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Clôture Wall Street : en ordre dispersé, le Nasdaq plonge avec la tech

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Le Dow Jones demeure la tête de l'eau mais les valeurs technologiques sont sanctionnées après une information sur les revenus d'OpenAI.

Clôture Wall Street : en ordre dispersé, le Nasdaq plonge avec la tech
Credits Dids

La place américaine finit ce soir en ordre dispersé, le Dow Jones se redressant de 0,10% à 51.231 pts alors que le S&P 500 abandonne 0,47% à 7.765 pts et que le Nasdaq perd 1,25% à 27.193 pts sur une information du Financial Times de revenus décevants d'Open AI.

La cote américaine reste principalement sous pression alors que les cours du pétrole demeurent élevés sur des craintes d'extension du conflit au Moyen-Orient et que les tensions persistent sur le marché des obligations d'État. Les prises de bénéfices se poursuivent suite aux records inscrits plus tôt cette semaine sur le Nasdaq et le S&P 500.

L'once d'or fin progresse de 0,3% à 4.125$. L'indice dollar cède désormais 0,1% face à un panier de devises de référence. Le bitcoin évolue sur les 82.600$. Le baril de brut WTI s'échange à 91,10$ pour le contrat de novembre, tandis que le Brent de la mer du Nord est à 103,68$ pour le contrat de décembre. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans s'affiche à 5,22% contre 5,66% sur le '30 ans', sur des sommets de près de deux décennies.

La tension redescend légèrement ce soir après que le président américain a déclaré qu'il excluait d'attaquer l'Iran d'ici aux élections de mi-mandat et assuré qu'il avait eu "des discussions productives avec l'Iran". Plus tôt, une série d'attaques contre des pétroliers dans le détroit d'Ormuz et une baisse de production aux Etats-Unis causée par des ouragans avaient contribué à une nouvelle flambée des prix du brut.

L'approvisionnement amoindri en pétrole depuis le début de la guerre en Iran en février dernier a fait grimper les prix du brut de plus de 60% cette année, alimentant les pressions inflationnistes et laissant entrevoir un resserrement monétaire.

Les Minutes de la dernière réunion monétaire de la Fed publiées hier soir ont montré que les responsables de la banque centrale américaine craignaient, lors de la réunion FOMC des 15 et 16 septembre, une propagation des pressions inflationnistes. Les 19 responsables de la Fed avaient soutenu ainsi la décision de septembre de relever les taux d'intérêt, beaucoup d'entre eux appuyant cette mesure pour se prémunir contre ce risque d'une intensification des pressions inflationnistes. Les Minutes montrent aussi que la plupart des intervenants s'attendaient à une hausse de taux supplémentaire d'ici la fin de l'année. Certains s'inquiétaient aussi de l'impact inflationniste de l'IA.

Les chiffres du crédit à la consommation d'août publiés hier soir ont montré une hausse de 8,3 milliards de dollars, contre 15 milliards de consensus Bloomberg et 17,7 milliards pour la lecture révisée du mois antérieur.

Les inscriptions au chômage publiées ce jeudi sont encore une fois restées quasi stables la semaine passée aux États-Unis. Le Département américain au Travail vient en effet d'annoncer, pour la semaine close au 3 octobre, que les inscriptions au chômage se sont élevées à 197.000, en repli de 2.000 par rapport au niveau révisé de la semaine antérieure. Le consensus était positionné à 200.000.

Christopher Waller, Neel Kashkari et Alberto Musalem de la Fed prennent la parole aujourd'hui. Le gouverneur Waller a jugé que les prochaines hausses de taux ne devraient pas forcément avoir lieu lors de réunions consécutives. Il indique que d'autres hausses sont bien nécessaires face à une inflation élevée depuis cinq ans et demi, mais que leur rythme pourra être flexible.

Demain, les opérateurs suivront enfin l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains pour octobre mesuré par l'Université du Michigan.

Sur le segment de l'IA, OpenAI à l'origine de ChatGPT, a entraîné une chute des valeurs de la tech jeudi, alors que la start up qui prépare son introduction à la bourse New York n'enregistre actuellement qu'un chiffre d'affaires annualisé de 50 milliards de dollars, bien inférieurs aux projections de quelque 70 milliards de dollars, d'après une présentation à des investisseurs révélée par le Financial Times. Cet écart repose sur des méthodes de comparaison d'analystes avec sa concurrente Anthropic. Selon le FT, cette dernière compte dans ses revenus les ventes de ses partenaires Amazon Web Services et Google Cloud. La reprise d'un périmètre comparable pour la firme de Sam Altman aurait abouti à une première estimation de 40 milliards de dollars de revenus annualisés en août pour OpenAI, sur la base de laquelle un deuxième chiffre de 70 milliards de dollars aurait été calculé en septembre sur la base d'une communication d'une croissance de 70%... Ce revers a plombé les valeurs technologiques aujourd'hui à Wall Street, qui demeuraient pourtant le principal facteur de soutien des indices newyorkais ces dernières semaines. Le compartiment des semi-conducteurs flanche ce soir de 3,4%. Aux valeurs, Nvidia recule de 3,08%, Broadcom perd 4,35%, et Micron décroche de 4,79%.

Les revenus doivent suivre, exigent les opérateurs alors que pour le secteur, les accords ou les négociations de financement se multiplient. OpenAI chercherait selon Bloomberg à lever 30 milliards de dollars, notamment auprès des Émirats arabes unis et de BlackRock. Selon l'agence, des fonds des Émirats arabes unis pourraient contribuer à hauteur de 10 milliards de dollars à la dernière levée de fonds du créateur de ChatGPT, qui serait en pourparlers avec des fonds d'investissement des Émirats, dont MGX (basé à Abou Dabi), pour jouer un rôle clé dans un nouveau tour de table. Les fonds émiratis auraient discuté d'un investissement collectif pouvant atteindre 10 milliards de dollars, envisageant de former un syndicat pour ce tour de table, Bloomberg citant à ce sujet des sources proches du dossier. BlackRock serait également en pourparlers pour participer, tandis que les investisseurs actuels, Thrive Capital et Andreessen Horowitz, auraient envisagé d'investir. Le processus de levée de fonds est en cours et les conditions pourraient évoluer, indique Bloomberg. OpenAI chercherait à lever ces fonds sur la base d'une valorisation d'environ 1.400 milliards de dollars avant l'apport de nouveaux capitaux.

SpaceX (-4,19%) voudrait aussi lever la bagatelle de 40 milliards de dollars afin de passer une commande massive en puces d'IA Nvidia...

Broadcom (-4,35%), qui vient de lancer un financement par emprunt de 60 milliards de dollars destiné à soutenir le développement des capacités d'intelligence artificielle d'Anthropic PBC, élaborerait déjà selon Bloomberg les plans de sa prochaine opération majeure. L'entreprise aurait entamé des discussions préliminaires pour organiser un financement visant à aider OpenAI à acquérir la puce d'intelligence artificielle sur mesure que les deux sociétés développent conjointement, selon des sources de Bloomberg proches du dossier. Les premières discussions suggèrent que les deux parties pourraient chercher à lever environ 30 milliards de dollars de dette pour cette nouvelle étape, a indiqué l'une des sources de l'agence. Le Wall Street Journal estime même que Broadcom chercherait à amasser plus de 50 milliards de dollars de financement pour la puce co-développée. Ce même WSJ précise qu'Oracle (-5,48%) serait en pourparlers avec Apollo et Goldman Sachs à propos d'une importante acquisition de puces.

Les valeurs

Levi Strauss (-2,36%) a publié hier soir des résultats loin d'être catastrophiques, qui laissent pourtant les opérateurs sur leur faim. Si la société a enregistré des bénéfices supérieurs aux attentes du marché et relevé ses perspectives pour l'exercice 2026, l'action a continué de flancher sur cette annonce.

Le chiffre d'affaires du groupe a atteint 1,61 milliard de dollars au 3e trimestre, légèrement inférieur au consensus à 1,62 milliard de dollars (+4%), tandis que le bénéfice net est ressorti à 168,6 millions de dollars contre 218,1 millions de dollars à la même période l'année dernière. Le bénéfice ajusté dilué par action à 0,48$, a dépassé les les attentes à 0,36$. Mais il a été porté par des circonstances exceptionnelles : comme beaucoup d'entreprises américaines, Levi's a en effet bénéficié d'un remboursement important des droits de douane du gouvernement américain qui a participé à hauteur de 0,16$ au bpa. Le groupe a revu à la hausse ses prévisions de croissance organique annuelle du chiffre d'affaires à 6%, soit la fourchette haute de ses prévisions précédentes (5,5% à 6%) et relevé ses prévisions de bénéfice par action ajusté pour l'exercice dans une fourchette de 1,54$ à 1,56$, contre un consensus à 1,54$.

Applied Digital (+0,17%), le fournisseur de centres de données, a publié un chiffre d'affaires du premier trimestre fiscal plus que quadruplé à 342 millions de dollars, une perte nette attribuable aux actionnaires de 221 millions mais un EBITDA ajusté de 64 millions de dollars, au-dessus des attentes. Le groupe de conception, de développement, de propriété et d'exploitation de centres de données de grande envergure, spécialement conçus pour prendre en charge des charges de travail de calcul haute performance, notamment l'IA, l'apprentissage automatique et d'autres applications de calcul accéléré, a publié pour ce premier trimestre de l'exercice clos le 31 août une perte nette ajustée de 4 millions, 1 cent par titre.

PepsiCo (+3,73%) a publié ce jeudi des résultats financiers trimestriels supérieurs aux attentes mais abaissé sa guidance, alors que le groupe cherche à stabiliser son activité nord-américaine et signale des réductions de coûts majeures. "Nous continuons d'agir avec un grand sentiment d'urgence pour améliorer durablement les performances financières et commerciales de l'entreprise (notamment en Amérique du Nord)", a déclaré Ramon Laguarta, DG de PepsiCo, ce jeudi.

Le chiffre d'affaires de PepsiCo a progressé de 5,6% sur un an pour atteindre 25,27 milliards de dollars au 3e trimestre fiscal (+6,7% à neuf mois), dépassant légèrement les attentes de Wall Street qui tablaient sur environ 25 milliards de dollars. Le bénéfice par action ajusté s'est établi à 2,34$, soit un niveau légèrement supérieur aux 2,29$ du consensus Bloomberg. Les remboursements de droits de douane se sont élevés à 178 millions de dollars au troisième trimestre. La croissance organique a été de 3,1% sur le trimestre et 2,7% à neuf mois. Le bpa ajusté s'est amélioré de 2% sur le trimestre, en glissement annuel (+1,5% à devises comparables).

Pour l'exercice 2026, le groupe prévoit désormais que son chiffre d'affaires se situera dans la fourchette haute de ses estimations, en hausse d'environ 6%, alors que la croissance organique est attendue à 3% environ contre 2 à 4% précédemment. En revanche, PepsiCo a abaissé sa prévision de croissance du bénéfice ajusté par action entre 2,5 et 3%, alors qu'elle visait auparavant le bas de la fourchette de 5 à 7%. Le ratio de conversion en cash flow libre est toujours attendu d'au moins 80%.

Starbucks cède 0,4% à la suite d'informations de presse selon lesquelles le groupe envisage de racheter Chipotle Mexican Grill, dont le titre a bondi de 6,2%.

Tilray (-3,36%), le géant nord-américain du cannabis, enregistre un chiffre d'affaires et une marge brute records pour le premier trimestre de l'exercice 2027, illustrant selon le groupe "la puissance de sa plateforme mondiale et portée par une croissance à deux chiffres d'une année sur l'autre dans les secteurs du cannabis international, des boissons et de la distribution pharmaceutique". Le chiffre d'affaires est donc ressorti record à 257 millions de dollars au premier trimestre, en hausse de 23% sur un an, avec une marge brute en progression d'environ 300 points de base pour atteindre 30%. Tilray confirme ses prévisions d'EBITDA ajusté pour l'exercice 2027, situées entre 68 et 75 millions de dollars.

TSMC (-3,01% à Wall Street), ou Taiwan Semiconductor Manufacturing Company, le géant taïwanais des puces sous contrat, a affiché pour son 3e trimestre un chiffre d'affaires d'environ 1.490 milliards de dollars taïwanais (près de 47 milliards de dollars américains), soit une hausse de 50% sur un an, dépassant ainsi la prévision de 1.460 milliards de dollars taïwanais établie par le consensus Bloomberg. Le chiffre d'affaires du mois de septembre a même bondi de 55% pour s'établir à 511,9 milliards de dollars taïwanais, a annoncé TSMC, fournisseur majeur de Nvidia et d'Apple, qui dépasse aussi ses propres prévisions.

Notons que plus tôt ce jour, le groupe sud-coréen Samsung Electronics a indiqué que son profit d'exploitation T3 devrait grimper de plus de 780% et battre ainsi le consensus, avec ici encore la demande liée à l'IA... TSMC publiera jeudi prochain ses comptes détaillés du 3e trimestre et dévoilera alors ses prévisions financières.

Anthropic, le laboratoire d'IA qui veut s'introduire en bourse avant Thanksgiving à Wall Street, a dévoilé hier son modèle Claude Haiku 5.5, dernier-né de la famille Claude 5.5, promettant des performances améliorées et des coûts réduits. Haiku 5.5 surpasse Haiku 4.5 dans les domaines de la programmation, de l'utilisation informatique et du travail intellectuel. La gamme Haiku est conçue pour des cas d'usage rapides et peu coûteux, tandis que les modèles Sonnet et Opus offrent des capacités supérieures en programmation et applications d'entreprise. Fable est destiné à des charges de travail de plusieurs jours. Mythos est la version de Fable dotée de moins de garde-fous et d'une cybersécurité renforcée.

Anthropic a indiqué que Haiku 5.5 coûtait en moyenne quatre fois moins que Haiku 4.5. Les clients paieront 0,10$ par million de tokens en entrée et 0,50$ en sortie. Ces tarifs s'alignent sur ceux de GPT-6 Luna d'OpenAI.

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