Pour le bloc gouvernemental, la non-campagne municipale
Un gouvernement discret bien que représenté sur les listes, des chefs de partis, Édouard Philippe et François Bayrou, avant tout engagés dans leur propre ville, et pas de stratégie commune: le camp gouvernemental fait profil bas pour les élections municipales, dernière étape avant l'ouverture des hostilités pour la présidentielle.
Rares sont les maires sortants ou les candidats à l'alternance à solliciter des visites de soutien de membres du gouvernement lors des élections municipales, scrutin local par excellence dans lequel les étiquettes partisanes sont souvent gommées des affiches de campagne.
Le cru 2026 ne déroge pas à la règle pour le camp gouvernemental tandis qu'au Rassemblement national, à la France insoumise, au PS et chez les Écologistes notamment, les chefs de partis multiplient les déplacements et les meetings de soutien.
Du côté du gouvernement, Sébastien Lecornu n'a pas prévu d'aller soutenir de candidats aux scrutins des 15 et 22 mars. Ce n'est pas son rôle, entend-on à Matignon. Difficile pour le Premier ministre, traditionnellement le chef de la majorité parlementaire, de porter un "socle commun" qui, bien souvent, se divise entre plusieurs candidats.
Une posture bien éloignée de celle des élections 2020, quand la macronie hégémonique au plan national ambitionnait de conquérir des villes et qu'Édouard Philippe, alors Premier ministre, tissait son réseau avec des maires de droite "compatibles".
A l'époque, Sébastien Lecornu, alors secrétaire d'État à la Transition écologique, conditionnait le soutien du parti présidentiel à un certain nombre de critères: contrat de maîtrise des finances locales avec le gouvernement, présence de macronistes sur les listes, pas d'étiquette PS ou LR...
Cette année, le camp présidentiel a revu ses prétentions à la baisse. Mais l'actuel gouvernement n'en est pas moins représenté sur les listes. Le Premier ministre "incite les ministres à s'engager sur des listes chez eux", comme il l'a récemment expliqué à la presse quotidienne régionale.
-"Campagne dépolitisée"-
Sans règle bien définie, le Premier ministre a laissé partir Rachida Dati, candidate à Paris. Mais Marina Ferrari (Sports), tête de liste à Aix-les-Bains (Savoie), Michel Fournier (Ruralité) aux Voivres (Vosges), Nicolas Forissier (Commerce extérieur) à La Châtre (Indre) ou encore Jean-Didier Berger (Intérieur) à Clamart (Hauts-de-Seine) sont restés au gouvernement.
Sébastien Lecornu est lui-même candidat en 3e position sur la liste du maire sortant François Ouzilleau dans son fief de Vernon (Eure). Gérald Darmanin est 2e sur la liste de la maire sortante de Tourcoing (Nord). Les ministres Françoise Gatel à Châteaugiron (Ille-et-Vilaine), Vincent Jeanbrun à L'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), Laurent Panifous au Fossat (Ariège), Anne Le Hénanff à Vannes (Morbihan) ou encore Benjamin Haddad, sur la liste de Rachida Dati à Paris, sont également candidats.
Du côté des partis également, prudence et discrétion. "La campagne est dépolitisée" et "l'allusion aux partis politiques est très mal vécue", témoigne un cadre du bloc central.
Cette semaine, le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, a entamé une tournée à la rencontre... de dirigeants européens. Pour les municipales, l'ancien Premier ministre a effectué plusieurs déplacements à Bordeaux, Strasbourg, Nantes... Il était samedi à Tours pour soutenir le candidat radical Christophe Bouchet. Plusieurs déplacements sont programmés avant le premier tour.
Chez Horizons comme au MoDem, Édouard Philippe et François Bayrou briguent avant tout leur propre succession. Hors de question pour eux de dévier de cette trajectoire locale. La route présidentielle d'Edouard Philippe passe par une délicate réélection au Havre. Et François Bayrou, à demeure à Pau, "ne veut pas être contaminé par la radioactivité nationale", explique un proche.
Chez Les Républicains (LR), le président du parti Bruno Retailleau s'est notamment rendu à Tours, Blois, Nantes, Nîmes et Marseille. Mais les déplacements se sont raréfiés depuis plusieurs semaines. "Les candidats rechignent à faire venir des figures nationales pour leur apporter leur soutien", selon un cadre du parti.
Tous se préparent à un entre-deux tours difficile autour de la question des alliances dans les municipalités où le bloc gouvernemental sera distancé. Le "ni-ni", ni vote pour le Rassemblement national ni pour La France insoumise, semble avoir cours dans le bloc central. Moins chez LR, sous forte pression du RN et de leur allié Eric Ciotti, Bruno Retailleau ayant désigné LFI comme "le premier danger pour la République".
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