Clôture Wall Street : séance tendue
Samsung et les semi-conducteurs plombent l'ambiance...
A la fermeture des marchés, la place de Wall Street recule assez nettement, plombée par les valeurs technologiques, fabricants de puces en tête, dans le sillage de la chute de Samsung Electronics à Séoul et ce en dépit de résultats impressionnants du groupe. La nette hausse des taux obligataires et la remontée des cours de l'or noir pèsent également sur les marchés actions.
Dans ce contexte, le S&P 500 redonne -0,45% à 7.503 pts. Le Dow Jones se tasse de -0,25% à 52.925 pts. Le Nasdaq s'enfonce encore de -1,16% à 25.818 pts, alors que ce mardi marque l'entrée de SpaceX (-6,83%) sur le Nasdaq 100 (-1,77% à 29.173 pts), seulement 15 jours après son arrivée sur le marché américain.
Les fortes fluctuations dans le secteur des semi-conducteurs illustrent la surveillance accrue dont font l'objet les principaux bénéficiaires du boom mondial de l'IA. Les investisseurs s'interrogent de plus en plus sur la pérennité de la croissance des bénéfices liée à l'intelligence artificielle si les goulots d'étranglement dans l'approvisionnement en composants clés, tels que les puces mémoire, venaient à s'atténuer. Cette volatilité incite également les opérateurs à se tourner vers des secteurs technologiques délaissés ou vers d'autres segments du marché. C'est un record pour Samsung, mais plutôt que d'apaiser les marchés, ces résultats solides ont fait craindre que l'essor des ventes de puces d'IA ne puisse pas se maintenir, indique Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB.
Les marchés ont également été refroidis par un article de 'Reuters' indiquant que la start-up chinoise DeepSeek développait sa propre puce d'IA, ce qui pourrait réduire sa dépendance vis-à-vis d'autres grands fabricants de puces pour l'entraînement et l'exécution de ses modèles d'IA. "Bien que nous restions confiants dans le potentiel de croissance de l'IA et que nous continuions à voir des opportunités attrayantes dans les semi-conducteurs et le matériel informatique, nous avons également souligné que la prochaine phase de hausse des actions s'accompagnerait probablement d'un élargissement du leadership du marché", indique à 'Bloomberg' Ulrike Hoffmann-Burchardi, directeur des investissements chez UBS. "Les investisseurs devraient veiller à diversifier leur exposition entre les différents secteurs et régions".
Dans l'attente du début de la saison des trimestriels, la semaine prochaine, avec les principales banques de Wall Street, les investisseurs se contenteront de deux publications majeures : PepsiCo (jeudi) et Delta Air Lines (vendredi). Globalement, les entreprises du S&P 500 devraient voir leurs bénéfices progresser de 24,4% au 2e trimestre en glissement annuel, selon les données compilées par LSEG.
Sur le front macro, la balance commerciale de mai a fait ressortir un déficit de 77,6 Mds$ sur le mois.
Les investisseurs se montrent également attentifs à la politique monétaire, après une série de données et de déclarations récentes qui laissent penser que l'inflation pourrait être moins forte que prévu, notamment en raison de la baisse des prix du pétrole. "L'inflation reste trop élevée", a déclaré le président de la Fed de New York, John Williams ajoutant toutefois qu'il était désormais un peu moins inquiet quant à l'évolution des pressions sur les prix dans l'économie. La Réserve fédérale publiera mercredi les "minutes" de de sa réunion de juin, qui pourraient apporter davantage de détails sur les débats qui ont eu lieu au sein de la banque centrale.
Du côté de l'or noir, les cours remontent légèrement à la suite d'attaques dans le détroit d'Ormuz et ses environs. Elles mettent aux devants de la scène les risques persistants pour les navires empruntant cette voie navigable stratégique du commerce mondial. Le fait qu'un navire ait été visé par des tirs dans le détroit d'Ormuz "réintroduit une certaine prime de risque géopolitique dans les cours. Ce n'est pas énorme par rapport à ce que nous avons connu par le passé, mais c'est le principal moteur de la hausse sur le marché", commente Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.
Le baril de WTI américain achève ainsi la séance en hausse de +0,11%% à 72,29$. Pour l'Europe, le baril de Brent de mer du Nord prend +0,2%, à 76,09$.
Le billet vert reste assez stable (-0,08%), s'échangeant 0,8761 euro.
L'once d'or se reprend de +0,44%, à 4.125$ (3.613 euros).
Le Bitcoin flanche encore de -1,1%, à 62.761$.
Les valeurs
* Meta Platforms (+2,55% à 615,58$). La société de Menlo Park a indiqué, lundi, dans un document judiciaire que quatre Etats réclamaient 1.400 Mds$ de pénalités, l'entreprise étant accusée d'avoir conçu ses plateformes Facebook et Instagram pour rendre les jeunes utilisateurs dépendants et d'avoir induit le public en erreur quant à leur sécurité. Meta a avancé ce chiffre dans sa réponse aux conclusions des procureurs généraux concernant le mode de calcul des amendes si les États obtenaient gain de cause lors du procès. Ce chiffre, qui n'avait pas été divulgué auparavant, est proche de la capitalisation boursière de Meta (environ 1.500 Mds$). Il est annoncé avant le procès prévu en août à Oakland, en Californie, concernant les plaintes déposées contre l'entreprise par la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey. Meta a déclaré que ce montant n'était pas étayé par des preuves. Quatorze autres Etats ont intenté des actions en justice en vertu de leurs propres lois ; celles-ci feront l'objet d'un procès distinct en février.
Les dossiers déposés par les États sont confidentiels, mais lors d'une audience en juin, ceux-ci ont indiqué qu'ils calculaient le montant des sanctions en multipliant le nombre d'infractions par les montants des amendes fixés par la législation de chaque Etat. Le nombre d'infractions est basé sur le nombre estimé d'adolescents et de jeunes utilisateurs affectés par les agissements de Meta, ont précisé les Etats. Meta a rejeté ces allégations, affirmant que les procureurs généraux ne disposaient d'aucune preuve indiquant qu'elle ait induit les consommateurs en erreur quant au caractère prétendument addictif de ses plateformes, car la "dépendance aux réseaux sociaux" n'est pas un trouble psychiatrique reconnu ; par conséquent, les déclarations selon lesquelles ses plateformes n'étaient pas addictives ne pouvaient pas être fausses. Le mois dernier, le juge Rogers a rejeté la demande de Meta visant à annuler le procès, estimant qu'il subsistait des divergences factuelles quant à savoir si ses plateformes de réseaux sociaux créaient une dépendance, si Meta avait faussement nié les avoir conçues dans ce but, et si elle avait "partiellement" orienté ces plateformes vers les enfants.
* Amazon.com (+0,75% à 245,98$). Le leader de la vente en ligne chercherait à lever au moins 25 Mds$ via une émission d'obligations libellées en dollars américains alors que l'entreprise intensifie ses investissements dans les infrastructures liées à l'intelligence artificielle. Le montant de l'émission pourrait augmenter en fonction de la demande des investisseurs, selon 'Bloomberg', qui cite des sources proches du dossier. L'entreprise prévoirait d'émettre cette dette en 8 tranches maximum, avec des échéances allant de 3 à 40 ans. Le produit de la vente serait affecté aux besoins généraux de l'entreprise, ce qui peut inclure le remboursement de dettes, des acquisitions et des dépenses d'investissement, selon l'une des sources.
* Rivian (-18,12% à 16,49$). La société a lancé une offre visant à vendre 75 millions d'actions pour financer des apports en capital dans le cadre d'un accord de prêt signé avec le département américain de l'Energie.
* SpaceX (-6,83% à 149,47$). Le titre décroche même s'il suscite un concert d'avis favorables de la part des analystes des banques ayant piloté l'introduction en bourse de la société d'Elon Musk. Au moins 6 courtiers, dont Morgan Stanley, Goldman Sachs et UBS, ont initié le suivi du titre au cours des dernières heures avec des recommandations équivalentes à 'acheter'. Ils misent sur le potentiel de croissance à long terme de Space Exploration Technologies Corp., malgré les interrogations persistantes concernant sa rentabilité, sa capacité d'exécution et sa valorisation après des débuts boursiers retentissants. "SpaceX est capable de convertir l'énergie en intelligence à grande échelle, avec la possibilité de monétiser cette capacité grâce à une gamme de solutions destinées aux particuliers et aux entreprises pour la prochaine ère de l'IA... la dernière frontière", affirme Morgan Stanley dans une note reprise par 'Bloomberg'. La banque a fixé un objectif de cours de 300$ par action -l'un des plus élevés de Wall Street- ce qui implique une hausse de 87% par rapport au prix de clôture de lundi de 160,42$. Les spécialistes de Morgan Stanley estiment que la valorisation de SpaceX pourrait varier entre 75$ (scénario pessimiste) et 600$ (scénario optimiste) par titre, avec un chiffre d'affaires potentiel atteignant 319 milliards de dollars d'ici 2030 et 3.300 Mds$ d'ici 2040.
* BlackRock (-0,21% à 1.009,2$). Le gestionnaire d'actifs va lancer un fonds négocié en bourse (ETF) répliquant l'indice Nasdaq-100, fortement orienté vers les technologies, afin de répondre à la demande croissante des investisseurs souhaitant tirer parti de la hausse boursière alimentée par l'intelligence artificielle. L'ETF iShares Nasdaq 100, proposé par BlackRock, répliquera l'indice phare américain et sera coté sous le symbole IQQ.O dès jeudi, quelques mois seulement après que le Nasdaq ait révisé ses critères afin d'accélérer l'intégration de sociétés nouvellement cotées telles que SpaceX. L'IQQ renforce notre capacité à offrir aux investisseurs un accès au Nasdaq-100 via les ETF iShares, en leur proposant des stratégies complémentaires qui leur permettent d'aligner leurs portefeuilles sur leurs objectifs, a déclaré Elise Terry, responsable d'iShares pour les États-Unis chez BlackRock.
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