A "L'Heure de vérité", Philippe ébauche une France à nouveau "commandée et gouvernée"
Pour une France à nouveau "commandée et gouvernée" : Édouard Philippe a franchi une nouvelle étape de sa campagne présidentielle jeudi lors de l'émission "L'Heure de vérité" en formulant quelques propositions, notamment sur le "travailler plus", la politique familiale et l'immigration légale qu'il souhaite réduire de moitié.
L'ancien Premier ministre était le premier invité de cette émission ressuscitée par France Télévisions, reprenant le titre du rendez-vous politique phare des années 1980.
Concurrencé par Gabriel Attal dans le bloc central --mais refusant toujours une primaire--, donné perdant au deuxième tour face à Marine Le Pen dans les sondages, le candidat Horizons, qui n'entend pas vivre à l’Élysée s'il est élu, a assuré avoir "réfléchi à ce que voulait dire exercer le pouvoir".
A savoir qu'"un président doit présider et non gouverner". Et poursuivre un objectif : "sortir" la France "de cette mauvaise passe" et "faire en sorte que ce pays soit commandé et gouverné".
Autrement dit : tourner la page de la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron, marquée par une instabilité chronique. En écartant sur la route de l'Elysée Marine Le Pen (RN) et Jean-Luc Mélenchon (LFI) qui "entraîneront le pays à la ruine" et "à l'affrontement".
Souvent accusé de temporiser, le candidat Horizons, a écarté toute "promesse inconsidérée", car "l'argent magique n'existe pas", et réaffirmé son mantra : "pour s'en sortir, il va falloir qu'on travaille tous un peu plus". "On vit un moment très sérieux", et même "dangereux", a-t-il souligné, refusant de "raconter des cracks" aux électeurs.
Il a notamment expliqué souhaiter exonérer de cotisations sociales les salariés qui acceptent de "travailler plus longtemps". "Le salarié va gagner plus parce qu'il n'y aura plus de cotisations sociales. Et l'entreprise va pouvoir disposer d'un coût du travail qui sera un peu moins élevé. Tout le monde y gagnera", a-t-il expliqué, évoquant une hausse de 1.000 euros annuelle pour un salarié au Smic.
Édouard Philippe souhaite par ailleurs "revoir totalement le système des allocations familiales" en aidant les familles "dès le premier enfant" et en proposant, pour "les classes moyennes", "une réduction d'impôt d'environ 3.000 euros" pendant "les trois années qui suivront la naissance d'un enfant".
-"Diviser par deux l'immigration légale"-
Interrogé sur les finances publiques, le candidat Horizons a dit vouloir ramener "significativement" le déficit "en dessous de la barrière des 3%, c'est-à-dire 2%" à la fin de son quinquennat. En faisant porter l'effort pour 50% sur les dépenses sociales et à 25% sur les collectivités.
Il a défendu la réforme des retraites dévoilée la semaine dernière, qui élèverait progressivement la durée de cotisation à 45 annuités et l'âge légal de départ à 65 ans, dont un tiers des salariés seraient exonérés. Sans vouloir dire à ce stade si cette réforme serait adoptée au Parlement, par référendum ou par ordonnance, et en rappelant qu'elle comprendrait une phase de concertation avec les partenaires sociaux.
M. Philippe a par ailleurs indiqué ne pas vouloir remplacer un fonctionnaire sur trois partant à la retraite, ce qui équivaut à 250.000 postes supprimés sur cinq ans.
Il a ensuite expliqué vouloir présenter, après les élections législatives qui découleraient d'une dissolution s'il était élu, "une vingtaine d'ordonnances" qui auraient vocation à entrer en vigueur "dès l'automne (afin) de pouvoir cesser cet état d'indécision, d'indétermination dans lequel vit le pays depuis au moins 2024".
En 2025, il avait évoqué des ordonnances dans les domaines de la justice, de l'éducation et de la santé.
Le maire du Havre a par ailleurs expliqué vouloir "diviser par deux l'immigration légale" pour revenir "dans l'épure de ce qui existait avant 2010, c'est-à-dire largement inférieur à 200.000" titres de séjour délivrés chaque année. "Il faut donc admettre que l'immigration est trop importante", a-t-il dit, jugeant également le droit d'asile "dévoyé".
Au plan international, il a réaffirmé son soutien à l'Ukraine, en soulignant que "le seul élément décisif de la conduite de la politique extérieure, c'est l'intérêt de la France". Il a dit son "désaccord majeur" avec la politique menée par le gouvernement israélien et le "carnage" perpétré à Gaza, qu'il n'a pas qualifié de génocide.
Interrogé sur sa stratégie pour s'imposer au centre-droit, Edouard Philippe a de nouveau écarté l'hypothèse d'une primaire. Et dit vouloir un rassemblement "de la droite et du centre, et peut-être le moment venu au-delà".
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