Wall Street sous pression en attendant Nvidia
Alors que les craintes économiques et géopolitiques persistent
Wall Street reste sous pression avant bourse ce mardi, alors que les opérateurs demeurent nerveux, à l'écoute du marché obligataire et des rumeurs relatives à l'Iran. Le Dow Jones cède 0,2%, alors que le S&P 500 fléchit de 0,3%. Le Nasdaq perd 0,6%. La cote américaine reprend son souffle suite à la série de records des dernières semaines et en particulier au rallye des valeurs des semi-conducteurs. Donald Trump s'est par ailleurs montré une fois de plus menaçant concernant l'Iran, mais les marchés pricent toujours un "TACO" (pour 'Trump Always Chickens Out' ou 'Trump se déballonne toujours').
Le président américain a exhorté Téhéran à agir au plus vite. "Pour l'Iran, le temps presse, et ils feraient mieux de se bouger, vite, ou il ne restera plus rien d'eux. Le temps est compté", a donc asséné Trump sur Truth Social, postant également des images d'IA plutôt belliqueuses le mettant en scène en chef de guerre. Après cinq semaines de cessez-le-feu, l'incertitude demeure donc sur un éventuel accord de paix et la réouverture du détroit d'Ormuz. Washington espère toutefois encore un accord, tout en agitant la menace d'une intervention.
Il a ajouté hier sur Truth Social que des négociations sérieuses étaient en cours et que, à la demande de ses alliés du Golfe, il avait suspendu l'action militaire contre l'Iran qui devait avoir lieu ce mardi. "L'émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane Al Saoud, et le président des Émirats arabes unis, Mohamed ben Zayed Al Nahyan, m'ont demandé de reporter notre attaque militaire prévue demain contre la République islamique d'Iran. Ils m'ont expliqué que des négociations sérieuses sont en cours et que, selon eux, en tant que grands dirigeants et alliés, un accord sera conclu, accord qui sera très acceptable pour les États-Unis d'Amérique, ainsi que pour tous les pays du Moyen-Orient et au-delà. Cet accord inclura, et c'est essentiel, l'exclusion de l'Iran de l'arme nucléaire. Par respect pour les dirigeants susmentionnés, j'ai donné instruction au secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, au chef d'état-major des armées, le général Daniel Caine, et aux forces armées américaines de ne pas procéder à l'attaque prévue contre l'Iran demain, mais de se tenir prêts à lancer une offensive d'envergure contre l'Iran, à tout moment, si aucun accord acceptable n'est trouvé", a posté Trump sur Truth Social.
"Eh bien, d'autres pays sont venus me voir et ils ont dit... Nous nous apprêtions à lancer une attaque majeure demain. Je l'ai reportée pour un petit moment, espérons-le peut-être pour toujours, mais possiblement pour un petit moment, parce que nous avons eu de très grandes discussions avec l'Iran et nous verrons ce qu'elles donneront. L'Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis et certains autres m'ont demandé si nous pouvions reporter cela de 2 ou 3 jours, une courte période, parce qu'ils pensent qu'ils sont très proches de conclure un accord. Et si nous pouvons y parvenir sans qu'une arme nucléaire tombe entre les mains de l'Iran, je pense que si eux sont satisfaits, nous le serons probablement aussi", a ajouté le président américain lors d'une conférence de presse.
L'Iran aurait fourni une nouvelle proposition comprenant un cessez-le-feu sur tous les fronts, la levée du blocus naval américain, la libération des avoirs iraniens gelés détenus à l'étranger, une indemnisation pour les dommages de guerre, mais aussi la fin des sanctions économiques et le retrait des forces militaires américaines de la région du golfe Persique.
Les cours du pétrole fléchissent ce mardi, le baril de brut WTI perdant 1% à 103,4$. L'indice dollar se stabilise face à un panier de devises de référence. Le bitcoin recule vers les 77.000$.
Les résultats de Nvidia attendus demain soir seront également de toute première importance, alors que la visite de Jensen Huang en Chine a retenu l'attention la semaine dernière sans pour autant accoucher de développements majeurs. Huang qui reste confiant quant au fait que la Chine s'ouvrira avec le temps.
Sur le front économique aux États-Unis, les promesses de ventes d'avril seront annoncées ce mardi à 16 heures. Anna Paulson, Christopher Waller et Cheryl Venable de la Fed interviennent par ailleurs.
Demain, les opérateurs suivront l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta, le rapport hebdomadaire du Département à l'Énergie sur les stocks pétroliers domestiques, ainsi que les Minutes de la dernière réunion FOMC de la Fed.
Jeudi, les investisseurs surveilleront les inscriptions hebdomadaires au chômage, les mises en chantier de logements et permis de construire, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie, l'indice flash PMI composite et l'indice manufacturier de la Fed de Kansas City. L'indice du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board seront enfin connus vendredi.
Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un nouveau statu quo monétaire le 17 juin à l'issue de la prochaine réunion FOMC de la Fed se situe à près de 99%. Le même outil montre par ailleurs de très fortes probabilités de hausse des taux d'ici la fin de l'année, d'un quart de point ('proba' 38,6%) ou même d'un demi-point (10,6%). La probabilité d'une poursuite du statu quo jusqu'à la fin de l'année ressort à 49%. Il ne s'agit cependant que d'une photographie ponctuelle, et Kevin Warsh, le nouveau patron de la Fed, entend bien si une majorité des membres votants est de cet avis, assouplir plutôt la politique monétaire à moyen terme en révisant préalablement le mode de calcul de l'inflation prise en compte pour déterminer le fameux objectif des 2% (en éliminant les événements extrêmes).
Dans l'actualité des entreprises cotées à Wall Street, Toll Brothers, Keysight Technologies et Home Depot annoncent aujourd'hui leurs derniers résultats financiers trimestriels. Target, Intuit, Lowe's, TJX et Analog Devices retiendront l'attention mercredi, mais c'est donc surtout Nvidia qui tiendra la vedette dans la soirée. Workday, Copart, Take-Two Interactive, Ross Stores, Nio Inc, Zoom Communications, Deere et Walmart seront de la partie jeudi. BJ's Wholesale publiera vendredi.
Les investisseurs se préparent également à la plus grande introduction en bourse de l'histoire, celle de SpaceX. Le groupe d'Elon Musk est attendu le 12 juin sur le Nasdaq. La levée de fonds pourrait atteindre 75 milliards de dollars, plus du double de celle de Saudi Aramco lors de ses débuts boursiers. Le groupe, dont les activités comprennent les lanceurs Falcon, Starlink, le réseau social X ou la startup d'intelligence artificielle xAI, ambitionne une valorisation voisine de 1.750 milliards de dollars, ce qui en ferait la 8e société cotée sur la place américaine. Bloomberg a rapporté ce week-end que SpaceX avait informé ses investisseurs de son intention de procéder à un fractionnement d'actions à raison de 5 pour 1 pour afficher un cours d'IPO plus attractif.
Les valeurs
Nvidia est donc attendu au tournant, le groupe de Jensen Huang, première capitalisation boursière mondiale, publiant mercredi soir ses résultats financiers du 1er trimestre fiscal 2027. Pour le T1, le groupe envisageait en février des revenus allant de 76,44 milliards à 79,56 milliards (78 milliards en milieu de fourchette et sans les revenus potentiels provenant de Chine), contre 72,8 milliards de consensus. La marge brute ajustée était attendue à 75%, plus ou moins 50 points de base. Les dépenses opérationnelles étaient anticipées à 7,5 milliards en base ajustée. Le consensus actuel de marché est logé à environ 79,2 milliards de revenus et 1,78$ de bénéfice ajusté par action... En attendant, les révisions en hausse de brokers se poursuivent. BofA fixe sa cible à 320$ désormais, tandis que HSBC vise 325$.
Meta Platforms, propriétaire de Facebook, d'Instagram et de WhatsApp, réaffecte 7.000 employés à de nouveaux postes liés à l'intelligence artificielle, selon une note interne dont Bloomberg a pris connaissance. Cette réaffectation s'inscrit dans le cadre d'une restructuration d'envergure qui prévoit des réductions d'effectifs en fin de semaine, note l'agence. Les employés rejoindront l'une des nouvelles équipes dédiées aux produits d'IA, notamment les agents et les applications, d'après la note de Janelle Gale, directrice des ressources humaines, consultée par Bloomberg.
La nouvelle structure sera plus horizontale et impliquera des équipes plus petites, a indiqué la responsable : "Nous pensons que cela améliorera notre productivité et rendra le travail plus gratifiant". Mark Zuckerberg, DG du groupe, a fait de l'IA la priorité absolue de Meta, réorientant équipes et ressources vers cette technologie. L'amélioration de l'IA est devenue un élément central des produits grand public de Meta et de la vision de Zuckerberg, souligne encore Bloomberg.
Analog Devices, fabricant américain de puces, serait selon Bloomberg en négociations avancées pour acquérir Empower Semiconductor, un spécialiste des puces d'intelligence artificielle, pour environ 1,5 milliard de dollars en cash. Bloomberg News cite des sources proches du dossier. Empower Semiconductor est une entreprise de la Silicon Valley spécialisée dans les puces de gestion de l'énergie, notamment les puces de régulation de tension pour les processeurs d'IA et les centres de données. Un deal pourrait être annoncé aujourd'hui.
Blackstone s'associe à Alphabet (Google) pour le lancement d'une entreprise spécialiste du cloud IA, face à la forte demande en centres de données. Blackstone investira 5 milliards de dollars en fonds propres. Il s'agit là d'offrir une capacité de centre de données et un accès aux fameux TPU de Google. L'objectif de capacité de centre de données est fixé à 500 mégawatts en 2027. Bloomberg indique que la valeur totale de l'investissement pourrait atteindre 25 milliards. Benjamin Sloss, cadre dirigeant de Google, prendra la tête de l'entreprise.
NextEra Energy, groupe énergétique de Floride, va acquérir Dominion Energy dans le cadre d'une opération en actions valorisée près de 67 milliards de dollars. Un accord qui, selon les entreprises, donnera naissance à "la plus grande entreprise de services publics d'électricité réglementée au monde". Les actionnaires de NextEra détiendront 74,5% de la nouvelle entité. Ce rapprochement entre NextEra et Dominion, fournisseur d'électricité de Virginie, donnera naissance à un vaste groupe énergétique doté d'un réseau de distribution massif et d'une technologie de production d'électricité de pointe. L'opération est attendue immédiatement relutive en termes de bpa ajusté. John Ketchum, PDG de NextEra, prendra la direction de la nouvelle entité. La finalisation du deal est attendue dans 12 à 18 mois.
Home Depot, le plus grand détaillant américain de produits d'amélioration de l'habitat, a annoncé aujourd'hui un chiffre d'affaires de 41,8 milliards de dollars pour le premier trimestre de son exercice 2026, soit une hausse de 1,9 milliard de dollars (4,8%) par rapport au premier trimestre de son exercice 2025. Les ventes à périmètre comparable ont progressé de 0,6% au premier trimestre de son exercice 2026, et de 0,4% aux États-Unis. Au cours de ce trimestre, les taux de change ont eu un impact positif d'environ 55 points de base sur le chiffre d'affaires total à périmètre comparable de l'entreprise.
Le bénéfice net du premier trimestre de l'exercice 2026 s'est élevé à 3,3 milliards de dollars contre 3,4 milliards un an avant. Le bénéfice par action dilué ajusté du premier trimestre de l'exercice 2026 s'est établi à 3,43$ contre 3,56$ un an plus tôt. Le consensus de place était logé à 3,41$ de bénéfice ajusté par action pour 41,5 milliards de dollars de revenus. Pour l'exercice 2026, le groupe envisage une croissance du chiffre d'affaires total allant de 2,5 à 4,5%, une croissance à comparable allant de 0 à 2%, une marge opérationnelle ajustée de 12,8-13%, tandis que le bpa ajusté est attendu stable ou en croissance jusqu'à +4%.
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