Polémique autour de la chroniqueuse Fedorova : elle était en charge d'une "agence de propagande d'Etat" russe, "les choses n'ont pas changé", selon Macron
Le président français Emmanuel Macron a dit jeudi que la chroniqueuse russe Xenia Fedorova, accusée d'être la voix du Kremlin dans des médias français, était déjà au service de la "propagande d'Etat" russe en 2017 et que "les choses n'avaient pas changé" depuis.
"Je vous renvoie à ce que je disais à Versailles en juin 2017 assez clairement, en présence du président [russe Vladimir] Poutine, devant une personne qui était à l'époque en charge prétendument d'un média, mais qui était une agence de propagande d'Etat", a-t-il déclaré en référence à l'ancienne directrice de la chaîne d'information RT France (Russia Today), interdite dans l'Union européenne en 2022 dans la foulée de l'invasion russe en Ukraine.
"Les choses n'ont pas changé. Je pense la même chose", a-t-il ajouté au côté du président Jakov Milatovic lors d'une visite au Monténégro axée notamment sur la coopération en matière de lutte contre les ingérences étrangères.
Xenia Fedorova, qui défend régulièrement les positions du Kremlin dans les différents médias du milliardaire conservateur français Vincent Bolloré, a vu son titre de séjour renouvelé en France en 2024, ce qui a suscité de nombreuses réactions.
"Ce n'est pas le président, par une décision souveraine qui remet en cause les titres de séjour ou qui les donne. C'est une bonne chose. Il y a des règles et des procédures dans notre pays. Il faut qu'elles soient respectées", a expliqué M. Macron.
Le ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez avait déjà assuré qu'il n'y avait eu aucune "intervention" du gouvernement lors de la prolongation en 2024 de son titre de séjour.
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait déjà qualifié la chroniqueuse de "propagandiste patentée, qui sert de relais à la désinformation du Kremlin".
Des eurodéputés du groupe centriste Renew ont demandé depuis à l'UE de prendre des sanctions à l'encontre de Xenia Fedorova, "propagandiste russe notoire", coupable, selon eux, de la diffusion de "narratifs grossièrement manipulatoires sur la guerre en Ukraine et à l'égard de l'UE".
Edouard Philippe, ex-Premier ministre d'Emmanuel Macron et candidat à la présidentielle de 2027, a jugé que "relayer à Paris les positions de la Russie, c'est critiquer la position de la France".
Quant à Raphaël Glucksmann (gauche), patron de Place Publique et possible candidat à la présidentielle, il a jugé pour sa part qu'il fallait lui "retirer le micro" , estimant qu'il s'agissait d'une "agente russe" au service d'un régime qui "menace directement" l'Europe.
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