Qiulae Wong, une novice en politique au rôle clé dans les élections en Nouvelle-Zélande
C'est en postulant sur internet que Qiulae Wong a pris les rênes d'un petit parti centriste en Nouvelle-Zélande : quinze mois plus tard, l'ancienne consultante de KPMG le fait monter à 7 % des intentions de vote pour les élections législatives de samedi.
La présidente du Parti des Opportunités (TOP) prône une "politique pragmatique" pour lutter contre la polarisation, affirmant à l'AFP vouloir "faire baisser un peu la tension et simplement se concentrer sur l'avenir du pays".
Partout dans le monde, les partis traditionnels perdent du terrain dans les récentes élections, face à la montée en puissance des mouvements populistes prônant des politiques plus radicales.
Mais Qiulae Wong parie que les Néo-Zélandais vont aller à contre-courant de cette tendance car ce sont "des gens très solidaires et centristes".
"Nous croyons en une économie forte et un environnement prospère, et c'est pourquoi ce discours (du TOP) prônant la collaboration sur nos grands enjeux trouve un écho auprès de nombreux Néo-Zélandais", affirme cette femme de 38 ans d'origine chinoise et européenne et née aux Fidji.
À l'approche du scrutin de samedi, les sondages placent le Parti des Opportunités en position stratégique : les observateurs estiment que celui-ci sera en position de décider si le futur gouvernement sera formé par une coalition de gauche menée par le Parti travailliste ou une coalition de droite menée par le Parti national.
- Contre la polarisation -
Pour Richard Shaw, professeur de sciences politiques à l'université Massey interrogé par l'AFP, l'ascension du Parti des Opportunités est "remarquable", compte tenu de ses différences par rapport aux autres partis néo-zélandais et de l'inexpérience politique de Qiulae Wong.
Arrivée à la tête du TOP après avoir simplement répondu à une offre d'emploi en ligne, elle a vu les intentions de vote pour son parti passer de 1 % à 7 %, d'après les derniers sondages.
Si cela se concrétisait dans les urnes samedi et que le Parti des Opportunités parvenait à se hisser au-delà du seuil des 5 % pour entrer au Parlement, cela constituerait un cas inhabituel, depuis trois décennies, de percée d'une formation émergente qui n'est pas née d'anciens membres des deux grands partis (le Parti national et le Parti travailliste).
Qiulae Wong espère peser dans le paysage politique de la Nouvelle-Zélande, où l'actuel Premier ministre Christopher Luxon du Parti national a succédé en 2023 au travailliste Chris Hipkins, resté quelques mois à la tête du pays après le départ de Jacinda Ardern (2017-2023).
Lorsque le Parti des Opportunités a été fondé en 2016 par l'économiste Gareth Morgan, celui-ci avait déclaré que la formation ne chercherait pas à entrer au gouvernement, mais soutiendrait plutôt les projets de loi au cas par cas.
"Nous sommes ouverts à toutes les options", a pour sa part déclaré Qiulae Wong à l'AFP, "cela dépendra des autres politiques que les autres partis mettront sur la table et de l'orientation générale du gouvernement".
Interrogée plus spécifiquement sur la question de savoir si elle renoncerait aux accords de coalition pour imposer un gouvernement minoritaire, Mme Wong a répondu que "cela pourrait être une bonne chose pour la politique néo-zélandaise" et "encourager une plus grande collaboration entre les autres partis".
Les résultats préliminaires des élections législatives en Nouvelle-Zélande seront publiés samedi, avant que le décompte définitif ne soit rendu public à la fin du mois.
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