Laurence Ruffin, novice en politique et première femme maire de Grenoble
Novice en politique, la cheffe d'entreprise Laurence Ruffin, élue dimanche première femme maire de Grenoble à la tête d'une coalition de gauche, est la "meilleure de la famille" et devrait siéger à Bercy, selon son frère, le député François Ruffin.
Une longue et fine silhouette souvent vêtue de rouge qui distribue des tracts sur les marchés de la capitale des Alpes: Laurence Ruffin, 48 ans, a dû se mettre en avant pendant la campagne pour se faire connaître du grand public de Grenoble, sa "ville de coeur" où elle réside depuis 2003.
A ce jour, l'Amiénoise d'origine, qui a connu Emmanuel Macron sur les bancs du collège, n'est affiliée à aucun parti politique mais sa candidature a reçu un appui discret du maire écologiste sortant Eric Piolle, qui avait annoncé de longue date qu'il s'en tiendrait à deux mandats.
Dimanche, elle a battu avec 56,59% des suffrages l'ancien maire (1983-1994) Alain Carignon, qui, à la surprise générale, s'était hissé en tête au premier tour (27,04% contre 26,33% pour Mme Ruffin). Un score serré qui l'a contrainte à conclure une alliance d'entre-deux-tours avec la liste LFI d'Allan Brunon et à se montrer plus offensive dans les ultimes jours de campagne en rappelant notamment aux Grenoblois les casseroles judiciaires de son rival.
Se présentant comme une "militante coopérative et dirigeante", elle dit avoir reçu dans le passé des propositions politiques "au niveau national" mais avoir opté pour l'échelon municipal parce que "c'est le bon niveau": "on peut se battre pour faire en sorte que nos idées se vivent au quotidien", fait-elle valoir.
C'est une femme "courageuse, pas une fille d'appareil, une grosse bosseuse", estime sous couvert d'anonymat un élu de gauche d'une ville limitrophe qui la connaît de longue date. "Pour se lancer en politique aujourd'hui, il faut une capacité d'indignation", salue-t-il.
Son frère aîné, le député (Ex-LFI) François Ruffin la dépeint comme "la meilleure de la famille", qui devrait selon lui "être ministre de l'économie". "Vous avez la chance d'avoir Laurence. Mon seul regret, c'est que vous allez en priver la France", a-t-il lancé lors d'une visite de soutien à Grenoble avant le premier tour.
Pour Alain Carignon, Mme Ruffin serait au contraire une "opportuniste de la ville", restée absente des débats municipaux des dernières années autour de la circulation ou de l'insécurité. "C’est trop tard ! Où étiez-vous Laurence Ruffin ?", l'a-t-il accusée lors de ses voeux aux Grenoblois.
Championne de natation
Diplômée en 2000 de la prestigieuse école de commerce Essec, Laurence Ruffin a démarré sa carrière dans le conseil en stratégie et dans l'industrie avant de bifurquer en 2003 dans l'univers de l'économie sociale et solidaire (ESS).
Depuis 2009, elle dirige Alma, une Société coopérative et participative (Scop), où les salariés sont les associés majoritaires, dont elle a quitté courant 2025 la direction générale pour en rester présidente.
Basée près du campus de Grenoble, la société est active dans l'édition de logiciels dédiés à l'industrie et au monde de la santé et emploie 186 personnes, dont une cinquantaine à l'étranger.
En 2022, Laurence Ruffin est élue vice-présidente de la Confédération Générale des Scop et des SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) où elle dit promouvoir une "citoyenneté économique" basée sur le "partage du pouvoir, des richesses, l'émancipation et l'impact environnemental".
Son élection en septembre pour mener une liste rassemblant une grande partie de la gauche écologiste et citoyenne aux municipales à Grenoble ne s'est pas faite sans heurts, l'adjointe au maire Lucille Lheureux affirmant avoir fait l'objet de "pressions" et d'"intimidations" pour la pousser à se retirer de la part de M. Piolle, qui a démenti.
Pour ce qui est de son futur mandat, Laurence Ruffin indique vouloir apporter un "changement de méthode", tout en se disant "fière de ce qui a été fait" par l'équipe sortante.
Parmi les promesses de campagne, celle qui fut championne de France de natation synchronisée par équipe UNSS en 1995 a évoqué une rivière Isère "baignable", une "brigade municipale contre la vacance pour mettre en oeuvre la réquisition" de locaux, ou encore la gratuité des transports en commun le weekend.
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