Sophie Binet (CGT) appelle l'Etat à être "au rendez-vous" pour sauver Fibre Excellence
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a appelé jeudi "l'Etat a être au rendez-vous du sauvetage" du fabricant de pâte à papier Fibre Excellence alors que le banquier Matthieu Pigasse est prêt à s'associer à l'offre de reprise.
"Nous avons déplacé des montagnes (...), déjoué le scénario (de liquidation judiciaire, NDLR) que les vautours avaient calé dans notre dos", a martelé la syndicaliste venue soutenir les salariés de l'usine de Saint-Gaudens (sud de la Haute-Garonne), au pied des Pyrénées.
"Nous avons réussi à trouver un investisseur français sérieux, solide, intéressé pour investir le moyen-long terme", a souligné Mme Binet, insistant sur la volonté de M. Pigasse de "préserver la souveraineté industrielle" et d'assurer la pérennité des trois sites" du groupe, Saint-Gaudens, Tarascon (Bouches-du-Rhône) et Chapelle Darblay (Seine-Maritime).
"Maintenant, c'est à l'Etat d'être au rendez-vous et de lever les conditions suspensives", a-t-elle ajouté, affirmant que les difficultés des usines étaient liées à une désorganisation du marché du bois qui a fait monter les prix et les a rendues déficitaires.
L'arrivée surprise du financier de gauche en soutien d'une offre de reprise qui doit être remodelée d'ici au 2 juillet, avant une nouvelle audience au tribunal de commerce de Toulouse le 6, a redonné le sourire aux salariés alors que les sites du groupe sont à l'arrêt depuis avril.
"C'est une bonne nouvelle. Il représente un capitalisme modéré, c'est comme ça qu'on les aime", a commenté Sébastien Oustric, responsable syndical CGT du site. "A mon avis, ce qui l'intéresse, c'est le made in France", a-t-il ajouté.
Une table ronde "immédiate" est prévue pour formuler l'offre, a affirmé la présidente de région Occitanie Carole Delga (PS) alors que le niveau d'engagement de M. Pigasse reste à déterminer.
Fibre Excellence emploie 670 salariés mais son avenir concerne plusieurs milliers d'emplois indirects, notamment de la filière bois.
Pour Matthieu pigasse, qui n'a "pas été difficile à convaincre", selon Sophie Binet, "c'est l'ensemble du projet qui a un sens d'un point de vue industriel et social".
"Il est concentré sur l'avenir de la France, une France qui produit", a enchaîné Mme Delga, précisant que le banquier d'affaires et homme de médias "connaissait le site et a des origines commingeoises", ce territoire du sud du département.
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