Clôture Wall Street : du rouge après les records
Les prises de bénéfices se confirment dans un contexte toujours tendu au Moyen-Orient.
Les principaux indices américains finissent en recul ce mercredi, suite aux records du Nasdaq et du S&P 500. Le Nasdaq baisse de 0,22% à 27.538 pts - après cinq séances consécutives de progression, sur ses plus hauts - le S&P 500 cède également 0,22% à 7801 pts et que le DJIA cède 0,66% à 51.179 pts.
Les prises de bénéfices l'emportent, même si la bourse de New York a effacé en fin de séance une partie de ses pertes initiales après que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a annoncé vouloir accélérer la libération de réserves de pétrole, en priorité de diesel, ce qui a provoqué une légère accalmie des prix du brut. Ce soir, à la clôture, le baril de WTI retombe à 89,02$ (contrat de novembre) tandis que le Brent de la Mer du Nord est à 101,6$ (contrat de décembre).
Les opérateurs n'anticipent plus vraiment de hausse des taux le 28 octobre (probabilité de 17,7% contre 82,3% de chances d'un statu quo). Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans évolue ce soir autour de 5,28% contre 5,67% sur le '30 ans', sur des sommets de deux décennies.
Les interventions de responsables de la Fed se poursuivaient hier, avec John Williams, Michelle Bowman, Jeffrey Schmid et Lorie Logan. Rappelons que c'est Williams, patron de la Fed de New York, qui a fait retomber en premier la semaine dernière les anticipations de hausse des taux pour octobre, estimant qu'il n'y avait pas d'urgence à durcir encore la politique monétaire suite au tour de vis de 25 points de base du 16 septembre dernier. Bowman a indiqué que la Fed prévoyait de réorganiser les responsabilités de supervision bancaire. Schmid, président de la Fed de Kansas City, a noté que la force de travail "restait dans une bonne situation", mais que l'inflation, "frustrante", devait être réglée. Il a estimé que la crédibilité de la Fed était en jeu dans la lutte contre l'inflation.
Publié dans l'après-midi, le compte-rendu de la réunion de septembre de la Fed montre d'ailleurs des divisions parmi les responsables de la banque centrale américaine à propos de la logique justifiant de relever les taux, bien qu'a été décidée à l'unanimité la hausse du coût de l'emprunt opérée le mois dernier. Certains participants ont dit voir une hausse des taux comme nécessaire pour se prémunir des répercussions du choc énergétique, tandis que d'autres ont souligné vouloir lutter contre l'inflation alimentée par la solidité de la demande.
Les réserves de brut aux États-Unis publiées ce mercredi ont baissé de manière inattendue la semaine passée. D'après le département américain à l'Énergie, les stocks domestiques de brut, hors réserve stratégique, ont reculé de 3,2 millions de barils lors de la semaine close le 2 octobre, à 424,1 millions de barils. Les stocks d'essence ont augmenté de 0,4 million de barils et ceux de produits distillés sont restés stables.
Les chiffres du crédit à la consommation, dévoilés ce soir, affichent une baisse surprise au mois d'août, la valeur totale de ces crédits étant tombée à 8,28 milliards de dollars alors que le consensus tablait sur 14,5 milliards de dollars après 17,74 milliards de dollars en juillet en données révisées. Cette chute de l'encours des crédits à la consommation suggère en creux une contraction des dépenses et de la confiance des ménages américains - mais ces données sont souvent volatiles et sujets à des révisions importantes d'un mois à l'autre.
Demain, les opérateurs suivront les inscriptions au chômage pour la semaine close le 3 octobre. Vendredi, suivront l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains pour octobre mesuré par l'Université du Michigan.
Concernant la géopolitique, pas d'évolution diplomatique majeure ce jour alors que les tensions demeurent et rendent toujours exorbitant le coût du transport pétrolier dans le Golfe. Malgré l'intensification des expéditions via le détroit d'Ormuz ces dernières semaines, les autorités britanniques ont signalé au moins neuf attaques dans cette voie maritime stratégique depuis le début du mois d'octobre, dans un contexte de tensions persistantes entre les États-Unis et l'Iran. Parallèlement, une tempête tropicale se rapproche de la côte du Golfe et menace de toucher terre sous forme d'ouragan d'ici vendredi. Chevron a annoncé l'évacuation du personnel non essentiel de ses plateformes offshore dans la région...
Sur le segment de l'IA, OpenAI chercherait selon Bloomberg à lever 30 milliards de dollars, notamment auprès des Émirats arabes unis et de BlackRock. Selon l'agence, des fonds des Émirats arabes unis pourraient contribuer à hauteur de 10 milliards de dollars à la dernière levée de fonds du créateur de ChatGPT, qui serait en pourparlers avec des fonds d'investissement des Émirats, dont MGX (basé à Abou Dabi), pour jouer un rôle clé dans un nouveau tour de table. Les fonds émiratis auraient discuté d'un investissement collectif pouvant atteindre 10 milliards de dollars, envisageant de former un syndicat pour ce tour de table, Bloomberg citant à ce sujet des sources proches du dossier. BlackRock serait également en pourparlers pour participer, tandis que les investisseurs actuels, Thrive Capital et Andreessen Horowitz, auraient envisagé d'investir.
Le processus de levée de fonds est en cours et les conditions pourraient évoluer, indique Bloomberg. OpenAI chercherait à lever ces fonds sur la base d'une valorisation d'environ 1.400 milliards de dollars avant l'apport de nouveaux capitaux.
SpaceX voudrait aussi lever la bagatelle de 40 milliards de dollars afin de passer une commande massive en puces d'IA Nvidia...
Dans l'actualité des entreprises, Constellation Brands a publié hier soir, tandis que Levi Strauss et Applied Digital annoncent demain. Pepsico sera en vedette jeudi. Delta Air Lines publiera enfin vendredi.
Les valeurs
Constellation Brands (+2,35%), le groupe américain spécialiste des boissons alcoolisées, producteur de la Corona, de vins et d'autres spiritueux, a rapporté hier soir un chiffre d'affaires de 2,63 milliards de dollars pour son trimestre clos au 31 août, en hausse de 6%, au-dessus des attentes du marché, qui se situaient à 2,54 milliards de dollars. Son bénéfice net a atteint environ 565,8 millions de dollars, contre 466 millions de dollars un an plus tôt, pour un bénéfice par action ajusté de 3,74 dollars, également supérieur au consensus des analystes, qui tablaient sur une fourchette de 3,56 à 3,61 dollars.
Dans un environnement difficile pour la consommation d'alcool, la société américaine est parvenue à enregistrer une progression de 5% nets de ses ventes de bières, grâce à la popularité soutenue de marques comme Corona ou encore Modelo Especial, et soutenue par la coupe du monde de la Fifa et les finales de la NBA, tandis que le segment des vins et spiritueux a grimpé de 17%. Dans ces conditions, Constellation Brands confirme un bénéfice par action annuel compris entre 11,20 et 11,90$ pour l'exercice 2027 en cours, mais revoit légèrement à la baisse sa marge d'exploitation, attendue entre 31% et 32% contre 32% à 33%. Constellation reste impacté par le contexte morose de la consommation ainsi que par le retrait des prévisions 2028 par la société en avril, qu'elle avait justifié par un environnement opérationnel instable et une visibilité limitée à court terme...
AMD (-0,55%), le numéro deux américain des puces d'IA, continue d'explorer des partenariats potentiels avec le groupe sud-coréen Samsung Electronics concernant l'approvisionnement en mémoire et la fabrication de semi-conducteurs, a déclaré mercredi sa PDG, Lisa Su, lors d'une visite à Séoul. Elle a indiqué qu'AMD collaborait avec ses clients pour gérer les besoins en mémoire dans un contexte de contraintes d'approvisionnement. "Nous travaillons avec nos clients pour optimiser leur consommation de mémoire afin de pouvoir répondre à une demande de calcul accrue à l'avenir".
Elle a rencontré ainsi des dirigeants de SK Hynix et prévoit des entretiens avec ceux de Samsung Electronics au cours de son séjour. Elle a également indiqué encourager les fabricants de mémoire à produire plus vite, "aussi vite que possible. Je pense que nous dépendons énormément de la chaîne d'approvisionnement coréenne", a-t-elle déclaré, ajoutant que Samsung et SK Hynix étaient essentiels pour concrétiser la vaste ambition d'AMD dans le domaine des centres de données. Elle a affirmé que la demande globale pour les centres de données restait élevée, AMD constatant un intérêt pour l'ensemble de son portefeuille de produits.
Intel (+0,55%). Le directeur général d'Intel, Lip-Bu Tan, a assuré que le géant des processeurs continuerait à travailler sur le pharaonique projet Terafab d'Elon Musk, rapporte Bloomberg. Cette réaction intervient peu après que Musk a déclaré que le groupe taïwanais TSMC et Terafab avaient eu des discussions. Taiwan Semiconductor Manufacturing Company, le géant taïwanais des puces sous contrat, a atteint avant-hier un nouveau sommet historique à Wall Street pour une capitalisation boursière désormais supérieure à 2.000 milliards de dollars. Musk a confirmé en effet des discussions préliminaires avec Taiwan Semi concernant une éventuelle collaboration sur Terafab, son gigantesque projet lié aux semi-conducteurs.
McDonald's (-0,68%) fait l'objet d'une plainte collective au niveau fédéral aux États-Unis visant son outil de tarification basé sur l'intelligence artificielle. Avec ce dispositif, la société enfreindrait les lois antitrust en partageant des données non publiques avec des franchisés susceptibles d'être en concurrence, notamment les chiffres de ventes par restaurant, selon The Associated Press. Il est également reproché au système de tarification d'entraîner une hausse des prix de ses restaurants aux États-Unis.
SpaceX (-2,51%), le groupe d'astronautique et vol spatial d'Elon Musk, introduit en juin à Wall Street et désormais valorisé 2.170 milliards de dollars, chercherait à lever encore 40 milliards de dollars dans un effort de financement mené par Apollo Global Management et visant à acquérir de précieuses puces Nvidia (-0,74%), indique le Financial Times. Le FT explique ainsi que SpaceX entendrait lever environ 10 milliards de dollars par prêts bancaires et 30 milliards de dollars en dette de catégorie d'investissement, afin de financer une commande géante de puces.
Le groupe de private equity Apollo devrait donc mener cette levée de fonds et aider à écouler la dette auprès d'une large base d'investisseurs. Le colosse obligataire Pimco compterait parmi un petit groupe de prêteurs en pourparlers pour financer un tel deal, d'après les sources du FT. La finalisation de la transaction serait attendue en 2027. Le FT note que ces plans soulignent l'ampleur des sommes en jeu pour honorer les investissements dans les centres de données, puces et autres infrastructures d'IA.
Les assurances et fonds de pension auraient la possibilité d'acquérir de la dette de SpaceX du fait de sa notation de crédit 'BBB', la seconde plus basse de la catégorie d'investissement. De tels fonds prennent des positions bien plus limitées sur les obligations notées 'junk' (catégorie spéculative). SpaceX avait sécurisé une note de catégorie d'investissement peu après son IPO de juin dans le cadre de laquelle le groupe avait levé 86 milliards de dollars. Le groupe avait ensuite levé 25 milliards de plus sur les marchés obligataires.
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