La Bourse de Paris en nette hausse après les "midterms"
La Bourse de Paris a fini en nette hausse mercredi, saluant la large victoire des démocrates aux élections de mi-mandat américaines, qui a également provoqué une forte détente du taux d'emprunt français à échéance dix ans.
Le CAC 40 a pris 1,96% à 8.177,89 points, en hausse de 157,58 points. La veille, il avait perdu 1,22%.
"Le résultat des élections a levé l'incertitude et la victoire démocrate, permettant un Congrès qui bridera Donald Trump, n'est pas une mauvaise nouvelle pour les marchés", a résumé Vincent Juvyns, analyste pour la banque ING, interrogé par l'AFP.
"La victoire des démocrates signifie le retour à une gouvernance divisée à Washington", ont expliqué les analystes du gestionnaire d'actifs Schroders. Or, "cette situation est historiquement favorable aux marchés, car un blocage institutionnel limite les dépenses publiques".
La perspective d'une amélioration sur le front de la guerre au Moyen-Orient, qui provoque depuis plusieurs mois une hausse du pétrole, faisant grimper l'inflation et les taux d'emprunt souverains dans les grandes économies, explique aussi ce mouvement.
"Le nouveau Congrès pourrait user de son influence sur les dépenses pour contester tout financement militaire supplémentaire et accentuer la pression en faveur d'une solution diplomatique" au Moyen-Orient, a noté Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.
Les prix du brut ont reculé, le Brent passant à nouveau sous la barre des 100 dollars, détendant fortement le marché des dettes souveraines en Europe et aux États-Unis.
Le taux de la dette française à dix ans, scruté depuis plusieurs semaines en raison des blocages budgétaires et des incertitudes politiques, a ainsi chuté à 4,77 %, contre 4,95 % la veille. Son équivalent allemand, référence sur le continent, a fini à 3,27 %, contre 3,33 %.
Les valeurs bancaires en ont profité. BNP Paribas a pris 4,67% à 91,70 euros. Société Générale a gagné 3,80% à 63,89 euros et Crédit Agricole a avancé de 3,33% à 15,52 euros.
"La principale crainte des marchés est que la réglementation en matière d'IA puisse se durcir et que le développement des infrastructures d'IA puisse ralentir", selon Thomas Hempell, chef de recherche macroéconomique de Generali.
Les investissements massifs des géants de la tech dans l'IA et la construction de centres de données aux États-Unis constituent le principal moteur des marchés d'actions mondiaux depuis plusieurs mois.
Or, plusieurs démocrates nouvellement élus "dans les principaux États accueillant des centres de données ont fait campagne contre leur déploiement", explique Mark Malek, de Siebert Financial.
Les entreprises de semi-conducteurs et de puces électroniques, principales bénéficiaires des investissements pour développer cette technologie, en ont souffert. A Paris, STMicroelectronics a perdu 5,14% à 40,89 euros et Soitec 11,78% à 110,05 euros.
Les fournisseurs d'équipements électriques, eux aussi très investis dans les centres de données, ont aussi perdu du terrain, à l'image de Schneider Electric (-3,42% à 231,55 euros) et Legrand (-4,56% à 127,70 euros).
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