user_config.browser.messages.your_browser (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) user_config.browser.messages.is_obsolete. user_config.browser.messages.please_upgrade.      
8 114.84 PTS
+0.53 %
8 073.0
+0.87 %
SBF 120 PTS
6 158.21
+0.65 %
DAX PTS
24 292.38
+1.41 %
Dow Jones PTS
49 652.14
+1.62 %
27 452.12
+0.98 %
1.172
-0.08 %

Au Soudan, ces civils devenus secouristes et fossoyeurs par la force des choses

| AFP | 396 | news.votes.none
Un bénévole soudanais chargé de livrer des médicaments à domicile roule en moto à Khartoum, le 18 avril 2026
Un bénévole soudanais chargé de livrer des médicaments à domicile roule en moto à Khartoum, le 18 avril 2026 ( Khaled DESOUKI / AFP )

Transporter les morts et les blessés, préparer des linceuls pour les morts et faire à manger pour les vivants: au plus fort de la guerre à Khartoum, de nombreux civils se sont mis au service des victimes.

Au Soudan, dont le peuple a été "abandonné" par le reste du monde selon le plus haut responsable de l'ONU dans le pays, un immense réseau de bénévoles a été créé à travers le pays pour aider les Soudanais pris dans les combats entre l'armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

L'AFP a rencontré certains d'entre eux dans la capitale, qui a retrouvé un calme relatif après sa reprise par l'armée en mars 2025, lors d'un reportage sous escorte militaire, conformément aux règles du gouvernement.

La plupart des interviews ont néanmoins pu être menées à l'écart.

Des milliers de volontaires sont aussi mobilisés dans le reste du pays, qui reste en grande partie inaccessible aux journalistes en raison des combats qui y font encore rage.

L'étudiant infirmier

Nasser Nasr al-Din a 24 ans. Etudiant en économie, il est devenu par la force des choses pharmacien, puis infirmier, depuis deux ans. Son camp de base: l'hôpital Al-Nao à Omdourman, la ville qui jouxte Khartoum.

"Ici, tout le monde fait tout", raconte-t-il, devant la pharmacie qui fournit gratuitement des médicaments.

Photo montrant des Soudanais recevant des médicaments gratuits fournis par des bénévoles à l’hôpital Al-Nao d’Omdourman, le 18 avril 2026
Photo montrant des Soudanais recevant des médicaments gratuits fournis par des bénévoles à l’hôpital Al-Nao d’Omdourman, le 18 avril 2026 ( Khaled DESOUKI / AFP )

Des moments insoutenables, il en a vécus. Et ils semblent tourner en boucle dans sa tête comme cette mère de famille qu'il a tenté en vain de ranimer pendant deux heures, cette fillette qui se plaignait d'un mal de ventre alors qu'elle présentait une énorme plaie au ventre ou ce bombardement de l'hôpital dans lequel il a perdu un ami.

Il se souvient aussi du bombardement du marché bondé de Sabreen, en février 2025, quand une attaque des FSR a fait au moins 60 morts et plus de 150 blessés, selon l'ONU.

"Des bulldozers transportaient des tas de blessés. On ne pouvait pas s'occuper de tout le monde (...) Il y avait une mare de sang si grande qu'on ne pouvait même plus circuler".

Il n'a jamais pu retourner à sa vie normale, même pour rattraper ses examens universitaires. "Et si je partais et qu'il y avait quelqu'un à sauver ?", confie-t-il.

Le livreur héroïque

Oussama Ismail, 25 ans, en a bravé des tirs et des obus pour apporter des médicaments ou de la nourriture.

Des hommes marchent devant un bâtiment détruit à Khartoum, le 16 avril 2026
Des hommes marchent devant un bâtiment détruit à Khartoum, le 16 avril 2026 ( Khaled DESOUKI / AFP )

"On s'habitue aux balles. Oui, il y avait des bombardements, une roquette pouvait tomber derrière toi, des tirs devant mais il fallait livrer, c'était la seule chose qui comptait".

Depuis décembre 2023, il est un des responsables de la cuisine communautaire de Hoda Makki, l'une des dernières encore en activité.

Lui aussi se souvient de l'attaque au marché de Sabreen. "Il a fallu préparer des repas d'urgence, pour les blessés et leurs familles, et apporter des couvertures et tout ce dont ils avaient besoin."

La cuisinière

Depuis trois ans, Hoda Makki, 60 ans, se lève à 02h00 du matin et cuisine dans une énorme marmite des fèves, des lentilles ou du riz et parfois de la viande.

Au plus fort de la guerre, les cuisines communautaires ont constitué un vrai rempart à la famine.

"Les gens avaient faim, ils n'avaient pas d'eau, ils n'avaient rien, qu'est-ce qu'on aurait pu faire d'autre ?", lance-t-elle dans sa tunique traditionnelle à fleurs.

Aujourd'hui, les combats se sont calmés à Khartoum et les dons se sont taris. Elle ne cuisine donc plus que deux jours par semaine, pour ceux qui sont au chômage, alors que l'économie du pays est dévastée.

L'ingénieur fossoyeur

Un bénévole soudanais chargé des procédures d’inhumation des corps non identifiés à Khartoum examine des photos d’une victime à l’hôpital Al-Nao d’Omdourman, le 18 avril 2026
Un bénévole soudanais chargé des procédures d’inhumation des corps non identifiés à Khartoum examine des photos d’une victime à l’hôpital Al-Nao d’Omdourman, le 18 avril 2026 ( Khaled DESOUKI / AFP )

Ali Gebbai a 38 ans. Il est ingénieur en mécanique mais ces trois dernières années, il pense qu'avec son équipe ils ont pris en charge quelque 7.000 corps.

Au fil des combats, ils écumaient les rues pour récupérer les corps abandonnés. A chaque fois, ils publiaient une photo sur les réseaux sociaux pour les proches. Puis ils faisaient la toilette mortuaire et allaient les enterrer.

Le jour où le marché de Sabreen a été bombardé, ils se sont occupés de 54 corps, "certains en morceaux".

Lui aussi est basé à l'hôpital Al-Nao. Il est visiblement marqué par le corps calciné de ce nouveau-né qu'il montre sur son téléphone.

Il a commencé à s'engager au moment des manifestations pro-démocratie contre le président Omar el-Béchir, renversé en 2019.

"Nous sommes des révolutionnaires contre toutes ces inepties. On pourrait partir demain, mais notre pays a besoin de nous", lâche-t-il.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

news.label.interest
news.votes.container.count
news.votes.container.average 0
  • 0 news.votes.details.count
  • 0 news.votes.details.count
  • 0 news.votes.details.count
  • 0 news.votes.details.count
  • 0 news.votes.details.count
NEWS.LABEL.RELATED_ARTICLES_CATEGORY
Publié le 30/04/2026

Des harles bièvre traversent une route à Varsovie, en Pologne, le 28 avril 2026 ( Wojtek RADWANSKI / AFP )Aux premiers souffles chauds du printemps, des canards sauvages pointent leurs becs des…

Publié le 29/04/2026

Kajetan Grzelczak derrière son comptoir au café Andon à Stockholm, entièrement dirigé par l'IA, le 27 avril 2026 ( Jonathan NACKSTRAND / AFP )Dans un quartier résidentiel de Stockholm, un…

Publié le 27/04/2026

Cette photographie du 19 avril 2026 réalisée par l'agence nationale de presse officielle KCNA de la Corée du Nord et diffusée le 20 avril 2026 montre un test de missile balistique dans un lieu…

NEWS.LABEL.ALSO_IN_BD
Publié le 30/04/2026

La Bourse de Paris a enchaîné une quatrième séance consécutive de baisse, les investisseurs préférant rester prudents à l’approche de la décision de la Réserve fédérale et des…

Publié le 30/04/2026

Marge opérationnelle récurrente 2025/26 attendue à 12,6%

Publié le 30/04/2026

0,60 euro

Publié le 30/04/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l’analyse d’Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font l’actualité.