Menton: prison ferme requise contre le directeur des ports, sursis simple contre le maire
Quatre ans de prison, dont un avec sursis, ont été requis jeudi à Marseille contre Mathieu Messina, personnage central dans l'affaire des détournements aux ports de Menton, et 3 ans de prison avec sursis contre son mentor, le maire de la ville Yves Juhel (LR).
Le procureur a également requis à l'encontre du maire, aujourd'hui âgé de 80 ans et qui ne se représente pas aux prochaines municipales, une amende de 50.000 euros, une inéligibilité de 5 ans avec exécution provisoire, l'interdiction d'exercer une fonction publique, la confiscation de 44.000 euros sur un compte saisi et l'affichage de la décision en mairie.
Contre Mathieu Messina, l'ancien adjoint aux finances d'Yves Juhel, propulsé à la tête des ports de Menton et qui a orchestré pour son train de vie personnel des détournements de fonds à hauteur de 870.000 au détriment de cet organisme, le procureur a réclamé, outre la peine de prison avec mandat de dépôt, une inéligibilité de 5 ans avec exécution provisoire et la saisie d'un bien immobilier.
Contre Eric Le Floch, l'ancien directeur des services de la ville de Menton, lanceur d'alerte qui a été à l'origine de l'enquête et a dénoncé un "système mafieux", le procureur a demandé une peine de 6 mois avec sursis, une amende de 5.000 euros et 3 ans inéligibilité, considérant qu'il avait accepté le premier détournement de fonds de 4.500 euros au détriment de la commune, destiné à rembourser des frais de campagne d'Yves Juhel.
M. Juhel était devenu maire en 2021 à la suite du décès de son prédécesseur, Jean-Claude Guibal. Le conseil municipal avait élu celui qui était soutenu par Christian Estrosi contre sa rivale Sandra Paire, elle aussi LR, mais proche d'Eric Ciotti. Une démission d'une partie des élus avait cependant contraint M. Juhel à passer par la case élection début 2022.
Or lors de sa campagne des dépassements de budget avaient entrainé le maire et son entourage à des détournements d'abord auprès de la commune puis auprès de la SPL qui entre temps avait été confiée à Mathieu Messina.
Contre quatre autres prévenus, issus de l'entourage de M. Messina, le procureur a requis des peines de prison avec sursis simple -entre 18 mois et 2 ans-, des amendes allant de 5.000 à 50.000 euros ainsi que des peines d'inéligibilité et des interdictions d'exercice pour trois d'entre eux.
Quatre autres personnes poursuivies dans ce dossier ont déjà été condamnées dans le cadre d'une comparution sur reconnaissance de culpabilité, sorte de plaider-coupable à la française.
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