Wall Street : le Dow Jones corrige à son tour
Alors que les valeurs technologiques tentent de se ressaisir
Wall Street reste sous pression ce vendredi, le S&P 500 abandonnant 0,20% à 7.648 pts et le Dow Jones 1,10% à 52.287 pts. Le Nasdaq grappille en revanche 0,31% à 26.089 pts après sa chute de la veille. La cote américaine avait replongé hier soir avec les valeurs de l'IA. Le Nasdaq avait terminé en très forte baisse de 2,6% à 26.009 pts, contre une correction de 1,21% sur le S&P 500. La chute a emporté surtout hier les principales valeurs de l'IA, alors que les doutes persistent sur l'écosystème et le financement de ses infrastructures. La tendance du jour est plus contrastée et frappe cette fois le traditionnel DJIA.
Les dernières publications financières, comprenant notamment Meta, Tesla, IBM, Lam Research et Texas Instruments dans la 'tech', n'ont pas rassuré... En Asie ce matin, les indices tentaient de se stabiliser, à l'image du Kospi sud-coréen riche en valeurs IA, qui terminait en hausse de 0,3% après avoir chuté la veille de plus de 3,5%. Le Nikkei perdait encore 0,34% ce matin après un gadin de 2,5% hier. Le SSE chinois remontait de 0,89%.
Les obligations du Trésor américain restent aussi sous surveillance. Le rendement du T-Bond à 10 ans est retombé hier soir de 18 points de base (!) à 4,96%, alors que celui du '30 ans' est revenu à 5,29%, en baisse de 15 points de base, sur une sorte de "fuite vers la qualité" après la flambée des rendements souverains français à 10 ans sur les 5%. Le rendement du T-Bond à 10 ans se stabilise ce jour sous les 5%.
Le pétrole brut WTI reprend près de 3% vers les 102$ le baril avec les tensions au Moyen-Orient. Le pétrole est soutenu par des informations suggérant une intensification potentielle des activités militaires au Moyen-Orient, ravivant les inquiétudes quant à une éventuelle reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran dans les semaines à venir. Ces craintes sont en partie alimentées par un article du New York Times selon lequel les États-Unis et Israël auraient élaboré des plans en vue de nouvelles frappes contre l'Iran après les élections de mi-mandat américaines en novembre, ciblant les infrastructures énergétiques, les installations nucléaires et l'arsenal de missiles du pays. Pendant de temps, les attaques contre l'Arabie saoudite s'intensifient. Washington a ordonné par ailleurs au personnel non essentiel du gouvernement américain de quitter l'Arabie saoudite.
Sur la thématique de l'IA, les derniers résultats publiés ne remettent pas fondamentalement en cause la dynamique globale de la demande en matière de calcul. Toutefois, les prévisions de dépenses d'investissement de Tesla, révisées en baisse, ont déçu certains. Pour Meta, des éléments positifs sont à noter, puisque les lourds investissements semblent offrir désormais de réelles perspectives de monétisation, autour notamment de 'Muse'. Néanmoins, le groupe a annoncé selon Bloomberg avoir pris des engagements futurs de dépenses d'environ... 825 milliards de dollars au titre de divers contrats et baux, dont une grande partie concerne la puissance de calcul et les infrastructures dédiées à l'IA... Enfin, les prévisions de Lam Research ont déçu, face à des attentes très élevées.
OpenAI, qui cherche à lever environ 30 milliards de dollars dans le cadre d'un nouveau tour de table préalable à son introduction en bourse, vise désormais une valorisation de 1.250 milliards de dollars dans la phase finale des négociations, selon des personnes proches du dossier citées par Bloomberg. Le créateur de ChatGPT a ajusté la valorisation discutée, la ramenant de 1.400 milliards à 1.250 milliards de dollars, selon des sources ayant pris part aux échanges, qui ont requis l'anonymat en raison du caractère privé de ces informations. Les discussions relatives à cette levée de fonds sont toujours en cours et les modalités pourraient encore évoluer, précisent ces sources.
Lors de sa précédente levée de fonds, en mars, OpenAI avait obtenu 122 milliards de dollars sur une valorisation de 852 milliards de dollars fonds levés inclus. Coatue Management est en pourparlers pour co-diriger le nouveau tour de table, selon ces mêmes sources de Bloomberg. OpenAI a également engagé des discussions avec plusieurs fonds d'investissement des Émirats arabes unis, ainsi qu'avec d'autres entités, dont BlackRock, comme l'avait précédemment rapporté Bloomberg.
Les anticipations d'une inflation plus élevée à long terme se sont renforcées, bien que la BCE, la Fed et la Banque du Japon devraient maintenir leurs taux inchangés la semaine prochaine. Le dernier sondage Bloomberg auprès des économistes souligne la probabilité d'une hausse des taux de la BCE en décembre et d'un maintien de la politique monétaire inchangée jusqu'en mai 2028. L'attention se porte également sur la possibilité d'une intervention de la BCE pour freiner la hausse continue des rendements français.
Sur le front des données macroéconomiques, l'attention en Europe est portée sur les indices PMI préliminaires d'octobre. Les indices français ont déçu, à 49,3 pour le PMI manufacturier et 48,4 sur les services. En Allemagne, la tendance reste en revanche à l'expansion, avec un indice manufacturier de 54,2 et un indicateur des services de 51,7. Enfin, l'indice composite préliminaire de la zone euro pour octobre a raté le consensus, à 51,9, avec une composante des services inférieure aux attentes à 51,7 et un indice manufacturier de 52,4. Seuls les indices PMI britanniques d'octobre rassurent vraiment, à 53,1 pour le composite, 52,8 pour le manufacturier et 53,1 dans les services.
Aux États-Unis, l'indice final du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois d'octobre 2026 s'est établi à 48, contre 46,3 de consensus et 46,3 également pour sa lecture préliminaire. L'indice des anticipations d'inflation à un an est ressorti à 4,7%, conforme à sa lecture antérieure.
L'indice "flash" PMI composite américain du mois d'octobre 2026 s'est établi à 57,6, en ligne avec le consensus de marché mesuré par FactSet, contre 58,4 pour la lecture finale du mois antérieur. L'indice manufacturier est ressorti à 56, contre 55,5 de consensus, tandis que l'indicateur des services s'est affiché à 57,9, contre 58 de consensus. Ces indices montrent une nette expansion de l'activité nationale américaine au mois d'octobre.
En Asie, l'inflation sous-jacente au Japon a repassé la barre des 2% pour la première fois cette année, l'inflation hors énergie repassant également au-dessus de l'objectif de 2% selon les données publiées cette nuit. La Banque du Japon devrait maintenir ses taux d'intérêt inchangés la semaine prochaine, tout en signalant que l'inflation sous-jacente avait effectivement atteint son objectif de 2%.
Les valeurs
Western Digital (+1,4%), le concepteur américain de disques durs, a publié des comptes en très forte progression et supérieurs aux attentes. Le groupe a dévoilé au titre de son premier trimestre fiscal 2027 des revenus de 4,38 milliards de dollars, en croissance de 55% en glissement annuel, à comparer à un consensus voisin de 4,1 milliards. Le bénéfice ajusté par action s'est envolé de plus de 160% à 4,64$, contre environ 4,1$ de consensus. Le cash flow des opérations a été de 1,6 milliard et le free cash flow de 1,38 milliard de dollars. Pour le 2e trimestre fiscal, les revenus sont attendus entre 5 et 5,2 milliards, tandis que le bpa ajusté est anticipé entre 5,60 et 6$ - deux mesures nettement supérieures au consensus.
Newmont (-3,9%), le géant minier américain, a publié hier soir au titre de son 3e trimestre fiscal des revenus de 6,36 milliards de dollars, en croissance de 15% en glissement annuel, pour un bénéfice ajusté par action de 2,20$ à comparer à un niveau de 1,71$ un an avant. Le bénéfice net ajusté a été de 2,31 milliards (un record) et le bénéfice net consolidé de 2,5 milliards. Le groupe se dit en bonne voie pour atteindre les prévisions de production annuelle 2026 fixées à 5,3 millions d'onces d'or attribuables.
SLB (+4,7%), précédemment connu sous le nom de Schlumberger, a publié ce vendredi pour son 3e trimestre fiscal des revenus de 9,45 milliards de dollars, en hausse de 6% en glissement annuel, au-dessus du consensus, pour un bénéfice ajusté par action en retrait de 7% à 64 cents mais lui aussi meilleur que prévu. L'EBITDA ajusté a été de 2,07 milliards de dollars, stable en glissement annuel mais en croissance séquentielle de 9% par rapport au précédent trimestre. Le cash flow opérationnel a atteint 1,51 milliard de dollars et le free cash flow 828 millions de dollars.
American Express (-3,6%) a publié pour son 3e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 4,68$, en croissance de 13% en glissement annuel et largement au-dessus des attentes, pour des revenus historiques de 20,06 milliards de dollars en hausse de 9% en comparaison de l'an dernier, mais très légèrement inférieurs au consensus. Le bénéfice net trimestriel s'est amélioré de 28% à 3,71 milliards de dollars. Le bénéfice net ajusté est ressorti voisin de 3,2 milliards de dollars. Pour l'exercice 2026, le bénéfice ajusté par action est anticipé entre 17,60 et 17,90$, niveau supérieur aux attentes en milieu de fourchette, tandis que la croissance des revenus est attendue voisine de 10%. Le bas de fourchette de la guidance de bpa ajusté est relevé.
Bloom Energy (-9,6%) poursuit sa correction à Wall Street, alors que le groupe a pourtant publié pour son 3e trimestre fiscal des comptes nettement supérieurs aux attentes, affichant sur la période un bpa ajusté de 94 cents, contre 15 cents un an avant, et des revenus de 1,24 milliard de dollars à comparer aux 519 millions de dollars de l'an dernier. Le chiffre d'affaires trimestriel, record, s'est donc envolé de 138%. Le groupe relève ses prévisions de chiffre d'affaires pour l'ensemble de l'année 2026, désormais situées entre 4,4 et 4,6 milliards de dollars, ce qui représente une croissance annuelle de 122% en valeur médiane. C'est la 3e fois cette année que le groupe relève ses prévisions. Le titre a plus que doublé cette année à Wall Street et a intégré en septembre le S&P 500.
SpaceX (+3,1%) fait par ailleurs retomber les opérateurs télécoms AT&T (-4,5%), Verizon (-1,4%) et T-Mobile (-3,4%). Selon Bloomberg ce vendredi, l'entreprise d'astronautique, vol spatial et IA d'Elon Musk envisagerait donc l'achat de 80.000 sites cellulaires à travers les États-Unis. Elleserait en pourparlers avec Crown Castle et American Tower, qui figurent parmi les plus grands propriétaires de tours de téléphonie mobile. Le niveau des investissements considérés correspond à l'envergure nécessaire pour un réseau sans fil terrestre à couverture nationale, indique un analyste cité par Yahoo Finance. L'issue reste incertaine, mais l'ampleur évoquée suggère donc un niveau d'engagement bien supérieur à la simple accumulation de spectre.
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