moyenne au mois d'août.
Le VIX est écrasé, de façon plus ou moins délibérée, chacun jugera (vu le nombre de plus en plus faible de titres qui tirent Wall Street vers les sommets), créant un contexte d'absence de risque apparent qui stimule les programmes d'achat automatisés (adverses au risque et qui "payent" les yeux fermés tout reflux du niveau de stress).
Tout a été dit ou presque sur Nvidia depuis mercredi soir, et plus la hausse du titre s'affirmait, plus les éléments positifs étaient mis en avant. Ces éléments sont nombreux, mais c'est l'annonce d'une croissance de 70% des ventes en 2027 qui a servi de catalyseur (les attentes du marché se situant autour de 50%).
Le marché a transformé une simple projection de l'équipe de direction de Nvidia en scénario solide comme de l'acier : quasiment une chose acquise. Que se serait-il passé si Nvidia s'était contenté d'annoncer 55%, ce qui aurait déjà surpassé les attentes les plus folles et ce qu'à peine 1% des entreprises américaines peuvent espérer dans un scénario de croissance idéal ?
Après Nvidia, c'était au tour de Marvell de publier : l'entreprise a présenté des perspectives supérieures aux attentes pour son 3e trimestre, portée par la demande pour ses puces personnalisées et ses équipements de réseau destinés aux centres de données d'intelligence artificielle. Malgré ces prévisions solides, l'action reculait de plus de 1,5% après Bourse (après un recul de 1,5% dans la journée).
Autodesk dévisse de 7% après Bourse malgré un CA de 2,05 MdsUSD, contre 2,01 MdsUSD attendus, et un bénéfice ajusté en hausse de 26%, à 3,30 USD, dépassant largement les 3,12 USD attendus : les prévisions sont jugées trop prudentes alors que le titre se paye 18 fois ses ventes.
Côté chiffres, et contrairement à mercredi, les "stats" n'ont eu aucun impact mesurable, ni sur les actions, ni sur les taux d'intérêt, qui sont littéralement restés figés aux niveaux de la veille.
Le département du Travail des États-Unis dévoile une baisse surprise de 4 000 nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage, à 203 000, lors de la semaine du 24 août, alors que le consensus anticipait une stabilité autour de 208 000. La moyenne mobile sur quatre semaines, censée mieux refléter les tendances à l'oeuvre sur le marché de l'emploi, est ressortie, quant à elle, à 205 500, en baisse de 1 250 par rapport à la semaine précédente.
Enfin, le nombre de personnes percevant régulièrement des indemnités s'est élevé à 1 778 000 lors de la semaine au 17 août (dernière semaine pour laquelle ces chiffres sont disponibles), un chiffre en repli de 18 000, toujours par rapport au niveau révisé de la semaine précédente.
Tout semble pointer vers un marché du travail plus résilient que prévu, ce qui écarte une objection majeure contre une future hausse de taux.
Le chiffre le plus marquant ce jeudi est sans conteste celui du déficit de la balance commerciale des biens aux États-Unis : il s'est creusé de 17,5% en 1 mois pour atteindre 118,81 MdsUSD en juillet, au lieu des 100,5 MdsUSD attendus. Le Census Bureau précise que les exportations ont reculé de 2,9% en juillet, tandis que les importations ont fortement progressé, de 3,7%.
Les États-Unis font donc face à un double déficit record, fédéral mais aussi commercial : Kevin Warsh l'évoquera peut-être ce vendredi après-midi, depuis la tribune du sommet des banquiers centraux de Jackson Hole. Il devrait préciser les priorités de la FED pour cet automne : les probabilités d'une hausse de taux en septembre sont pratiquement de 50/50 et c'est presque 100% pour décembre. Au Japon, on approche des 80% en septembre.
Sur le front géopolitique, c'est l'impasse au Moyen-Orient : seule une dizaine de navires ont franchi Ormuz mercredi, soit 6% du trafic normal au cours des 12 mois précédant le conflit américano-iranien. La porte-parole de la Maison-Blanche confirme : "Aucune négociation n'est en cours actuellement, et cette situation perdurera jusqu'à ce que le président estime qu'ils sont prêts à revenir à la table des négociations."
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source : AOF
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