Hier à Wall Street : indices actions minés par la pression des taux
(Zonebourse.com) - Les allégements l'ont emporté ce mardi à New York, mais les écarts sont demeurés limités, avec -0,65% en moyenne pour le Nasdaq-100 (-0,61% à 28 819), le Dow Jones (-0,65% à 49 364) et le S&P 500 (-0,67% à 7 354), et -0,85% au pire pour le Nasdaq Composite. Les baisses l'ont emporté à une majorité des deux tiers, mais les pertes ont été freinées par des écarts de 3% sur Datadog, 3,7% sur ARM, 3,8% sur Sandisk et 4,4% sur Marvell Technology.
Wall Street succombe à la montée en flèche des rendements obligataires : le "10 ans" affiche désormais 75 points de base depuis le 27 février (à la veille des hostilités dans le Golfe persique) et la hausse atteint 38 points de base en parallèle avec l'ascension fulgurante des indices US.
À n'importe quelle époque depuis 1 siècle, le cocktail flambée des taux guerre pénurie énergétique doublement du taux d'inflation en 2 mois aurait envoyé Wall Street au tapis : au lieu d'un gain de 18% en 1 mois et demi, une perte de -10% aurait été jugée bénigne.
Mais 84% des sociétés du S&P 500 ayant publié leurs comptes ont dépassé les attentes de bénéfices, et la croissance des profits au 1er trimestre atteint son rythme le plus rapide depuis le 4e trimestre 2021 (reprise et effet "ketchup" après 18 mois de perturbations "Covid").
Mais la réaction de Wall Street, qui avait déjà flambé de 60% entre début avril 2025 et le 28 janvier pour le Nasdaq, semble refléter l'espoir que les bénéfices continuent d'accélérer au rythme actuel pour les principaux acteurs de l'IA durant encore 6 à 8 trimestres.
Pourtant, les marchés obligataires sont clairement en mode "alerte surchauffe" : il a fallu un nouveau "communiqué" (une nouvelle manipulation du "sentiment" des investisseurs) de Trump hier soir pour éviter que le "30 ans" US ne parte dans un scénario incontrôlable.
La manoeuvre de Donald Trump visant à écarter, au moins temporairement, le spectre d'une reprise des hostilités ce mardi - avec la mise en scène de la convocation de l'état-major américain dans la "Situation Room" - a brièvement rassuré Wall Street.
Mais dès ce matin, cet apaisement s'était dissipé : le pétrole était reparti de l'avant (WTI à plus de 104 USD), aucune perspective de réouverture du détroit d'Ormuz ne se dessine, tant les positions (et exigences) des principaux protagonistes semblent éloignées, antagonistes et inconciliables sous tous les aspects.
Le marché obligataire américain reste sous forte tension. Le rendement du Treasury à 30 ans a frôlé les 5,20%, à 5,193% ( 3,5 points de base ce soir, à 5,182%), un niveau inédit depuis le 13 juillet 2007.
Le 10 ans poursuit lui aussi sa remontée : après avoir franchi depuis une semaine le seuil symbolique des 4,5%, il gagne encore plus de 5 points de base à 4,673%. Le 2 ans atteint quant à lui 4,135% ( 4,5 points en séance, puis 3 points ce soir à 4,12%), retrouvant ses niveaux de février 2025, avant les baisses de taux de la Réserve fédérale.
Dans ce contexte tendu, malgré la forte remontée des taux hypothécaires en avril, les promesses de ventes de logements aux États-Unis ont néanmoins progressé de 1,4% en avril par rapport au mois précédent, selon les chiffres publiés par la National Association of Realtors (NAR), alors que le consensus tablait sur une hausse limitée à 1%. Par région, les ventes de logements en attente ont augmenté dans le Nord-Est, le Midwest et l'Ouest, mais ont reculé dans le Sud.
"Les acheteurs font preuve d'un optimisme prudent malgré l'incertitude économique croissante et une légère hausse des taux hypothécaires", souligne Lawrence Yun, chef économiste de la NAR. "La demande redeviendra nettement plus soutenue lorsque les taux hypothécaires reviendront aux niveaux plus faibles observés plus tôt cette année", ajoute-t-il.
La séance de mercredi pourrait constituer un tournant avec la publication des résultats trimestriels de Nvidia : les bénéfices seront historiques, ils battront tout ce qui a jamais été observé à Wall Street. Le chiffre d'affaires devrait s'accroître de 66% et pulvériser les 200 MdsUSD à fin 2026... mais la Chine a décidé de se passer des GPU "H-200" et prétend pouvoir s'appuyer sur une technologie (puces Huawei) et une architecture "maison", aussi performantes, mais considérablement moins onéreuses.
La question est de savoir si les "guidances" de Nvidia seront stratosphériques, démontrant demain que Jensen Huang estime que sa firme conservera plusieurs longueurs d'avance d'ici 2030 alors que l'IA se développe également à un rythme effréné en Chine... avec du matériel non occidental.
Et il ne faut pas non plus négliger l'impact de la flambée des taux qui se poursuit au Japon. Le rendement du 10 ans bondit de 8,5 points de base à 2,81%, tandis que le 30 ans atteint 4,15% ( 6,5 points de base) et que le 40 ans inscrit un nouveau record à 4,40% ( 6,3 points de base).
Une telle débâcle pourrait préfigurer des ventes de T-Bonds US afin de soutenir la dette nippone et empêcher son implosion : cela pourrait déclencher une réaction en chaîne sur les T-Bonds, avec un "10 ans" qui se tendrait vers 5,000%, faute d'acheteurs.
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source : AOF
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