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Droits des femmes: manifestations partout en France, Gisèle Pelicot et sa fille à Paris

| AFP | 578 | news.votes.none
Une manifestante tient une pancarte sur laquelle on peut lire
Une manifestante tient une pancarte sur laquelle on peut lire "Foutez-nous la paix" lors d'une marche marquant la Journée internationale des droits des femmes, à Toulouse, en Haute-Garonne, le 8 mars 2025 ( Ed JONES / AFP/Archives )

"Partout, les femmes luttent": 200.000 personnes ont manifesté dimanche en France selon les organisateurs, autour de 110.000 selon des sources policières ; dont Gisèle Pelicot et Caroline Darian à Paris, pour défendre les droits des femmes, dénoncer les violences sexuelles et la montée du conservatisme.

Gisèle Pelicot, victime des viols de dizaines d'hommes organisés par son ex-mari et devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles, et sa fille Caroline Darian, ont rejoint le cortège parisien au moment où il s'élançait de Stalingrad, vers 14H30.

"On ne lâchera rien!", a lancé Gisèle Pelicot, acclamée par la foule. "Je suis extrêmement honorée d'être ici en présence de ma maman, qui envoie un vrai message d'espoir à toutes les victimes de France", a assuré Caroline Darian.

Le cortège parisien a rassemblé 130.000 personnes selon la CGT, 32.000 selon la préfecture de police.

En dehors de la capitale, les forces de l'ordre ont décompté 78.000 manifestants au total selon une source policière, les cortèges les plus mobilisateurs s'étant tenus à Lyon (9.600 personnes de source policière, 14.000 selon les organisateurs), Toulouse, Rennes, Bordeaux ou Marseille.

Quelque 150 rassemblements étaient prévus en France, selon le collectif organisateur, Grève Féministe.

"Gisèle PeliQueen"

Dans le cortège parisien mêlant hommes et femmes, où dominait le violet, beaucoup de pancartes dénonçaient les violences de genre. Plusieurs critiquaient le "sales connes" lâché par Brigitte Macron contre des militantes féministes en décembre.

Alice, 39 ans, venue avec ses enfants, voulait leur "expliquer" que c'est "important d'exprimer ce qu'on pense", qu'"en France, on est chanceuses, ce n'est pas le cas partout", a-t-elle dit à l'AFP.

Manifestation à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2026
Manifestation à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2026 ( Kenzo TRIBOUILLARD / AFP )

A Lille (3.300 manifestants selon la police, 5.000 selon les organisateurs) Jeanne Delplanque, 20 ans, étudiante et victime de violences conjugales, avait "à coeur" de manifester pour porter "la voix de toutes les femmes qui n'ont plus la leur" ou "n’ont pas trouvé le courage d'en parler", a-t-elle dit à l'AFP.

"Gisèle PéliQueen", "Not all men but a lot quand même", clamaient des pancartes dans la manifestation toulousaine, organisée dans la matinée.

Grève féministe veut exprimer sa "solidarité avec les femmes du monde entier qui subissent les guerres parce qu’elles en sont les premières victimes", a déclaré à l’AFP Alexandra Nougarede (FSU), non loin de manifestants arborant des drapeaux palestiniens ou libanais.

Sur "X", le président Emmanuel Macron a adressé un message "d’admiration aux femmes iraniennes. Leur courage force le respect et rappelle au monde entier que la liberté ne peut jamais être empêchée", a-t-il écrit.

"Danger" de l'extrême droite

Les manifestants venaient par ailleurs alerter sur le "danger" représenté selon eux par l'extrême droite, à l'approche des élections municipales, pointant un récent recul des droits des femmes dans le monde, notamment aux Etats-Unis.

"Nous sommes en alerte", a indiqué Sarah Durocher, du Planning familial, qui observe en France "des difficultés d'accès à l'avortement sur le terrain".

Des manifestants lors d'une marche marquant la Journée internationale des femmes à Lyon, le 8 mars 2026
Des manifestants lors d'une marche marquant la Journée internationale des femmes à Lyon, le 8 mars 2026 ( Alex MARTIN / AFP )

A Lyon, un important dispositif policier encadrait le cortège, après la mort de Quentin Deranque, militant d'extrême droite radicale battu à mort le 12 février dans cette ville.

"Le féminisme d’extrême droite n’existe pas", pouvait-on lire sur une pancarte, en référence au groupuscule identitaire Némésis, accusé par les associations féministes "d'instrumentaliser" la lutte féministe à "des fins racistes".

De son côté, Némésis a réuni quelque 300 personnes dans l'ouest de Paris, dont Marion Maréchal et Thierry Mariani, candidat RN aux municipales parisiennes.

A Paris, un petit cortège "féministe, antifasciste, antisioniste et antiraciste" a démarré à part, à l'appel notamment des collectifs #Noustoutes et Urgence Palestine, criant notamment "Gaza, l'Iran, Venezuela, non la guerre ne libère pas", avant de rejoindre le parcours officiel.

A Stalingrad, quelques dizaines de membres du collectif "Nous vivrons", qui lutte contre l'antisémitisme, se sont aussi rassemblés sans se mêler aux autres manifestants, a constaté l'AFP.

Des membres du groupe féministe FEMEN, participent à une manifestation devant le musée du Louvre, à côté de la pyramide du Louvre conçue par l'architecte sino-américain Ieoh Ming Pei, lors de la Journée internationale des droits des femmes à Paris, le 8 mars 2026
Des membres du groupe féministe FEMEN, participent à une manifestation devant le musée du Louvre, à côté de la pyramide du Louvre conçue par l'architecte sino-américain Ieoh Ming Pei, lors de la Journée internationale des droits des femmes à Paris, le 8 mars 2026 ( Kenzo TRIBOUILLARD / AFP )

Une vingtaine de militantes Femen ont elles mené une action à la mi-journée devant la pyramide du Louvre pour dénoncer "l'impunité, la criminalité et le déni total" des personnes impliquées dans l'affaire Epstein.

Dans tous les cortèges, l'émancipation économique des femmes, qui occupent des métiers moins rémunérateurs, davantage à temps partiel, était aussi en tête des revendications.

En Espagne, des milliers de personnes ont manifesté également dimanche pour défendre les droits des femmes mais aussi réclamer la fin de la guerre au Moyen-Orient.

vac-eva-sm-bur/cbn

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