Eric Zemmour à la reconquête de sa candidature
Un livre, un film et un bon plan médias: Eric Zemmour se démultiplie en cette fin de printemps. A un an de la présidentielle, le quatrième homme de 2022 entend imposer l'évidence d'une nouvelle candidature et faire taire les rumeurs qui le voient "remplacé" par sa compagne Sarah Knafo.
Il n'est pas encore candidat mais c'est tout comme. La rampe de lancement est balisée: une interview au Figaro lundi, une heure d'entretien sur Cnews mardi, la une du JDnews mercredi, la matinale de franceinfo jeudi.
Autant en une semaine que depuis le début de l'année. Habitué au rythme tranquille d'une émission dominicale par mois, Eric Zemmour est soudain partout à la fois.
Le prétexte? La réédition ce mercredi de son best-seller "Le Suicide français", publié en 2014 chez Albin Michel et écoulé depuis à un demi-million d'exemplaires selon son nouvel éditeur, Fayard - propriété du milliardaire conservateur Vincent Bolloré qui avait propulsé l'ancien journaliste dans la course à l'Elysée il y a cinq ans.
Marginalisé par ses échecs électoraux, le président du parti Reconquête mise donc sur sa gloire passée, qu'il espère faire prospérer. Outre la version "actualisée" de son livre, une première traduction devrait aussi l'emmener aux Etats-Unis mi-juin avant la diffusion d'un documentaire adapté de son oeuvre fin juin sur Canal+ - toujours dans le giron du groupe Bolloré.
Bref, Eric Zemmour s'active. "Pour mobiliser", assure-t-il. Au service de sa propre ambition? Il s'en cache à peine: "j'ai tout le temps pour déclarer ma candidature", glissait-il début avril. Pas besoin de précipiter l'annonce, ce "moment important" qui "doit être solennisé (pour) être une réussite", insistait-il début mai.
Mais, primaire de la droite ou pas, "je serai candidat", avait-il répété à trois reprises, et "je vais présenter moi-même mon programme".
Knafo trace sa ligne
Justement, le programme, c'est Sarah Knafo qui s'en charge. Auréolée de sa campagne municipale remarquée à Paris, l'eurodéputée s'est attelée dès la fin mars à "construire le programme de l'union des droites".
Un mois plus tard, elle lançait le site "La plateforme pour la France" pour recueillir les contributions de ses électeurs et "intégrer les meilleures idées". La démocratie participative version extrême droite, avec sa photo et son immuable sourire en page d'accueil. Après la promesse d'une "ville heureuse" dans la capitale, l'esquisse d'un zemmourisme atténué?
La stratège semble parfois tracer sa propre ligne, comme lorsqu'elle avance "qu'il n'y a pas d'assistés en France" mais "un système vicié" qui "favorise l'inactivité" et qu'il "ne faut pas culpabiliser les gens".
Pas sûr que son compagnon endosse pareil discours. "Elle prépare le programme, évidemment je suis à ses côtés", souligne l'ex-polémiste tout en rappelant ses fondamentaux: la "défense identitaire" contre le "grand remplacement", le rejet d'un islam jugé "pas compatible avec la République", la "remigration" des délinquants et chômeurs étrangers mais aussi le "défi économique" englobant notamment "la question du travail et de l'assistanat".
Les divergences du couple font le délice de leurs adversaires, à commencer par un Rassemblement national sujet lui aussi aux dissonances entre ses deux champions Marine Le Pen et Jordan Bardella. Dans l'état-major du parti à la flamme, on se réjouit par avance de voir Eric Zemmour "remplacé par Knafo", et on se persuade qu'elle "peut faire moins" que celui qui avait tant bénéficié de son "côté provocateur et rentre-dedans ultra-antisystème".
Flairant le piège, la jeune femme répète à l'envi qu'elle ne veut "pas déclarer à sa place" la candidature d'Eric Zemmour et "espère que ce sera lui". L'auteur du "Premier sexe" concède pour sa part qu'il ne peut se passer du deuxième: Sarah Knafo "est déjà indispensable" et "elle sera un atout immense dans cette campagne".
Au point de lui proposer un ticket pour Matignon? "On peut l'imaginer" en Première ministre, dit-il, "elle aurait les qualités pour l'être".
■
Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count
- 0 news.votes.details.count