Wall Street : le Nasdaq corrige, mais le Dow Jones flirte avec les sommets
En attendant la Fed, mais aussi Microsoft, Meta, Amazon et Apple
Wall Street reste incertain ce mardi, les opérateurs s'inquiétant de la demande en puces d'IA et mémoires et craignant qu'elle ne soit artificiellement soutenue par de trop nombreux accords de nature circulaire. La chute de l'indice coréen Kospi - dominé par SK Hynix et Samsung - ce matin (-10,84%) ajoute aux turpitudes des marchés, sur fond également de craintes concernant la concurrence chinoise. Le Nasdaq abandonne encore 0,57% à 24.790 pts, tandis que le S&P 500 grappille 0,03% à 7.415 pts. Le Dow Jones remonte en revanche de 0,76% à 52.609 pts sur des arbitrages défensifs.
Les cours du brut restent orientés en baisse, le baril de brut WTI abandonnant 1,5% à 81,4$. L'once d'or fin régresse de 1,2% à 4.028$. L'indice dollar se stabilise face à un panier de devises. Les opérateurs sont assez prudents par ailleurs en attendant la décision de la Fed demain soir, une hausse de taux n'étant pas totalement exclue (probabilité de 29,4% selon l'outil CME FedWatch contre 70,6% de 'proba' de statu quo).
Donald Trump a levé le pied pour sa part en Iran depuis, suspendant ses attaques pour laisser place aux négociations éventuelles. Le président américain doit rencontrer aujourd'hui, à la Maison Blanche, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. "Je vais dire à Bibi que si je n'étais pas président, l'Iran disposerait déjà de l'arme nucléaire et Israël aurait été détruit", aurait affirmé Trump, cité par Axios. Alors que la suspension des hostilités entre États-Unis et Iran autour du détroit d'Ormuz avait initialement soulagé les marchés hier, le locataire de la Maison Blanche a déclaré ce lundi à Axios que sa décision visait à donner une nouvelle chance aux négociations, tout en soulignant qu'il pourrait ordonner la reprise d'opérations militaires d'envergure si la diplomatie échouait.
Axios indique que les négociations en cours portent sur un nouvel accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz et à relancer les pourparlers en vue d'un accord global sur le nucléaire. Ces discussions se déroulent principalement entre l'Iran et Oman. Toutefois, le Qatar, le Pakistan, l'Égypte ainsi que les émissaires de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, y participent activement.
"Nous menons des discussions très approfondies avec l'Iran. Si elles n'aboutissent pas, nous reviendrons à une action militaire très ferme", a déclaré Trump, cité par Axios. Interrogé sur le temps qu'il est prêt à accorder à la diplomatie, le président a répondu : "Pas beaucoup de temps. Soit cela va vite, soit cela ne se fera pas du tout".
Téhéran a accepté de s'abstenir de nouvelles attaques tant que les États-Unis interrompraient leur campagne de bombardements. Selon le New York Times, la décision de Trump de suspendre les hostilités aurait été motivée par des inquiétudes concernant l'épuisement des stocks d'intercepteurs antimissiles Patriot et d'autres munitions de défense aérienne au Moyen-Orient. Trump et ses conseillers tiendraient également à éviter que le conflit ne s'étende dans la région, perturbant davantage l'approvisionnement mondial en pétrole. Toutefois, Mike Waltz, ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, a minimisé l'idée d'une pénurie de munitions, affirmant plutôt que le président américain voudrait laisser une chance aux pourparlers.
Trump a mentionné ce jour de bonnes discussions avec l'Iran, tout en maintenant ses menaces de frappes sur le site iranien de 'Pickaxe Mountain' et les infrastructures du pays si aucun accord n'est trouvé. Dans une interview accordée à Fox News, le président américain a précisé qu'il désirait désormais, dans la mesure du possible, éviter de frapper les ponts et les centrales électriques iraniens. "C'est un équilibre très, très délicat. Je pense donc que nous sommes actuellement en position de force. Ils savent que je le ferai s'ils ne concluent pas d'accord".
Sur le front économique ce mardi, la balance du commerce international de biens est ressortie déficitaire de 101,5 milliards de dollars, contre 98 milliards de dollars de consensus et 105,9 milliards pour la lecture révisée du mois antérieur. Les imports ont reculé de 2,6% et les exports de 1,8% d'un mois sur l'autre... Les indices des prix des maisons S&P Case-Shiller et FHFA ont également été publiés pour le mois de mai. Le S&P Case-Shiller '20-City' ajusté a progressé de 0,1% d'un mois sur l'autre, alors que l'indice hors ajustements a grimpé de 0,9% par rapport au mois de mai et de 1,6% sur un an. L'indice FHFA a pour sa part augmenté de 0,3% d'un mois sur l'autre et de 2,2% sur un an.
L'indice de confiance des consommateurs américains du Conference Board pour le mois de juillet 2026 s'est établi à 90,8, contre un consensus de 92,1 mesuré par FactSet et une lecture révisée à 92,2 pour le mois antérieur.
L'indice manufacturier de la Fed de Richmond pour le mois de juillet, qui vient lui aussi d'être publié, est ressorti à +5 contre +6 de consensus FactSet, signalant une légère expansion de l'activité manufacturière dans la région considérée.
Demain, c'est donc évidemment la Fed qui tiendra la vedette avec sa réunion monétaire sous la présidence de Kevin Warsh. Selon l'outil CME FedWatch, il y a 70,6% de probabilité que la banque centrale américaine laisse ses taux inchangés entre 3,50 et 3,75%, et 29,4% de probabilité que les taux remontent d'un quart de point, entre 3,75 et 4%. Le communiqué FOMC sera publié à 20 heures mercredi, alors que la conférence de presse de Warsh se tiendra à 20h30.
Jeudi, suite des festivités, avec le PIB américain avancé du 2e trimestre, les inscriptions hebdomadaires au chômage, ainsi que les revenus et dépenses des ménages. Enfin, vendredi, les opérateurs suivront l'indice PMI de Chicago et l'indice du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan.
L'actualité des entreprises est également particulièrement étoffée cette semaine à Wall Street. Welltower, Cadence Design Systems, Nucor et Celestica publiaient hier soir. Les investisseurs suivent ce mardi les résultats trimestriels de Visa, Coca-Cola, KLA Corporation, Seagate, Boeing, Corning, S&P Global, UPS, Waste Management, Illinois Tool Works, Mondelez, Sherwin-Williams, NXP Semiconductors, Hilton Worldwide, Royal Caribbean, PayPal ou encore American Tower.
Demain, la journée sera encore plus animée, avec Johnson Controls, Robinhood, ADP, Equinix, General Dynamics, Carvana, Boston Scientific, Starbucks, Qualcomm, Amphenol, Arm Holdings, Procter & Gamble, Lam Research, et surtout, après bourse, les comptes de Meta Platforms (Facebook) et de Microsoft.
Deux autres 'Mag 7' publient jeudi soir, à savoir Apple et Amazon. Mastercard, Anheuser-Busch, Bristol-Myers Squibb, Stryker, Altria, Southern Company, Ferrari (coté aussi à Wall Street), KKR, Valero, Air Products & Chemicals, Regeneron, Cigna et Intercontinental Exchange, annoncent aussi jeudi. ExxonMobil, Chevron, AbbVie ou Eaton, sont attendus enfin vendredi.
Les valeurs
Nvidia (-0,2%). Les deals multimilliardaires récents du groupe semblent avoir ravivé selon Bloomberg les craintes relatives aux financements circulaires, qui pourraient doper artificiellement la demande en puces d'IA. Le groupe a annoncé par ailleurs hier l'Open Secure AI Alliance, un groupement avec des leaders de l'industrie pour développer de nouvelles techniques et outils afin de protéger les logiciels et les agents. Parmi les prestigieux partenaires, on retrouve notamment SpaceX, Microsoft, Cisco ou Palantir...
Welltower (-1,6%), groupe américain de placement immobilier qui investit dans les infrastructures de soins de santé et logements pour personnes âgées, a publié hier soir un 2e trimestre solide marqué par des revenus de 3,54 milliards de dollars et un bénéfice ajusté par action de 1,60$, dépassant les anticipations de marché.
Cadence Design Systems (+1,9%), spécialiste du développement et de la commercialisation de logiciels de conception des circuits intégrés et des systèmes électroniques, a annoncé hier soir pour son 2e trimestre des revenus de 1,58 milliard de dollars en croissance de 24%, pour un bpa ajusté de 2,11$, et relevé dans la foulée ses estimations annuelles, avec la demande de l'IA. Cadence, fort d'un backlog record de 8,1 milliards de dollars, table désormais sur une croissance de 19% des revenus 2026 et un bpa ajusté de 8,10$, pour un cash flow opérationnel de 2 milliards.
Nucor (+4,9%), le sidérurgiste américain, a publié hier soir au titre du 2e trimestre des revenus de 10,4 milliards de dollars et un bpa ajusté de 4,84$, au-dessus des attentes. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires a été de 1,16 milliard de dollars, tandis que l'Ebitda a dépassé les 2 milliards de dollars.
Celestica (+2,3%), leader technologique canadien des services EMS coté à Wall Street, a dépassé les anticipations de marché au 2e trimestre, réalisant des revenus de 4,7 milliards de dollars et un bénéfice ajusté par action de 2,54$. Le groupe a par ailleurs relevé ses estimations annuelles de revenus à 20,5 milliards de dollars, pour un bpa ajusté désormais anticipé à 11,30$ et une marge opérationnelle ajustée de 8,4%. Le cash flow libre est attendu à 600 M$. Le groupe vise une accélération de croissance en 2027.
Coca-Cola (+7,2%), le géant américain des soft drinks, gagne du terrain à Wall Street ce mardi, le groupe ayant publié pour son 2e trimestre un bénéfice ajusté par action de 97 cents (+11%), supérieur de 4 cents au consensus, pour des revenus de 13,4 milliards de dollars également meilleurs que prévu. Les volumes mondiaux ont progressé de 5% et les revenus se sont appréciés de 7% en glissement annuel, dont 6% en organique. Le bénéfice opérationnel a augmenté de 9%. La marge opérationnelle ajustée a été de 35,6% contre 34,7% un an plus tôt.
Pour l'exercice 2026, le groupe table désormais sur une croissance organique de 5% environ des revenus, une augmentation de 9-10% du bpa ajusté et un free cash flow d'environ 12,4 milliards de dollars. Ces estimations sont révisées à la hausse.
Boeing (+3%), le géant aéronautique américain, a enregistré au 2e trimestre une perte plus importante qu'attendu, à -0,76$ par action, sous le consensus à -0,31$ par action, en dépit d'un chiffre d'affaires en progression de 8% à 24,6 milliards de dollars, dépassant les attentes à 24,27 milliards de dollars. Une contre-performance qui s'explique par une charge de 280 millions de dollars pour son programme de remplacement de l'Air Force One, en difficultés.
Le groupe a livré 171 actions commerciaux sur cette période, contre 150 au 2e trimestre 2025. Le CA de la division commerciale a grimpé de 8%, à 11,8 milliards de dollars, en perte opérationnelle avec -2,7% de marge. La division défense/espace/sécurité a progressé de 13% à 7,5 milliards de dollars, avec -0,2% de marge opérationnelle. Le flux de trésorerie disponible à 600 millions de dollars. Le carnet de commandes de Boeing a atteint un record de 715 milliards de dollars.
UPS (-4,8%), le colosse américain des livraisons, a publié au titre de son 2e trimestre fiscal clos fin juin 2026 des revenus de 22,8 milliards de dollars (+8%), au-dessus des anticipations, pour une marge opérationnelle ajustée de 9,2% et un bpa ajusté de 1,76$ également bien plus élevé que prévu. Le groupe se permet de relever ses prévisions financières 2026, tablant sur des revenus consolidés d'environ 91,2 milliards de dollars et un bénéfice opérationnel ajusté voisin de 8,65 milliards de dollars. Le bpa ajusté est anticipé à environ 7,22$.
S&P Global (-4,6%) a publié ce mardi pour son 2e trimestre 2026 un bénéfice ajusté par action de 4,83$ et des revenus de 4,15 milliards de dollars, soit deux mesures légèrement supérieures au consensus des analystes. Le groupe table, pour l'exercice, sur un bénéfice GAAP par action allant de 16,35 à 16,60$, ce qui dépasserait également les attentes des brokers.
PayPal (+1,1%), le fournisseur américain de services de paiement en ligne, a publié ce mardi des comptes du 2e trimestre supérieurs aux attentes de marché, affichant sur la période un bénéfice ajusté par action de 1,38$ (-1%) et des revenus de 8,68 milliards de dollars (+5%). Le groupe revoit par ailleurs en hausse ses estimations annuelles, tablant sur un bénéfice par action de 5,38$ environ.
Corning (-18,8%), le fabricant de verres de spécialités connu pour ses produits Gorilla, dévisse à Wall Street, alors que le groupe a pourtant battu le consensus sur le trimestre clos, réalisant une progression de 30% du bénéfice ajusté par action à 78 cents, pour des revenus en augmentation de 17% à 4,74 milliards de dollars sur une base ajustée. Les perspectives semblent toutefois préoccuper, le groupe anticipant pour le T3 un bpa ajusté de 85 à 89 cents, pour des revenus de 4,9 à 5 milliards.
Illinois Tool Works (+4,4%), le groupe industriel diversifié américain, actif notamment dans les fixations et composants techniques, a publié pour son 2e trimestre des revenus de 4,3 milliards de dollars en croissance de 6%, pour un bénéfice par action en augmentation de 10% à 2,84$. Le groupe revoit en hausse ses prévisions financières, tablant sur un bénéfice GAAP par action allant de 11,35 à 11,55$ et des revenus en croissance de 4-5% (+3-4% en organique).
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