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Municipales à Paris: Dati prise en tenaille entre sa droite, sa gauche, et le risque judiciaire

| AFP | 208 | news.votes.none
La ministre de la Culture Rachida Dati le 5 février 2026, à Paris
La ministre de la Culture Rachida Dati le 5 février 2026, à Paris ( Thomas SAMSON / AFP )

Après un début de campagne tonitruant sur les réseaux sociaux, Rachida Dati, candidate de la droite à la mairie de Paris, traverse une zone de turbulences, prise en tenaille entre Pierre-Yves Bournazel sur sa gauche et Sarah Knafo sur sa droite, tandis que resurgit le risque judiciaire.

A six semaines du scrutin municipal, l'engouement suscité par ses vidéos virales, où elle apparaît notamment en tenue d'éboueur, semble s'être essoufflé.

L'irruption remarquée, en janvier, de l'eurodéputée Sarah Knafo, qui a su faire oublier son ancrage à l'extrême droite grâce à son slogan rassurant "La Ville heureuse", a contribué à reléguer au second plan celle qui est toujours ministre de la Culture.

Créditée de 27% dans un sondage Ipsos mi-décembre, Rachida Dati plafonne dans les derniers sondages aux alentours de 26% à 28%, distancée par Emmanuel Grégoire, donné entre 32% et 33%.

Sa longue intervention mi-janvier en prime-time sur BFMTV ne semble pas avoir non plus relancé la dynamique. Si bien que la maire du VIIe arrondissement pourrait se retrouver en difficulté au second tour faute d'arriver à creuser l'écart avec le challenger Pierre-Yves Bournazel, candidat d'Horizons et Renaissance, qui résiste à 14%, tandis que Sarah Knafo semble en mesure de se qualifier avec 10% des voix selon un sondage publié lundi.

Interrogée par l'AFP, la porte-parole de campagne de Rachida Dati, Nelly Garnier, relativise la percée Knafo. "Il y a eu un phénomène d'emballement médiatique autour de Sarah Knafo, mais la réalité c'est qu'elle prend surtout à Thierry Mariani", observe-t-elle. Le candidat RN est tombé dans les sondages à 4-5% des suffrages.

"Notre enjeu, c'est que les électeurs comprennent qu'on ne peut pas se permettre de dispersion des votes quand on veut une alternance de la droite et du centre. On a cet enjeu de pédagogie à faire", ajoute-t-elle.

Fébrilité

David Alphand, co-président du groupe de Rachida Dati au Conseil de Paris, préfère lui mettre en avant la "forte mobilisation" sur le terrain.

"Dans le XVIe arrondissement, qui est assez représentatif de l'ouest parisien, je n'ai jamais eu autant de bonnes volontés et de militants", souligne-t-il.

L'élu LR estime aussi que les Parisiens ne sont pas encore véritablement entrés dans la campagne. Quant aux sondages, il préfère retenir la "relative stabilité des socles électoraux", ne voyant pas de candidat se détacher réellement, et juge l'électorat Bournazel comme "le plus friable de tous".

Pourtant, la fébrilité monte dans les états-majors. La démission remarquée mardi de Paul Hatte, co-président du groupe pro-Bournazel au Conseil de Paris (cinq élus) qui a rallié le maire LR du XVIIe en dénonçant une "gauchisation" de son ex-favori, a ravivé les soupçons d'accords inattendus.

"L'hypothèse de cinq candidats au second tour est devenue crédible et l'équipe Bournazel essaye de +dealer+ avec la gauche pour l'élection du maire", s'est justifié M. Hatte auprès de l'AFP.

"Il y a très clairement un objectif affiché en interne: faire élire un maire de gauche au +troisième tour+ du Conseil de Paris", a embrayé sur X l'élue MoDem Maud Gatel, soutien de Dati.

Philippe Moreau-Chevrolet, professeur en communication à Sciences Po, juge toutefois cette situation "peu probable". "Dati a démarré très fort, mais Bournazel a pris du poids sur sa gauche en captant les macronistes alors que le calcul était qu'il abandonne".

Quant à Sarah Knafo, elle menace selon lui clairement Rachida Dati "en se positionnant sur des thématiques de droite comme l'automobile et la sécurité, sans se laisser +corneriser+ sur des sujets clivants comme l'immigration".

Selon cet observateur, Rachida Dati reste "très bonne en campagne" mais "n'engrange plus de points". Son plafonnement sous les 30% est peut-être aussi selon lui le signe que "la droite atteint là son plafond à Paris".

A mesure que le scrutin approche, le procès pour corruption de Mme Dati en septembre resurgit par ailleurs dans le débat. "Quand vous parlez aux soutiens de Rachida Dati, ils vous disent à bas mot que ses ennuis judiciaires, ça fait un peu tache d'huile", confie une membre de Renaissance.

Le constitutionnaliste Benjamin Morel souligne lui aussi l'enjeu: "Il est possible qu'elle soit déclarée inéligible, entraînant une démission d'office. Dès lors, la question devient +Qui devient calife à la place du calife?+".

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