Israël veut frapper la banlieue sud de Beyrouth, réunion du Conseil de sécurité de l'ONU
Israël a ordonné lundi des frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah pro-iranien, intensifiant son offensive terrestre au Liban, où l'armée israélienne mène son incursion la plus profonde chez son voisin depuis deux décennies.
A la demande de la France, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence lundi, le président Emmanuel Macron estimant que "rien ne justifie l'escalade majeure en cours au Sud Liban". L'UE a aussi appelé Israël à cesser son "escalade militaire" au pays du Cèdre.
Téhéran, en pleine négociation avec Washington pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, a réitéré lundi que tout accord était conditionnel à un cessez-le-feu au Liban, où une trêve est censée être en vigueur depuis le 17 avril.
Il a argué de "violations répétées du cessez-le-feu" par le Hezbollah et d'attaques "contre nos villes et nos citoyens".
Le Hezbollah a revendiqué lundi une attaque aux missiles contre un objectif militaire dans la région de Tibériade, dans le nord d'Israël. Il vise aussi régulièrement des positions israéliennes dans le sud du Liban.
Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a prévenu qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans un arrêt des attaques du Hezbollah.
Des journalistes de l'AFP ont vu des centaines de familles quitter la banlieue sud, à pied, à moto ou dans des voitures, chargées d'oreillers et de sacs.
"Panique générale"
"Nous avons immédiatement quitté la banlieue", a déclaré à l'AFP Hadi, un employé de 24 ans, qui était rentré chez lui à la faveur de la trêve, affirmant que les déclarations israéliennes "ont provoqué une panique générale".
Plus de 350 personnes avaient été tuées le 8 avril dans des frappes israéliennes massives sur le Liban, dont une majorité dans la région de Beyrouth.
En mai, deux frappes avaient visé la banlieue sud de Beyrouth et le sud de la capitale, Israël affirmant qu'elles étaient dirigées contre des responsables du Hezbollah.
Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche la prise de la forteresse Beaufort dans le sud du Liban, parlant d'un "tournant majeur" des opérations israéliennes et appelant les forces israéliennes à étendre leur "emprise sur les zones qui étaient sous le contrôle du Hezbollah".
La capture de cette citadelle datant du XIIe siècle, site stratégique surplombant le sud du Liban et une partie du nord d'Israël, ouvre la voie à une progression de l'armée vers la région proche de Nabatiyé. Il s'agit de l'incursion la plus profonde en territoire libanais depuis 2006, lors d'un précédent conflit.
La guerre au Liban a débuté le 2 mars avec une attaque du Hezbollah contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines contre l'Iran.
"Plan clair"
L'armée israélienne a poursuivi par ailleurs lundi ses frappes dans le sud, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
Elle y a ordonné l'évacuation d'une quinzaine de villages, selon un porte-parole arabophone de l'armée, Avichay Adraee.
M. Katz a indiqué que l'armée israélienne cherchait à faire de la zone du fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière, "une zone placée sous contrôle sécuritaire" de l'armée.
Alors que son pays doit tenir de nouvelles discussions avec Israël mardi et mercredi à Washington, le président libanais, Joseph Aoun, a condamné les dernières opérations israéliennes, dénonçant une "agression féroce".
Dans ce contexte, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'est entretenu avec Joseph Aoun et Benjamin Netanyahu à propos des négociations entre les deux pays auxquelles s'oppose le Hezbollah.
"Afin de faire avancer ces pourparlers, les Etats-Unis ont proposé un plan clair: le Hezbollah doit mettre fin à toutes ses attaques contre Israël. En contrepartie, Israël s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", a déclaré un responsable américain dimanche soir.
Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 3.412 personnes ont été tuées au Liban et plus d'un million déplacées, selon Beyrouth. Le bilan est de 26 morts dans les rangs de l'armée israélienne, après la mort d'un nouveau soldat lundi.
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