Wall Street dans le rouge avec l'incertitude géopolitique
Prises de bénéfices, après des commentaires déconcertants de Trump
Wall Street s'affiche hésitant ce mercredi, consolidant sur ses records, dans un contexte géopolitique toujours tendu qui freine quelque peu l'enthousiasme autour des valeurs de l'IA. Le Dow Jones régresse de 0,76% à 50.919 pts, tandis que le S&P 500 abandonne 0,38% à 7.581 pts. Le Nasdaq recule de 0,47% à 26.968 pts. Le baril de brut WTI reprend 1,9% à 95,5$ sur des craintes d'enlisement en Iran.
Dans une interview à large spectre avec le podcast 'Pod Force One' du New York Post, le président américain a évoqué l'état du conflit au Moyen-Orient. Donald Trump a déclaré que le blocus d'Ormuz pourrait être levé pour la fête du Travail (7 septembre !), alors que les États-Unis travaillent à un accord avec l'Iran. Il a également affirmé que Téhéran avait accepté de ne pas posséder d'armes nucléaires et que le Guide suprême de l'Iran était impliqué dans les discussions avec les États-Unis. Trump a ajouté qu'il rencontrera probablement le Guide suprême à un moment donné.
Selon Tasnim, des sources iraniennes démentent cependant qu'il y ait eu des communications récentes, rejettent les rapports indiquant que la haute direction iranienne a approuvé un quelconque cadre, et soutiennent qu'aucune réponse n'a été fournie à la dernière proposition américaine.
Le Commandement central américain (Centcom) a déclaré hier avoir repoussé une nouvelle vague de frappes aériennes iraniennes contre plusieurs pays du Moyen-Orient et avoir riposté. Il s'agirait d'attaques de missiles et drones iraniens contre le Koweït et Bahreïn, alors que la riposte se serait matérialisée par des frappes contre une station de contrôle au sol iranienne sur l'île de Qeshm. Le Centcom aurait aussi abattu des drones d'attaque iraniens lancés contre des navires dans les eaux territoriales américaines. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a indiqué avoir frappé le quartier général de la 5e flotte américaine à Bahreïn et une base aérienne dans la région en représailles à une agression américaine antérieure.
Suite à l'annonce d'une suspension des négociations concernant l'Iran, Trump était auparavant intervenu pour indiquer qu'Israël et le Hezbollah auraient accepté de cesser leurs attaques. Peu après, il avait ajouté que les pourparlers avec l'Iran se poursuivaient à un rythme soutenu... Trump a déclaré à ABC News qu'il pensait qu'un accord de paix avec l'Iran pourrait être conclu dans la semaine à venir. Il a évoqué un "petit couac" dans les négociations, faisant référence à l'objection de l'Iran face à l'agression israélienne contre le Liban, ce qui aurait incité Téhéran à menacer de se retirer des discussions. Trump avait précédemment déclaré à CNBC que l'arrêt des négociations par l'Iran lui importait peu, avant d'affirmer par la suite que les pourparlers avec ce pays progressaient rapidement...
Les investisseurs se concentreront par ailleurs cette semaine sur le rapport sur l'emploi non agricole, qui sera publié vendredi. Ces données sur l'emploi pourraient apporter de nouveaux éclairages sur la vigueur du marché du travail et contribuer à façonner les anticipations concernant la politique de taux d'intérêt de la Fed dans les mois à venir. La banque centrale demeure divisée sur la question. Son nouveau président Kevin Warsh entend visiblement recouvrir de fard les chiffres de l'inflation pour pouvoir procéder ultérieurement à des assouplissements monétaires pas forcément justifiés, tandis que plusieurs responsables de la Fed militent plutôt pour le maintien d'une politique restrictive ou bien même une hausse supplémentaire des taux.
Neel Kashkari, patron de la Fed de Minneapolis, a indiqué hier qu'il était trop tôt pour conclure que la banque centrale devait relever les taux. Il estime qu'il faut attendre plus de données, alors que les marchés anticipent un maintien des taux... Beth Hammack, qui dirige la Fed de Cleveland, a jugé que la politique monétaire n'était peut-être pas encore assez restrictive pour ramener l'inflation sur l'objectif des 2%. Elle estime raisonnable pour l'heure de maintenir les taux entre 3,50 et 3,75%.
D'après le dernier rapport d'ADP sur le sujet, les créations de postes dans le privé aux États-Unis pour le mois de mai 2026 se sont établies au nombre de 122.000, contre un consensus FactSet de 120.000 et une lecture révisée à 105.000 un mois plus tôt. "Les embauches ont été plus généralisées en mai que ces dernières années. Le marché du travail continue d'afficher une dynamique soutenue à l'approche de la saison des embauches estivales", a ajouté la cheffe économiste Nela Richardson.
Les entreprises de 500 personnes et plus ont créé 40.000 emplois, contre 67.000 pour les entreprises de 1 à 49 salariés. Le secteur 'commerce, transport et utilities' a généré 36.000 postes, tandis que l'éducation et les services de santé ont créé 57.000 emplois.
L'indice PMI composite final américain du mois de mai 2026 s'est établi à 51,5, contre un consensus de place de 51,7 et une lecture flash de 51,7 également. L'indicateur des services est ressorti à 50,7, contre un consensus de 50,9 et une lecture flash équivalente. Ces indicateurs demeurent supérieurs à la barre des 50, signalant une expansion de l'activité en mai.
L'ISM des services du mois de mai, qui vient lui aussi d'être publié, s'est affiché à 54,5 contre 53,8 de consensus. Il était de 53,6 un mois auparavant.
Les commandes industrielles d'avril, elles aussi annoncées ce jour, ont progressé fortement de 4,8% d'un mois sur l'autre, contre 3,5% de consensus.
Le Livre Beige économique de la Fed sera publié ce soir.
La dernière étude Challenger, Gray & Christmas sur les annonces de licenciements, les inscriptions hebdomadaires au chômage et les chiffres de la productivité seront communiqués demain. Enfin, le rapport gouvernemental sur l'emploi pour le mois de mai sera donc dévoilé vendredi (consensus 4,3% de chômage, 100.000 créations de postes et 115.000 créations dans le privé selon FactSet).
L'administration Trump poursuit par ailleurs son offensive commerciale... Mardi, le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) a proposé l'instauration de droits de douane supplémentaires de 10% ou 12,5% sur les importations en provenance de 60 économies, estimant que leur incapacité à endiguer le commerce de biens fabriqués grâce au travail forcé constitue une pratique déraisonnable qui pénalise les échanges avec les Etats-Unis.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'une enquête menée au titre de la section 301 de la législation commerciale américaine, un dispositif permettant à Washington de sanctionner des pratiques jugées déloyales. Il s'agit de l'une des dernières conclusions rendues publiques par l'administration Trump dans sa stratégie visant à reconstruire son arsenal tarifaire après l'annulation, en février, de plusieurs droits de douane d'urgence par la Cour suprême américaine.
L'USTR prévoit d'appliquer une surtaxe de 10% aux importations en provenance notamment du Canada, de l'Équateur, de l'Union européenne, du Mexique, du Pakistan, de l'Argentine, du Bangladesh, du Cambodge, du Salvador, du Guatemala, de la Malaisie, de Taïwan, du Royaume-Uni et de l'Indonésie. Les 45 autres pays visés par l'enquête seraient quant à eux soumis à un droit supplémentaire de 12,5%.
Dans l'actualité des entreprises cotées à Wall Street, Palo Alto Networks et Ulta Beauty publiaient hier soir. Macy's, Veeva, Medtronic, CrowdStrike et surtout Broadcom, seront de la partie ce jour. The Cooper Companies, Guidewire, Brown Forman, Lululemon, Rubrik, Samsara et Ciena, publieront demain.
Les valeurs
Palo Alto Networks (-7%), groupe spécialisé dans le développement et la mise en oeuvre de solutions de sécurité informatique à destination des entreprises a publié au titre de son 3e trimestre fiscal des revenus en croissance de 31% à 3 milliards de dollars pour un bpa ajusté de 85 cents. 'Palo Alto' qui relève par ailleurs sa guidance sur le trimestre entamé et l'exercice. Le groupe californien de Santa Clara ajuste ainsi en hausse ses prévisions de chiffre d'affaires et de bénéfices annuels, alors que les entreprises ont augmenté leurs dépenses en solutions cloud, d'identité et de cybersécurité basées sur l'IA. Sur l'exercice, les revenus sont attendus entre 11,415 et 11,425 milliards, pour un bpa ajusté de 3,77 à 3,79$.
Ulta Beauty (-6%), le spécialiste américain des produits de beauté, a publié pour son 1er trimestre fiscal 2026 des revenus en croissance de 11% à 3,16 milliards de dollars, pour un bénéfice ajusté par action de 7,74$ dépassant les attentes. Les ventes à comparable ont augmenté de 5,3%. Le management en a profité pour relever ses estimations annuelles de profits, tablant sur un bpa ajusté de 28,36 à 28,80$. La croissance des ventes est toujours attendue entre 6 et 7% et la progression à comparable entre 2,5 et 3,5%.
Medtronic (+5,2%), qui figure parmi les leaders mondiaux de la conception, de la fabrication et de la commercialisation de dispositifs et d'équipements médicaux, publie au titre de son 4e trimestre fiscal 2026 clos début avril des revenus de 9,8 milliards de dollars, en croissance de 9,9% en données publiées et 6,6% en organique, pour un bénéfice ajusté par action de 1,55$. Le consensus était logé à 1,54$ de bénéfice ajusté par action pour 9,6 milliards de dollars de revenus.
Sur l'exercice clos, les revenus se sont améliorés de 8,4% en données publiées et 5,8% en organique, à 36,4 milliards, pour un bénéfice opérationnel en hausse de 8,6% à 6,47 milliards. Le cash flow annuel des opérations a atteint 7,3 milliards et le free cash flow 5,4 milliards. Pour l'exercice 2027 juste entamé, la croissance organique des revenus est attendue entre 6,75 et 7,25%. Le bpa ajusté est anticipé entre 5,90 et 6$, en hausse de 6,7% à 8,5%.
Macy's (+0,5%), la chaîne américaine de magasins, a publié pour son premier trimestre clos début mai 2026 un bénéfice net de 63 millions ou 23 cents par titre, pour un bpa ajusté de 13 cents, supérieur au consensus. Les revenus se sont établis à 4,68 milliards de dollars, contre 4,6 milliards sur la période correspondante de l'an dernier. La croissance à comparable est ressortie à 3%. Le groupe prévoit désormais un chiffre d'affaires annuel compris entre 21,5 et 21,75 milliards. Macy's a revu à la hausse ses prévisions de ventes à comparable, indiquant qu'elles devraient progresser de 0,5 à 1,2%. Enfin, le bpa ajusté est attendu entre 2 et 2,20$.
SpaceX, attendu sur le Nasdaq le 12 juin, entend selon Reuters céder 555,6 millions de titres à un prix de 135$ pièce, ce qui porterait son introduction en bourse record à 75 milliards de dollars. L'agence cite une personne non identifiée et familière de la question. SpaceX rompt avec le processus traditionnel d'introduction en bourse, selon lequel les entreprises annoncent généralement une fourchette indicative de prix avant de présenter leurs actions aux investisseurs et fixent le prix avant le début des cotations.
L'IPO de SpaceX figure parmi les introductions en bourse les plus suivies au monde, souligne pour sa part Bloomberg. "Son entrée rapide sur le marché, après un dépôt confidentiel en mars puis une annonce publique le mois dernier, intervient alors que les investisseurs surveillent de près les introductions en bourse potentielles d'autres entreprises technologiques de premier plan", insiste l'agence. OpenAI et Anthropic PBC, les deux startups leaders de l'IA, envisagent également de procéder à leur introduction plus tard cette année. L'introduction en bourse de SpaceX serait la plus importante de l'histoire, dépassant de plus du double les 29,4 milliards de dollars levés par Saudi Aramco en 2019.
Selon Bloomberg News, la société d'Elon Musk spécialisée dans les lancements de fusées, les satellites et l'IA devrait dévoiler les modalités de l'offre dès ce mercredi, lancer sa commercialisation officielle le 4 juin et fixer officiellement le prix dès le 11 juin. Ce calendrier pourrait toutefois être légèrement modifié... La valorisation boursière initiale est attendue à 1.800 milliards de dollars ou plus selon Bloomberg. Goldman Sachs Group Inc., Morgan Stanley, Bank of America Corp., Citigroup Inc. et JPMorgan Chase & Co. sont les chefs de file de l'offre aux côtés de 18 autres banques. La société prévoit son introduction sur le Nasdaq et le Nasdaq Texas sous le symbole SPCX.
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