Ukraine: Zelensky craint un très lourd bilan après la frappe russe de lundi dans le Sud
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit mardi craindre que plus de cinquante personnes soient toujours sous les décombres au lendemain d'une attaque russe lors d'une distribution d'aide humanitaire ayant fait au moins 33 morts dans la région de Zaporijjia (sud-est).
Selon Kiev, plusieurs bombes planantes, une arme particulièrement destructrice, ont été lancées lundi sur la localité de Komychouvakha, située à une quinzaine de kilomètres du front dans la région de Zaporijjia.
"Une seule frappe a fait 33 morts. Cinq personnes ont été secourues, et plus de 50 pourraient encore être coincées sous les décombres", a déclaré M. Zelensky mardi, à Berlin où il se trouvait en déplacement.
Il a dénoncé une "frappe effroyable", alors même que des négociations pour tenter d'y mettre fin doivent reprendre en novembre avec Moscou.
"Les Russes ont lancé la première frappe juste au moment où les gens arrivaient — plusieurs bombes aériennes. Puis il y a eu une autre frappe — davantage de bombes aériennes, visant cette fois l'abri (...) où des gens s'étaient réfugiés", s'est indigné lundi M. Zelensky.
Ces frappes ont anéanti "tout espoir de progrès vers la paix", a-t-il dit, affirmant y voir "une preuve supplémentaire que la Russie ne veut ni désescalade ni véritable justice".
"Soit les forces armées russes savaient qu'une distribution humanitaire avait lieu, soit elles n'ont pas pris les mesures les plus élémentaires pour s'en assurer", a dénoncé de son côté Danielle Bell, directrice de la mission d'observation des Nations unies en Ukraine.
"Des corps, des corps"
"Beaucoup de mes proches et de mes connaissances ont été tués. Les opérations de recherche sont toujours en cours — des corps, des corps, des corps", a témoigné auprès de l'AFP Edouard Baly, père d'un secouriste blessé.
Andriï Sekh, chef du service des grands brûlés d'un hôpital local décrit de son côté les blessures d'une patiente arrivée dans son service: "brûlures couvrant 81 % de la surface corporelle", "traumatisme par explosion, multiples fractures du massif facial, brûlure extrêmement sévère".
Plus de quatre ans et demi après le début de l'invasion russe de l'Ukraine, des négociations entre Kiev, Moscou et Washington doivent reprendre les 10 et 11 novembre aux Emirats arabes unis, sous médiation américaine.
Volodymyr Zelensky a dit espérer que ces pourparlers pourraient aboutir à une rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine.
A Berlin, il a évoqué avec le chancelier Friedrich Merz le soutien de l'Allemagne à l'Ukraine, avant une rencontre mi-novembre, également dans la capitale allemande, de la coalition des volontaires pour l'Ukraine, qui rassemble les pays soutenant Kiev.
A la veille d'élections américaines de mi-mandat très scrutées, l'émissaire américain Steve Witkoff avait annoncé que les discussions à Abou Dhabi porteraient "sur les dispositions de sécurité d'après-guerre, la désescalade, les efforts humanitaires et les prochaines étapes vers la paix".
Le Kremlin a confirmé mardi la tenue de ces négociations.
Steve Witkoff a aussi précisé que les négociateurs américains se rendraient dans la semaine à Bruxelles pour y rencontrer "les représentants de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de l'Union européenne et de l'Otan pour discuter des garanties de sécurité pour l'Ukraine".
Trêve américaine
Parallèlement, les frappes nocturnes russes se sont poursuivies en Ukraine.
À Kharkiv, dans le nord-est du pays, des bombardements ont frappé un hôpital dans la nuit de lundi à mardi, faisant au moins 73 blessés, selon le dirigeant ukrainien.
L'armée de l'air ukrainienne a indiqué que la Russie avait lancé dans la nuit plusieurs missiles balistiques, 59 missiles de croisière et 289 drones d'attaque, dont 120 à réaction, contre le territoire ukrainien.
La Russie a également repris les bombardements dans la région de Kherson (sud), après une rare trêve locale négociée pour évacuer la ville d'Olechky, confrontée à une crise humanitaire.
Cette trêve avait été annoncée par la Première Dame des États-Unis, Melania Trump, dont l'équipe a par ailleurs annoncé mardi qu'elle allait "personnellement réunir des représentants de la Russie et de l'Ukraine à la Maison Blanche".
Aucun détail n'a été donné sur la composition des délégations ni sur les modalités de la rencontre. Melania Trump doit s'exprimer jeudi matin sur ce sujet.
Dans ce contexte, les alliés de Kiev réunis au sein de la Force multinationale pour l'Ukraine ont annoncé qu'ils mèneraient du 9 au 22 novembre en Pologne un exercice grandeur nature destiné à éprouver leur aptitude à se déployer et opérer ensemble sur le terrain.
Quelque 2.800 militaires de dix pays seront déployés à cette occasion sous la houlette de la France et du Royaume-Uni.
Côté russe, le maire de Moscou Sergueï Sobianine a fait état de 493 drones ukrainiens neutralisés dans la nuit alors qu'ils volaient en direction de la capitale. Une frappe a touché une raffinerie à Iaroslavl, au nord-est de Moscou, selon le gouverneur local, Mikhaïl Ievraïev.
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