Abaya à l'école : LFI accusée de "trahir" la laïcité en voulant revenir sur l'interdiction
Gabriel Attal, Edouard Philippe, Marine Le Pen... les candidats à la présidentielle ont pris à partie La France insoumise pour sa proposition de revenir sur l'interdiction de l'abaya à l'école, accusant le parti de Jean-Luc Mélenchon de s'attaquer plus largement au principe de laïcité.
Dimanche sur BFMTV, la cheffe des députés LFI, Mathilde Panot, a jugé "absurde" l'interdiction de l'abaya, rebondissant sur des images montrant "deux jeunes filles qui arrivaient avec exactement la même robe achetée exactement au même endroit, mais comme l'une avait l'air arabe on lui interdisait l'entrée", et pas l'autre.
Interrogée sur l'intention de LFI de revenir sur cette interdiction en cas de victoire de M. Mélenchon l'an prochain, la réponse a fusé: "Sur l'abaya ? Oui bien sûr".
A moins de huit mois de l'élection présidentielle, les réactions parmi les candidats ne se sont pas fait attendre.
"Mélenchon et LFI sont devenus les sous-traitants de l'idéologie islamiste qui prend en otage les Français musulmans", a lancé lundi matin Marine Le Pen sur X.
La candidate du Rassemblement national a accusé "l'extrême gauche" de vouloir "instiller partout le poison du communautarisme" (sic) et "excite(r) la concurrence des revendications identitaires au détriment de la communauté nationale".
En déplacement à Alès (Gard), l'ex-Premier ministre Edouard Philippe a aussi étrillé la proposition insoumise.
"La loi qui interdit le port des insignes religieux à l'école (...) est une bonne loi, elle est bien appliquée. Et je dois vous dire que la proposition de M. Mélenchon ou de Mme Panot de revenir sur ce dispositif m'apparaît être une trahison de la laïcité", a déclaré le patron d'Horizons à des journalistes.
Il s'est dit "consterné que quelqu'un qui se dit de gauche puisse trahir et fouler aux pieds le principe de laïcité et de surcroît à l'école".
"discrimination"
L'interdiction de l'abaya, tenue traditionnelle musulmane, est entrée en vigueur en septembre 2023, portée par Gabriel Attal (Renaissance), qui était alors ministre de l'Education et avait fait de cette décision un de ses marqueurs.
A gauche aussi, Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste, s'est dite défavorable à l'idée de relancer ce débat. "Ca a été réglé, l'abaya est interdit. Rouvrir ce débat-là encore sur les vêtements des femmes, pour se disputer sur ce sujet-là, non", a-t-elle jugé sur BFMTV. "C'est un stress pour les enseignants, ces changements permanents."
La loi de 2004 interdit "le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse" (voiles, kippas, grosses croix...).
Mais pour LFI, l'interdiction de l'abaya à l'école "est une discrimination", s'est insurgée sur BFMTV la députée insoumise Danièle Obono. "Tous les religieux ont expliqué qu'il n'y avait aucune signification religieuse à l'abaya", a-t-elle martelé.
Au cours de l'année scolaire 2024-2025, 4% des incidents graves signalés dans les écoles, collèges et lycées étaient liés à des atteintes à la laïcité, selon une note du service statistiques du ministère de l’Education nationale publiée en février, qui n’entre pas dans le détail de ces atteintes, abayas ou autres motifs.
Si Jean-Luc Mélenchon n'a pas directement commenté cette polémique, il avait déclaré la semaine dernière lors d'un discours devant des militants que "ceux qui sont musulmans et docteurs de la foi ont dit que l'abaya n'est pas une tenue islamiste".
Ces derniers jours, le patriarche insoumis a également reconnu avoir "changé d'avis" et évolué au cours des années sur la question du port du voile islamique, disant même avoir commis une "erreur terrible" lorsqu'il y était opposé.
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