Wall Street recule, s'inquiète des centaines de milliards nécessaires pour développer l'IA
La Bourse de New York évolue en baisse jeudi, plombée par la perspective de dépenses encore massives pour développer l'intelligence artificielle (IA), qui ravive les craintes des investisseurs sur la capacité du secteur à générer des bénéfices.
Vers 14H00 GMT, le Dow Jones cédait 0,13 %, l'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, reculait de 1,40 % et l'indice élargi S&P 500 lâchait 0,74 %.
"Le dénominateur commun semble être la résurgence des inquiétudes concernant les plans de dépenses en infrastructures d'IA. Les engagements futurs sont colossaux. Pourtant, on ne sait guère quand, ni même si les dépenses prévues généreront un retour sur investissement", prévient David Morrison, du cabinet Trade Nation.
La veille, Meta a publié un chiffre d'affaires pour le troisième trimestre supérieur aux attentes (+26% sur un an) et prévu d'encore accélérer la cadence pour la fin d'année.
Le marché a initialement bien réagi à ces chiffres. Mais des commentaires sur les besoins en capitaux ont renversé la vapeur.
Meta estime en effet devoir lever "des centaines de milliards de dollars sur plusieurs années", dès cet automne. Il prévoit déjà d'investir 135 à 145 milliards cette année et sa trésorerie disponible est passée dans le rouge.
Son agent d'IA baptisé Muse est si gourmand en puissance de calcul que "les coûts totaux de service vont augmenter", a prévenu la directrice financière Susan Li.
Le titre cédait en conséquence 5,89 %, soit près de 100 milliards de dollars de valorisation boursière envolés.
"Cette déclaration a suscité certaines inquiétudes quant à une éventuelle dilution pour les actionnaires", relève Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com. Meta prévoit de créer des actions sans droit de vote, distribuées gratuitement à ses actionnaires, qu'il pourra ensuite émettre pour attirer de nouveaux investisseurs
Le marché a surtout retenu qu'une nouvelle fois les dépenses d'un poids lourd de l'IA vont augmenter alors que Wall Street se montre de plus en plus pressé d'en observer les effets positifs sur les bénéfices.
Meta entraîne par conséquent tout l'écosystème de l'IA à la baisse à l'instar des spécialistes des puces Nvidia, AMD et Broadcom.
IBM, qui a publié des résultats supérieurs aux attentes lors du troisième trimestre et prévoit une hausse de sa trésorerie disponible cette année, souffre aussi de la sévérité des investisseurs. Son action reculait de 1,95% vers 14H00 GMT.
Les développements géopolitiques pèsent aussi sur la place américaine, selon Patrick O'Hare.
"Un article du New York Times (a) rapporté que les États-Unis et Israël avaient élaboré des plans en vue de nouvelles frappes contre l'Iran après les élections de mi-mandat", écrivent les analystes de la Deutsche Bank.
Les cours du pétrole s'affichent en hausse de plus de 2 %.
Ailleurs à la cote, le constructeur américain Lockheed Martin bondissait de 6,23 % à 585,89 dollars après l'annonce d'une commande par le Pentagone d'au moins 850 chasseurs bombardiers furtifs F-35 sur une période de 10 ans.
Le groupe de Bethesda (Maryland) a aussi fait état d'une hausse de 11,28% de son chiffre d'affaires de juillet à septembre.
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