Alerte rouge sur les places européennes, les banques centrales sous les projecteurs la semaine prochaine
(Zonebourse.com) - Dans un contexte géopolitique toujours aussi pesant, cette semaine boursière s'est achevée sur un repli continu des marchés européens hormis Amsterdam. Le conflit Etats-Unis-Israël-Iran est entré dans son 14ème jour, sans aucun signe d'accalmie. Au terme de la séance de ce vendredi, le CAC 40 a reculé de 0,91% à 7 911,53 points, enregistrant une troisième séance de suite dans le rouge. Sur l'ensemble de la semaine, l'indice phare parisien affiche une perte totale de 1,03%. L'Eurostoxx 50 a cédé 0,60% à 5 714,61 points. L'attention des marchés se tourne désormais vers les prochaines réunions de la Fed et de la BCE. Les deux institutions monétaires lèveront le voile sur leurs orientations de taux.
A Wall Street, les indices évoluent en ordre dispersé après la publication de nombreuses statistiques cet après-midi. Vers 17h50, le Dow Jones gagne 0,05%.
L'indice des prix PCE des Etats-Unis, surveillé de près par la Fed pour sa politique monétaire, est ressorti en progression annuelle de 2,8% pour le mois de janvier, en ralentissement donc par rapport à 2,9% le mois précédent. Le Département du Commerce, qui publie ces chiffres, précise cependant qu'en excluant l'alimentation et l'énergie, la hausse annuelle des prix PCE a, au contraire, légèrement accéléré, passant de 3% en décembre à 3,1% en janvier.
Selon le Département du Commerce, le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis n'a augmenté que de 0,7% en rythme annualisé au quatrième trimestre 2025, alors que les économistes attendaient globalement une confirmation de l'estimation précédente, qui était de 1,4%. La croissance de l'économie américaine a donc connu, en fin d'année dernière, un ralentissement nettement plus fort qu'estimé en première lecture, par rapport à un rythme de 4,4% enregistré au troisième trimestre.
De surcroît, le rapport JOLTS du Département américain au Travail a fait ressortir 6,946 millions d'ouvertures de postes en janvier. Il dépasse le consensus qui ciblait 6,760 millions. Un mois plus tôt, ces ouvertures de postes s'élevaient à 6,550 millions.
Sur l'évolution du bras de fer entre Américains et Iraniens, Mojtaba Khamenei s'est exprimé dans un premier message lu à la télévision d'État. Le nouveau Guide suprême a promis de venger les victimes de la guerre "jusqu'au bout". Appelant à maintenir fermé le détroit d'Ormuz et à boucler les bases américaines, le leader religieux a jugé qu'il n'y a "pas d'autre solution que de continuer" la guerre. Les Gardiens de la révolution ont alors promis de garder le détroit d'Ormuz fermé.
En outre, l'armée américaine affirme avoir frappé environ 6 000 cibles depuis le début de la guerre contre l'Iran. Parmi elles se trouvent plus de 90 navires iraniens.
L'envolée du pétrole
La flambée des prix du pétrole est la conséquence majeure des affrontements entre Washington et Téhéran.
Sur ce point, Fitch Ratings explique que "la croissance économique mondiale devrait rester stable cette année, à condition que le choc actuel sur les prix du pétrole ne se prolonge pas". Pour l'agence de notation, l'économie mondiale a bien résisté malgré une succession de chocs géopolitiques et de changements de politique aux Etats-Unis. La croissance mondiale a atteint 2,7% l'an dernier, un niveau proche de sa moyenne de long terme. En supposant que la récente hausse des prix du pétrole soit relativement brève, Fitch prévoit seulement un léger ralentissement en 2026 à 2,6%, révisé à la hausse par rapport aux 2,4% anticipés dans son analyse macroéconomique de décembre.
De son côté, Olivier Herbout, co-fondateur de Ramify (groupe spécialisé dans la gestion de patrimoine) indique que "selon l'International Energy Agency, la guerre en Iran pourrait provoquer la plus grande perturbation de l'histoire de l'approvisionnement mondial en pétrole". Les tensions au Moyen-Orient remettent ainsi au premier plan les risques inflationnistes, en particulier via la hausse des prix de l'énergie mais aussi à travers l'augmentation des coûts du transport maritime liée aux perturbations logistiques et à la hausse des primes d'assurance.
Pour les marchés, la question centrale reste celle de la durée de cette hausse du pétrole : s'agit-il d'un choc temporaire, lié à un épisode géopolitique aigu, ou d'une hausse plus durable susceptible d'alimenter l'inflation à moyen terme ?
"Le conflit au Moyen-Orient, et le choc énergétique qui en découle, risquent de faire grimper l'inflation de manière significative à l'échelle mondiale dans les mois à venir. C'est en tout cas l'hypothèse que l'on peut raisonnablement formuler si l'on se réfère aux précédentes périodes de conflit", estime Chris Iggo, directeur des investissements d'AXA IM Core chez BNP Paribas Asset Management. "Une hausse des rendements obligataires et une volatilité des taux d'intérêt s'ensuivent généralement, résultant bien souvent en un ralentissement de la croissance. Plus le conflit dure, plus l'impact est défavorable pour les marchés, avec un élargissement des spreads de crédit et une baisse des valorisations boursières", précise t-il.
Mercredi, les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont convenu à l'unanimité, de mettre à la disposition du marché 400 millions de barils de pétrole issus de leurs réserves d'urgence. Cette mesure vise à remédier aux perturbations des marchés pétroliers découlant de la guerre au Moyen-Orient. Les stocks d'urgence seront mis à disposition du marché selon un calendrier adapté à la situation nationale de chaque pays membre, et seront complétés par des mesures d'urgence additionnelles dans certains pays.
A la clôture des marchés, le Brent perd 0,16% à 101,59 dollars et le WTI gagne 0,49% à 96,83 USD.
Vivendi en léger repli, Worldline en hausse
Du cote de la cote ce vendredi, Vivendi a perdu 0,78%, figurant parmi les plus forts replis du SBF 120. Alors que le groupe spécialisé dans la production de contenus et le divertissement a affiché un chiffre d'affaires en hausse de 4,3 % pour l'année 2025 et renoué avec les bénéfices, la valeur de son portefeuille de participations cotées a fondu, passant de 6,89 fin 2024 à 5,53 MdsEUR fin 2025.
Worldline a fini en baisse de 4,8%, après avoir été jusqu'à bondir de 17% peu après l'ouverture. L'action avait grimpé au lendemain de l'annonce par le groupe de solutions de paiements du lancement de son augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription (DPS), ouverte à l'ensemble de ses actionnaires, pour un montant brut d'environ 392 MEUR, dans le cadre de sa restructuration financière.
"Si le montant est sans surprise, le prix de l'opération est excessivement bas (0,202 EUR, soit -87% de décote sur le dernier cours), ce qui va engendrer une dilution massive et bien supérieure à nos estimations (2 262 millions d'actions post operation contre 730 millions attendues)", prévient Invest Securities. A l'inverse, Alphavalue estime que l'opération permettra à la direction de se concentrer sur le redressement de l'activité et la mise en oeuvre du plan stratégique North Star 2030. Il considère en outre toujours Worldline comme "un dossier de restructuration risqué mais attrayant, dont les actifs recèlent une valeur cachée substantielle".
En Europe, après avoir bondi de presque 10% hier, le titre Zalando ( 6,95%) a signé la plus forte hausse de l'indice DAX 40 dans la foulée de la publication la veille de résultats annuels très bien accueillis par les analystes. Le groupe allemand spécialisé dans la vente de chaussures et de vêtements avait dévoilé hier matin des comptes du quatrième trimestre bien supérieurs aux attentes. Il s'attend à une accélération de ses résultats en 2026, et a confirmé ses objectifs à horizon 2028 et lancé un programme de rachat d'actions de 300 MEUR.
BCE et Fed sur le devant de la scène
La semaine prochaine, les regards seront tournés vers les banques centrales.
La Fed rendra sa décision de politique monétaire à l'issue de ses deux jours de réunion le 18 mars prochain.
"Nous prévoyons que la Fed maintiendra son taux directeur inchangé lors de la réunion de la semaine prochaine. Le FOMC est confronté au défi de mettre à jour ses perspectives économiques et monétaires dans un contexte d'incertitude importante, alimentée à la fois par la guerre en cours dans le Golfe et les inquiétudes concernant la résilience du marché du travail face à l'intelligence artificielle. Compte tenu de la durée imprévisible du conflit et de son impact sur les prix du pétrole et l'inflation, nous ne prévoyons pas de changements substantiels dans les projections économiques", souligne Paolo Zanghieri, économiste senior chez Generali Investments.
Le 19 mars, c'est au tour de la BCE de dévoiler sa décision comme la Banque d'Angleterre. "Nous prévoyons que la BCE maintiendra son taux directeur à 2% lors de sa réunion du 19 mars et qu'elle indiquera qu'elle ne tiendra pas compte des hausses temporaires des prix de l'énergie. Dans le même temps, la présidente Lagarde soulignera probablement l'extrême incertitude et enverra un message de vigilance et d'attente", a commenté Martin Wolburg, économiste senior chez Generali Investments.
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source : AOF
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