Drax s'envole à Londres : un accord à plus de 20 milliards de livres dans l'IA avec Brookfield
(Zonebourse.com) - Spécialisée dans les énergies renouvelables, la société britannique Drax s'envole de près de 8% à 868,50 pence à la Bourse de Londres ce mardi. Cette hausse fait suite à l'officialisation ce matin d'un accord signé avec Brookfield Asset Management (BAM, l'un des plus grands gestionnaires d'actifs alternatifs au monde, basé à Toronto au Canada) et Radiant, sa plateforme d'infrastructures d'intelligence artificielle (IA). Ensemble, les partenaires prévoient de développer un centre de données estimé à plus de 20 milliards de livres (environ 26,82 milliards de dollars) avec une première tranche d'investissement de 2,5 MdsGBP.
Ce projet est soutenu par la coentreprise d'infrastructure IA Brookfield-Qai (coentreprise stratégique formée entre le géant canadien de la gestion d'actifs Brookfield et Qai - Qatar AI -, entité d'investissement dédiée à l'intelligence artificielle soutenue par des capitaux qataris, dirigée par Abdulla Al-Misnad).
Ce complexe de centres de données sera conçu, bâti et exploité sur le site de la centrale de Drax, dans le Yorkshire du Nord en Angleterre.
Jefferies souligne que "Drax devrait fournir le terrain et assurer le raccordement électrique, Radiant piloter la conception et la commercialisation, tandis que Brookfield-Qai apporterait les capitaux et les capacités d'exploitation.
Un pilier énergétique au service de la souveraineté numérique
Pilier du réseau électrique britannique depuis plus de cinquante ans, la centrale de Drax a alimenté des millions de foyers et d'entreprises tout en faisant vivre des générations de salariés locaux. Ce partenariat colle aux ambitions de réindustrialisation et de souveraineté en IA portées par l'Etat. Pour la centrale, c'est à la fois une garantie d'avenir et un nouveau rôle : continuer de répondre aux besoins énergétiques du pays tout en soutenant l'économie locale et nationale.
Une montée en puissance progressive jusqu'après 2031
Le déploiement se fera en trois temps :
- Phase 1 : jusqu'à 100 MW visés, pour une mise en service début 2028.
- Phase 2 : montée en puissance progressive jusqu'à 500 MW entre 2028 et 2031.
- Phase 3 : extensions supplémentaires après 2031.
Le lancement de la première phase dépendra toutefois du respect du calendrier administratif : obtention des permis de construire, autorisations réglementaires et raccordements auprès du gouvernement et du gestionnaire de réseau, sans oublier la signature d'un locataire solide.
Un site déjà taillé pour le gigawatt
Le site dispose d'atouts majeurs : 400 hectares de terrain, 4 GW de capacité de raccordement au réseau, 2,6 GW de production pilotable déjà active et des systèmes de refroidissement déjà en place. A cela s'ajoute une connexion directe à la dorsale fibre britannique, idéale pour accélérer les chantiers sans mauvaises surprises.
Londres l'a affirmé : "Les pays capables d'héberger et d'alimenter ces centres de données seront les mieux armés pour préserver leur souveraineté, muscler leur économie et peser sur l'avenir de l'intelligence artificielle."
Les partenaires saluent d'ailleurs la nouvelle charte britannique sur les centres de données (Data Centre Covenant), pensée pour accélérer les raccordements et les autorisations sur les projets stratégiques. Selon eux, le site remplit toutes les cases : sécurité énergétique, retombées locales, respect des normes environnementales et soutien à la réindustrialisation.
Concertation locale et retombées territoriales
Enfin, pour ancrer le projet dans le territoire, les partenaires comptent créer un fonds d'aide communautaire volontaire, pensé en concertation avec les riverains de la centrale. Ce fonds s'ajoutera aux obligations légales et aux actions locales que mène déjà Drax. Une première phase de concertation avec les habitants démarrera très prochainement, avant le dépôt officiel des demandes de permis.
"Nous sommes fiers de nous associer à des acteurs majeurs de l'infrastructure d'IA sur ce projet. Il permettra de pérenniser le site, de préserver des centaines d'emplois, de maintenir un maillon essentiel de la sécurité énergétique britannique, de soutenir la croissance du Nord et de continuer à nous investir auprès des populations locales", a déclaré Will Gardiner, PDG du groupe Drax.
"S'il est mené à son terme, ce complexe pourrait devenir l'un des plus grands centres de données du Royaume-Uni, attirant des milliards d'investissements, accélérant la réindustrialisation du Nord et renforçant nos capacités souveraines en matière d'IA", précise le dirigeant.
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source : AOF
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