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Clôture Wall Street : belle fin de semaine

| Boursier | 37 | news.votes.none

Les chiffres de l'emploi soutiennent les marchés ; l'or continue de briller...

Clôture Wall Street : belle fin de semaine
Credits Boursier.com avec IA

Ce vendredi, les indices terminent à la hausse à Wall Street... Les investisseurs apprécient les chiffres de l'emploi américain publiés, ce jour. Les données ressortent assez proches des attentes en termes de créations de postes, ce qui ne perturbe pas le narratif actuel, c'est-à-dire celui d'une économie résiliente mais d'une politique monétaire attendue un peu plus souple. Par ailleurs, les marchés attendaient avec une certaine impatience la décision de la Cour suprême sur les droits de douane de Trump. Cependant, la plus haute juridiction américaine s'est abstenue de trancher.
Au final, le S&P 500 grimpe ce vendredi de +0,65% à 6.966 pts (+0,93% en glissement hebdomadaire). Le Dow Jones gagne +0,48% à 49.504 pts (+1,08% sur cette première semaine complète de 2026). Le Nasdaq est une nouvelle fois bien ferme avec un gain de +0,81% à 23.671 pts (+1,18% sur la semaine).

Le Venezuela était au coeur de l'actualité cette semaine, suite à l'opération militaire américaine qui a conduit à la capture du président Nicolás Maduro. Les marchés semblent pour l'heure relativiser les risques de répercussions économiques. Le Venezuela produit actuellement moins de 1 million de barils de pétrole par jour, soit moins de 1% de la production mondiale, mais il possède les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde. Trump a laissé entendre que les Etats-Unis pourraient subventionner les efforts des compagnies énergétiques pour reconstruire l'industrie pétrolière vénézuélienne, son administration cherchant à convaincre les entreprises d'investir dans le pays. Il a chargé le secrétaire d'Etat Marco Rubio de piloter le processus de mise en oeuvre des réformes économiques et politiques locales. Les Etats-Unis estiment bénéficier d'une coopération pleine et entière du gouvernement de Caracas. Trump a donc demandé à Rubio, sous sa direction et son encadrement directs, de prendre la tête de ce processus. Le secrétaire d'État dirigera une équipe composée notamment de responsables des politiques énergétiques, financières et militaires... Dans une interview accordée au New York Times et publiée jeudi, Trump a déclaré que les Etats-Unis allaient administrer le Venezuela et exploiter son pétrole pendant des années. "Nous allons reconstruire de manière très rentable", a-t-il affirmé au journal.

Toujours aussi actif, Trump a aussi annoncé cette semaine son intention d'augmenter le budget militaire américain à 1.500 milliards de dollars en 2027, contre 901 Mds$ approuvés par le Congrès pour cette année. Une annonce qui a dopé hier le compartiment de la défense en bourse. Le président américain justifie cette augmentation attendue par l'incertitude géopolitique accrue. Pour financer cet effort budgétaire, il assure que les recettes générées par les droits de douane imposés à de nombreux pays et secteurs industriels seront suffisantes. Selon lui, les États-Unis seraient même en mesure de réduire leur dette tout en versant des chèques de dividendes aux ménages à revenus "modérés"...

Trump a salué les chiffres du déficit commercial publiés hier. "Les chiffres publiés aujourd'hui montrent que les États-Unis d'Amérique affichent le déficit commercial le plus bas depuis 2009, et qu'il continue de diminuer. De plus, le produit intérieur brut (PIB) de notre pays devrait dépasser les 5%, et ce, malgré une perte d'au moins 1,5% due au blocage budgétaire imposé par les démocrates. Ces chiffres exceptionnels, et le succès sans précédent de notre pays, sont le fruit direct des droits de douane, qui ont sauvé notre économie et notre sécurité nationale. J'espère que la Cour suprême prendra conscience de ces réalisations historiques qui ont sauvé le pays avant de rendre sa décision la plus importante (de son histoire !)", a lancé hier Trump sur Truth Social.

Le déficit américain du commerce international des biens et services pour le mois d'octobre 2025 a très nettement reculé à 29,3 Mds$, pratiquement deux fois moins lourd que le consensus Bloomberg et au plus bas depuis 2009, alors qu'il se situait à 48,1 Mds$ pour la période correspondante de l'an dernier.

Trump entend par ailleurs soutenir l'accessibilité au marché immobilier par une nouvelle mesure. "Biden a ignoré le marché immobilier et s'est plutôt retrouvé plongé dans la criminalité galopante, l'ouverture des frontières, une inflation galopante, le désastre afghan et une armée qu'il a laissée en plein chaos. Tout était en ruine, mais moi, en tant que président des États-Unis, j'ai déjà tout remis en ordre ! A présent, je me concentre tout particulièrement sur le marché immobilier. Ayant choisi de ne pas vendre Fannie Mae et Freddie Mac durant mon premier mandat - une décision judicieuse, prise contre l'avis des 'experts' -, ces actifs valent aujourd'hui bien plus que leur valeur initiale - une véritable fortune - et disposent de 200 Mds$ en liquidités. C'est pourquoi je demande à mes représentants d'acheter pour 200 Mds$ d'obligations hypothécaires. Cela fera baisser les taux d'intérêt, les mensualités et rendra l'accès à la propriété plus abordable. C'est l'une des nombreuses mesures que je prends pour rétablir l'accessibilité au logement, un aspect que l'administration Biden a complètement anéanti. Nous faisons renaître le rêve américain, détruit par la précédente administration", a ainsi lancé Trump sur son réseau social.

Trump a indiqué aussi, cité par le New York Times, qu'il appartenait à Xi Jinping de décider des actions de Pékin concernant Taïwan, mais qu'il serait "très mécontent" en cas de rupture du statu quo. "Il considère Taïwan comme une partie de la Chine, et c'est à lui de décider de ce qu'il va faire", a donc déclaré le président américain dans une interview au NYT. "Mais je lui ai dit que je serais très mécontent s'il faisait cela, et je ne pense pas qu'il le fera".

Les opérateurs attendaient ce jour la décision de la Cour suprême, plus haute juridiction US, concernant la légalité des droits de douane de Trump, avec à la clé une potentielle bataille juridique pour obtenir le remboursement de 150 Mds$ de droits de douane déjà acquittés par les importateurs en cas de rejet de ces tarifs douaniers par la Cour. Il s'agit de déterminer si le président américain avait bien le droit d'invoquer la loi d'urgence de 1977 (IEEPA) pour imposer ses tarifs douaniers sans passer par le Congrès. Reuters note que l'anticipation d'une invalidation des droits de douane s'est accrue après les plaidoiries de novembre, au cours desquelles des juges conservateurs et progressistes ont exprimé des doutes sur la question de la légalité des droits.
Il faudra toutefois patienter. Ainsi, la Cour a conclu ses annonces d'avis sans rendre de verdict sur la légalité des droits de douane du président Trump. Les rumeurs enflaient d'un éventuel rejet d'une bonne partie des droits de douane de l'administration en place, mais la décision est donc remise à plus tard. La Cour pourrait rendre d'autres avis dans les deux prochaines semaines.
Bloomberg rappelle que Trump bénéficie d'autres outils pour remodeler le commerce mondial, par exemple ses pouvoirs de sécurité nationale en vertu de la Section 232. Il pourrait aussi déployer temporairement des taxes à l'importation pouvant atteindre 15% pendant un maximum de 150 jours en utilisant une disposition du Trade Act. Mais cela ne peut être fait unilatéralement qu'en cas de crise "importante et grave" de la balance des paiements américaine, pour aider à corriger un déséquilibre de la balance des paiements internationale, ou pour prévenir une dépréciation "imminente et significative" du dollar. L'administration pourrait également lancer davantage d'enquêtes sur les politiques commerciales et économiques déloyales des pays, cette fois en vertu de la Section 301, mais leur mise en oeuvre prendrait plus de temps. Le conseiller économique Kevin Hassett affirme qu'il est quasiment certain que la Cour suprême donnera raison à Donald Trump sur la question des droits de douane, ajoutant que d'autres recours sont possibles si la décision est défavorable à l'administration.

Les chiffres de l'emploi américain publiés ce vendredi sont plutôt rassurants, du moins d'un strict point de vue économique, sans considérer les conséquences en termes de politique monétaire. L'emploi total non agricole (+50.000) et le taux de chômage (4,4%) ont peu varié en décembre aux USA, selon les données publiées aujourd'hui par le Bureau des statistiques du travail des États-Unis. L'emploi a continué de progresser dans les secteurs de la restauration, de la santé et de l'aide sociale. Le commerce de détail a, quant à lui, enregistré des pertes d'emplois. Ainsi, les créations de postes, au nombre de 50.000, ressortent assez proches du consensus des économistes de la place (55.000), tandis que le taux de chômage recule de 4,5% à 4,4%, à comparer à un consensus de 4,5%.

Les créations de postes dans le privé sont cependant inférieures au consensus, à 37.000. Le segment manufacturier a détruit 8.000 postes. Le taux de participation à la force de travail s'est établi à 62,4%. Le salaire horaire moyen a augmenté de 0,3% d'un mois sur l'autre et de 3,8% sur un an.

La variation de l'emploi total non agricole pour octobre a été révisée à la baisse de 68.000, passant de -105.000 à -173.000, et celle de novembre a été révisée à la baisse de 8 000, passant de +64.000 à +56.000. Avec ces révisions, l'emploi cumulé d'octobre et de novembre est inférieur de 76.000 aux chiffres précédemment publiés.

Les mises en chantier et permis de construire d'octobre ont aussi été annoncés. Les mises en chantier se sont affichées à 1,246 million (1,33 million de consensus et 1,306 million un mois avant). Les permis sont ressortis à 1,412 million (1,35 million de consensus FactSet).

L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan pour le mois de janvier 2026 s'est établi à 54 (53,5 de consensus de place). L'indice relatif aux anticipations d'inflation pour l'année à venir est ressorti à 4,2%, stable en comparaison du mois antérieur.

En ce qui concerne la Fed, l'outil CME FedWatch montre une probabilité de statu quo monétaire de 95% à l'issue de la prochaine réunion de la Fed, le 28 janvier. Cette 'proba' vient de monter d'un cran suite au rapport sur l'emploi du jour. Le même outil montre une 'proba' de 32,6% que les taux terminent l'année entre 3 et 3,25%, ce qui représenterait une baisse d'un demi-point par rapport aux niveaux actuels. La probabilité d'un recul de trois quarts de point à fin 2026 est de 24,2%. Le nom du successeur de Jerome Powell à la tête de la Fed pourrait bien être dévoilé dans les prochains jours par Donald Trump. Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, qui s'exprimait hier devant l'Economic Club du Minnesota, juge toujours que les taux de la Fed sont significativement supérieurs au taux neutre. Bessent a également laissé entendre que Trump devrait annoncer sa décision d'ici quelques jours - en tout état de cause en janvier - concernant la succession de Powell. Ainsi, la décision serait révélée avant ou après le Forum économique mondial de Davos, en Suisse, programmé du 19 au 23 janvier.

Les pétroles se reprennent. Le baril de brut WTI, la référence américaine, gagne +0,81% à 58,85$ (+0,81% sur la semaine). La référence pétrolière européenne, le Brent de mer du Nord prend +0,51% à 63,02$ le baril, et rebondit de +1,89% sur la semaine.
Le métal jaune est encore bien brillant cette semaine. L'once d'or termine la semaine à 4.509$ (3.875 euros), et gagne près de +4% en glissement hebdomadaire.
Le Bitcoin est plus fébrile et recule de -0,66%, revenant à 90.526$.

La saison des résultats trimestriels va s'engager la semaine prochaine, avec les valeurs financières et notamment JP Morgan, Bank of New York Mellon, Bank of America, Wells Fargo, Goldman Sachs ou Citigroup. Sur le segment technologique, la publication du géant taïwanais TSMC est également attendue.

Les valeurs

* TSMC (+1,74% à 323,64$). Le géant taïwanais des puces sous contrat, qui fournit notamment Apple (+0,13% à 259,37$) ou Nvidia (-0,1% à 184,86$), a publié pour son 4e trimestre des revenus de 1.046 Mds$ de Taïwan, soit plus de 33 Mds$ US, ce qui dépasse les attentes des analystes et marque une croissance de plus de 20% de l'activité en cette fin d'année calendaire dopée une fois encore par la demande de l'intelligence artificielle. Il s'agit d'un signal positif juste avant la publication des résultats financiers trimestriels du groupe. Taiwan Semiconductor Manufacturing Company annoncera ses comptes détaillés jeudi prochain.

* Walt Disney (+1,5% à115,88$). Le groupe de médias et de loisirs pourra-t-il trouver des relais de croissance en Chine ? Un haut responsable chinois a rencontré, vendredi à Pékin, le DG de Disney, Bob Iger, selon des médias d'Etat cités par Reuters. Le groupe américain de divertissement chercherait à consolider sa présence locale. Le vice-Premier ministre Ding Xuexiang a encouragé Iger à investir davantage en Chine. Reuters note qu'il s'agit d'un revirement notable par rapport à la menace brandie par Pékin, en avril dernier, de restreindre davantage les importations de films hollywoodiens en réponse aux droits de douane américains. Reuters rappelle que depuis 30 ans, Pékin limite les importations hollywoodiennes à 10 films par an et a considérablement influencé le choix du public chinois de privilégier les productions nationales. Les films hollywoodiens ne représentent que 5% des recettes totales du box-office chinois, selon des estimations d'analystes reprises par Reuters. Néanmoins, Disney et Universal Studios ont déjà ouvert des parcs d'attractions à Shanghai et à Pékin, respectivement.
La visite d'Iger devrait selon Reuters "relancer les spéculations quant à l'ouverture prochaine d'un deuxième parc d'attractions en Chine par le géant du divertissement". "Disney a pleinement confiance dans le développement de la Chine et continuera d'y investir", a affirmé Iger, cité par l'agence.

* Meta Platforms (+1,08% à 653,06$). Le groupe de Mark Zuckerberg a conclu une série d'accords d'approvisionnement en électricité pour ses centres de données, ce qui en fera le plus gros acheteur d'énergie nucléaire parmi les géants du cloud, indique Bloomberg, estimant que ces accords pourraient représenter une production totale de plus de 6 gigawatts - l'équivalent de la consommation d'une ville d'environ 5 millions de foyers. Meta a annoncé ce vendredi son intention d'acheter de l'électricité auprès de 3 centrales existantes de Vistra et de soutenir plusieurs petits réacteurs que les sociétés Oklo Inc. (soutenue par Sam Altman) et TerraPower LLC (soutenue par Bill Gates) prévoient de construire au cours des 10 prochaines années, détaille Bloomberg. Ces accords font suite à un autre, conclu en juin, portant sur l'approvisionnement en énergie auprès d'un site nucléaire de Constellation Energy.

* General Motors (-2,65% à 82,87$). Le géant automobile de Detroit va passer des charges de 6 Mds$, suite à l'abandon de sa stratégie dans les véhicules électriques. Ces charges impacteront le 4e trimestre du constructeur. Le crédit fiscal américain sur les VE a pris fin en septembre. Il représentait 7.500$ sur les VE neufs et 4.000$ pour les véhicules d'occasion. Dans une communication à la SEC, le gendarme américain de marché, GM a indiqué que les charges de 6 Mds$ comprenaient des dépréciations sans impact sur la trésorerie et d'autres charges non-cash de 1,8 Md$, ainsi que des commissions d'annulations de contrats et accords fournisseurs, ainsi que d'autres charges, pour un total de 4,2 Mds$.

* Johnson & Johnson (-0,66% à 204,39$). Le géant pharmaceutique et médical américain vient de conclure un accord avec l'administration Trump pour baisser le prix des médicaments pour les Américains en échange d'exemptions des droits de douane. L'accord de coopération permettra à des millions d'Américains d'acheter des médicaments à des prix considérablement réduits, selon J&J. Cet accord exempte les produits pharmaceutiques de Johnson & Johnson des droits de douane. L'entreprise annonce la construction de deux nouveaux sites de production en Caroline du Nord et en Pennsylvanie et poursuit son investissement de 55 Mds$ aux Etats-Unis qui devrait être finalisé d'ici 2029.

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