BCE : deux hausses de taux en 2026 ?
L'inflation pose problème...
La Banque centrale européenne réagira à la guerre en Iran en relevant ses taux d'intérêt à deux reprises cette année, avant de les maintenir stables plus longtemps que prévu, selon les économistes interrogés par 'Bloomberg' du 29 mai au 3 juin. Selon le sondage, tous les répondants, à une exception près, anticipent une hausse d'un quart de point lors de la réunion de la semaine prochaine, la plupart d'entre eux prévoyant une nouvelle augmentation avant la fin de l'année, majoritairement en septembre. Le taux de dépôt atteindrait ainsi 2,5%.
"La BCE veut montrer qu'elle ne restera pas les bras croisés face à la hausse de l'inflation", explique à l'agence Daniel Hartmann, économiste en chef chez Bantleon. "Elle souhaite souligner qu'elle prend l'objectif de 2% au sérieux et ne tolérera aucun dépassement persistant". "La BCE justifiera cette hausse par une mesure de défense de sa crédibilité ", ajoute Arne Petimezas, directeur de la recherche chez AFS Interest. "Avec une inflation sous-jacente légèrement supérieure à l'objectif avant la guerre, elle n'a de toute façon pas d'autre choix que de relever ses taux".
Après avoir maintenu les taux d'emprunt stables depuis le début de la guerre, les autorités ont largement laissé entendre qu'elles pourraient les relever pour la première fois depuis septembre 2023, craignant que le conflit en cours n'accroisse le risque d'une flambée inflationniste prolongée. La croissance des prix à la consommation dans la zone euro a bondi à 3,2% en mai, contre 1,9% au cours des trois premiers mois de la guerre, et devrait encore s'accélérer. Cette hausse est principalement due aux effets directs de l'envolée des coûts de l'énergie, mais les responsables de la BCE craignent que ces pressions ne se répercutent de plus en plus sur l'inflation générale, via les salaires et la fixation des prix par les entreprises.
A plus long terme, la plupart des personnes interrogées anticipent une baisse des taux d'ici mi-2027, le conflit au Moyen-Orient pesant sur l'activité économique. Auparavant, les économistes prévoyaient une réduction dès le mois de mars.
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