Wall Street : SpaceX, nouvelle star du Nasdaq
Mais les indices hésitent sur de nouveaux commentaires de Trump
La cote américaine affiche quelques hésitations désormais ce vendredi, sur des commentaires perturbants de Donald Trump au sujet de l'Iran, et au lendemain d'un puissant rallye alimenté par... les espoirs d'accord avec Téhéran. Le Dow Jones ne prend plus désormais que 0,33% à 51.017 pts, tandis que le S&P 500 fléchit de 0,09% à 7.387 pts et que le Nasdaq trébuche de 0,44% à 25.699 pts. Hier soir, le Nasdaq s'était enflammé de 2,54% et le Dow Jones de 1,86%, Trump ayant "annulé" les frappes sur l'Iran et signalé pour la énième fois (la dernière ?) qu'un accord de paix serait imminent et pourrait être signé dès ce week-end...
Trump semble toutefois changer encore de ton concernant l'Iran, alors qu'il avait agité pourtant hier l'espoir d'un accord complet et imminent. "Les termes divulgués par l'Iran aux médias mensongers n'ont absolument rien à voir avec ceux qui avaient été convenus par écrit. Leurs déclarations, notamment leur pitoyable affirmation d'avoir conclu un accord, sont totalement mensongères. Ce sont des gens malhonnêtes. Avec eux, la bonne foi est un concept étranger. C'est incroyable ! De plus, leur attaque de drone, totalement déjouée, contre des navires indiens quittant le détroit d'Ormuz la nuit dernière est absolument inacceptable. Ils feraient mieux de se ressaisir, et vite", a donc lancé Trump il y a quelques instants sur son réseau Truth Social.
Les cours du brut reculent un peu, le baril WTI cédant 1,4% à 86,4$. Trump a indiqué hier que le deal présumé concernant l'Iran impliquerait une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz. Il a déclaré hier soir à la Maison Blanche que les États-Unis venaient de conclure un excellent accord dans le conflit avec l'Iran, ajoutant qu'une signature pourrait avoir lieu dès ce week-end en Europe, en présence du vice-président JD Vance.
Du côté iranien, le ton est toutefois resté plus prudent. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a expliqué que de larges parties de l'accord avaient été finalisées, tout en précisant qu'aucune décision définitive n'avait encore été prise. "Nous ne sommes pas parvenus à une conclusion finale sur cette question", a-t-il dit, ajoutant que le dossier faisait toujours l'objet d'un examen par les instances décisionnelles compétentes. Téhéran insiste notamment sur le respect de ses "lignes rouges".
Le locataire de la Maison Blanche a répété hier que tout accord devait garantir que l'Iran ne puisse jamais se doter de l'arme nucléaire. "L'essentiel est qu'il n'y aura pas d'armes nucléaires en Iran. Cela signifie ni développées ni achetées", a-t-il souligné lors d'un événement de campagne. Téhéran continue de nier toute volonté de développer une arme atomique. En échange, l'Iran réclame notamment la levée des sanctions internationales, le déblocage de plusieurs milliards de dollars d'avoirs gelés et la reconnaissance de son contrôle sur le détroit d'Ormuz.
L'accalmie géopolitique relative tombe bien pour SpaceX, qui entre en bourse ce jour sur le Nasdaq. Il s'agit de la plus grande introduction en bourse de tous les temps, la levée de fonds et la capitalisation initiale étant attendues record.
La pause géopolitique semble aussi dissiper momentanément les craintes concernant les taux de la Fed et l'inflation. L'indice américain des prix à la consommation du mois de mai 2026 publié cette semaine s'est affiché en croissance de 0,5% d'un mois sur l'autre et de 4,2% sur un an, comme attendu. Hors alimentaire et énergie, l'IPC a progressé de 0,2% par rapport au mois d'avril et de 2,9% sur un an, niveau également en ligne avec les anticipations des économistes de la place. Notons tout de même que l'inflation globale dépasse les 4% pour la première fois en trois ans.
L'indice américain des prix à la production du mois de mai publié hier a augmenté de 1,1% d'un mois sur l'autre et de 6,5% sur un an, contre un consensus de +0,7% par rapport à avril et +6,4% en glissement annuel. Hors alimentaire et énergie, l'indice des prix à la production s'est apprécié de 0,4% d'un mois sur l'autre et 4,9% sur un an (+0,4% de consensus par rapport au mois antérieur). Ainsi, l'inflation américaine "de gros", alimentée par les prix de l'énergie, ressort pour sa part au plus haut de quatre ans.
L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois de juin 2026 s'est affiché à 48,9, contre 47,8 de consensus de place selon FactSet et 44,8 un mois avant. L'indice des anticipations d'inflation à un an a reculé quelque peu à 4,6%, contre 4,8% de consensus et 4,8% en mai.
Les valeurs
Adobe, le groupe software américain, corrige de 6,5% à Wall Street. Le groupe a annoncé des résultats du 2e trimestre supérieurs aux attentes de marché, évoquant par ailleurs le départ de son directeur financier Dan Durn - qui rejoint Marvell Technologies. Sur le trimestre clos, les revenus ont progressé de 13% à 6,62 milliards de dollars, pour un bénéfice ajusté par action de 5,96$. Le consensus était d'environ 6,5 milliards de recettes et 5,8$ de bpa ajusté. Adobe anticipe pour l'exercice un bpa ajusté de 24,35 à 24,45$, pour des revenus de 26,5 à 26,6 milliards. Sur le 3e trimestre juste entamé, les revenus sont anticipés entre 6,67 et 6,72 milliards, pour un bpa ajusté de 6,05 à 6,10$.
Lennar (-3,1%), le promoteur immobilier américain, a publié pour son 2e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 1,31$, au-dessus du consensus, contre 1,9$ sur la période correspondante de l'an dernier. Les revenus ont été de 7,94 milliards de dollars, ratant en revanche le consensus de place, alors qu'ils se situaient à 8,38 milliards de dollars un an auparavant. Les livraisons de logements ont augmenté de 2% à 20.519 unités, mais le prix moyen de vente a chuté de 5%. Stuart Miller, président exécutif et DG, a déclaré que le trimestre avait été marqué par les mêmes vents contraires tenaces qui ont mis à l'épreuve le marché du logement au cours des dernières années : des taux d'intérêt constamment élevés, une accessibilité limitée et un sentiment de consommation prudent, exacerbés par l'incertitude géopolitique et l'inflation.
Sur son 3e trimestre, le groupe anticipe les livraisons de 20.500 à 21.500 logements, sur un prix moyen de vente de 375.000 à 380.000$. Le groupe abaisse sa guidance annuelle de livraisons entre 82.000 et 83.000 logements.
Nvidia (+0,2%) a informé ses clients chinois que ses nouveaux processeurs centraux 'Vera' pour les centres de données IA pourraient être disponibles dès août et qu'ils peuvent commencer à passer des commandes, indique Reuters, citant des sources proches du dossier. Selon certaines sources de Reuters, des clients chinois ont manifesté leur intérêt pour la puce Vera, le premier processeur (CPU) autonome de Nvidia conçu pour l'IA agentique. Lors de la présentation de Vera en mars, Huang prévoyait qu'elle deviendrait le prochain secteur d'activité à succès de l'entreprise.
SpaceX. Le prix de l'introduction en bourse historique de SpaceX sur le Nasdaq a été confirmé hier soir à 135$ pièce, ce qui ferait ressortir une capitalisation de 1.750 milliards de dollars après cette levée de fonds voisine de 75 milliards. Le groupe propose de vendre 555.555.555 titres, avec une option de surallocation éventuelle de 83.333.333 actions qui gonflerait la levée de capitaux de 11,2 milliards de dollars. Le titre cotera cet après-midi sur le Nasdaq sous le symbole 'SPCX'. L'offre a été largement sursouscrite. Elle constituera un test majeur, alors que deux autres IPO record sont attendues plus tard cette année, celles des startups d'IA OpenAI et Anthropic.
Les échanges pré-IPO de produits dérivés liés à SpaceX laissent présager selon Bloomberg une hausse... de 30 à 50% du cours pour l'entreprise d'Elon Musk spécialisée dans les fusées, les satellites et l'intelligence artificielle, alors que les investisseurs particuliers affluent.
Les produits dérivés proposés par le courtier en ligne IG International affichaient une capitalisation boursière de 2.400 milliards de dollars vendredi matin à Singapour, soit une progression de plus de 35% par rapport au prix de 135$ et à la valorisation de 1.770 milliards de dollars lors de l'introduction en bourse. Les contrats à terme perpétuels liés à SpaceX, des contrats sans date d'expiration, s'échangeaient autour de 180$ sur la plateforme de cryptomonnaies Hyperliquid, ce qui impliquait une valorisation de plus de 2.300 milliards, note encore Bloomberg. Les traders de Polymarket estiment à 70% la probabilité que SpaceX clôture au-dessus de 2.000 milliards de dollars de capitalisation boursière dès son premier jour de cotation, relève l'agence...
Les investisseurs particuliers ont passé des ordres d'achat pour un montant supérieur à 100 milliards de dollars en vue de l'introduction en bourse, a rapporté l'agence jeudi. L'entreprise devrait leur réserver au moins 20% des actions disponibles, selon des sources de Bloomberg proches du dossier.
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