Taux souverains en zone euro : les trois moteurs de la hausse des rendements (AllianzGI)
(Zonebourse.com) - "Les rendements des obligations d'Etat de la zone euro ont continué à grimper lentement, et cette tendance ne peut plus s'expliquer uniquement par les prix de l'énergie", explique Jenny Zeng, CIO Fixed Income chez AllianzGI. L'analyste précise que "le sell-off observé en début d'année était facile à comprendre. La hausse des prix de l'énergie consécutive au conflit avec l'Iran a fait grimper les anticipations d'inflation et conduit les marchés à anticiper une politique plus restrictive de la part de la Banque centrale européenne (BCE)."
Alors que les marchés de l'énergie ont depuis récupéré une part significative de ce choc, ce n'est pas le cas des rendements souverains. En effet, les rendements de la zone euro se situent désormais au-dessus de leurs plus hauts niveaux du printemps, ce qui suggère que d'autres facteurs sont à l'oeuvre. Allianz GI en identifie trois.
L'impact du resserrement obligataire mondial
Le premier facteur sont les répercussions des tendances mondiales.
Les marchés obligataires ne fonctionnent pas en vase clos, et la réévaluation de la duration à l'échelle mondiale s'est inévitablement répercutée en Europe. La hausse des rendements aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Japon a exercé une pression à la hausse sur les coûts d'emprunt de la zone euro, indépendamment des fondamentaux nationaux de la région. Pour l'Europe, cela représente un resserrement importé des conditions financières, particulièrement difficile à gérer pour les pays les plus fragiles de la zone euro.
Des primes de risque gonflées par l'incertitude politique
Le second facteur est l'incertitude politique qui fait grimper les primes de risque.
Pour Jenny Zeng, "le débat budgétaire en France reste en suspens, et les investisseurs exigent une prime de risque croissante face à la perspective d'une dégradation des finances publiques à l'approche des élections présidentielles de 2027". De plus, selon elle, l'incertitude politique s'accroît également ailleurs en Europe : "bien que l'on soit loin d'assister à une répétition de la crise de la dette souveraine de la zone euro, les risques politiques persistants maintiennent les primes de risque à un niveau élevé."
Une reprise économique et une reflation encourageantes
Enfin, une zone euro résiliente offrant de bonnes perspectives de croissance constitue le troisième facteur, sans doute le plus important et le plus encourageant. "Malgré un contexte globalement négatif, les données économiques de la zone euro se sont discrètement améliorées. La croissance s'est stabilisée, les enquêtes se sont redressées après le recul observé au lendemain de la guerre en Iran. L'Allemagne montre enfin des signes plus convaincants de reprise après plusieurs années de stagnation, tandis que la croissance des bénéfices des entreprises s'accélère", observe Jenny Zeng.
Cette amélioration repose en grande partie sur la réorientation macroéconomique de l'Europe en faveur de la reflation intérieure et de l'investissement. Elle profite notamment aux secteurs au coeur de cette réorientation, qui disposent encore d'un important potentiel de rattrapage après une décennie marquée par les pressions déflationnistes et la faiblesse des résultats dans le sillage de la crise de la dette souveraine européenne.
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source : AOF
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