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Kevin Warsh, du cercle de Trump aux portes de la Fed

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Kevin Warsh, désigné par le président Donald Trump comme son candidat pour diriger la Réserve fédérale américaine, le 10 juillet 2024 à Sun Valley, dans l'Idaho
Kevin Warsh, désigné par le président Donald Trump comme son candidat pour diriger la Réserve fédérale américaine, le 10 juillet 2024 à Sun Valley, dans l'Idaho ( KEVORK DJANSEZIAN / Getty/AFP/Archives )

Kevin Warsh, désigné vendredi par Donald Trump comme son candidat pour diriger la Réserve fédérale (Fed), s'est érigé ces derniers mois en défenseur des politiques présidentielles et contempteur de la banque centrale américaine, dont il a déjà été l'un des gouverneurs.

Kevin Warsh, 55 ans, est l'un des deux "Kevin" qui étaient pressentis pour remplacer Jerome Powell, avec Kevin Hassett, fidèle conseiller économique de Donald Trump, qu'il a doublé dans la dernière ligne droite.

Il a déjà voté sur la politique monétaire américaine, en tant que gouverneur de la Fed de 2006 à 2011.

Il avait été propulsé à ce poste par le président républicain d'alors, George W. Bush, et était devenu à 35 ans le plus jeune gouverneur de l'histoire de la banque centrale.

Il aurait pu conserver ce poste jusqu'en 2018, terme initial de son mandat, mais avait démissionné en 2011 en critiquant la poursuite de la politique monétaire très accommodante adoptée pour soutenir la reprise, après la crise financière de 2008.

Un geste qui l'a classé dans le camp des "faucons", terme qui désigne des responsables généralement très attachés à la lutte contre l'inflation et rétifs aux taux bas.

Mais l'étiquette s'est quelque peu décollée au cours de l'année 2025, à force de plaider pour une politique monétaire plus souple.

"Crédibilité"

Les acteurs financiers ont toutefois semblé penser vendredi que Kevin Warsh n'agirait pas en cheval de Troie de Donald Trump et saurait préserver l'institution des interférences politiques.

Pour des analystes de la banque italienne UniCredit, l'ex-gouverneur "apporte son expérience et sa crédibilité à un moment où l'indépendance de la Fed est attaquée" par le locataire de la Maison Blanche.

"Difficile de dire si Warsh s'est engagé à quoi que ce soit auprès de Donald Trump pour gagner le poste", observent-ils.

Il a en tout cas montré qu'il épousait plusieurs crédos de l'exécutif.

Dans une tribune publiée par le Wall Street Journal en novembre, Kevin Warsh avait ainsi dénoncé la "gouvernance défaillante" de la Fed et défendu les "politiques pro-croissance" du gouvernement.

M. Trump avait songé à nommer M. Warsh à la tête de l'institution dès 2018, pendant son premier mandat. Il avait finalement préféré M. Powell - choix que le chef de l'Etat a très vite regretté.

"Porte beau"

Vendredi, il a dit de son poulain qu'il était "très intelligent, très bon, plutôt jeune". "Le physique ne veut rien dire mais il porte beau", a ajouté le président qui aime s'entourer de personnes télégéniques.

Sitôt après l'annonce, un commentateur de la chaîne financière américaine CNBC avait d'ailleurs relevé cet atout insoupçonné de Kevin Warsh: "Il a de beaux cheveux."

Natif d'Albany, dans l'Etat de New York, Kevin Warsh a étudié dans de prestigieuses universités américaines (Stanford, Harvard) et navigue dans un milieu ultra-privilégié.

Il a travaillé plusieurs années pour la banque Morgan Stanley où il a atteint le rang de vice-président.

Il a quitté la banque et le domaine des fusions-acquisitions pour devenir un des conseillers économiques du président George W. Bush, plus particulièrement chargé des flux de capitaux, des marchés financiers et des banques.

C'est à cette époque qu'il a épousé Jane Lauder, héritière de la famille du groupe de cosmétiques Estee Lauder. Un lien familial qui le rapproche de Donald Trump.

Le père de Jane, Ronald Lauder, milliardaire et grand contributeur du parti républicain, est un ami de jeunesse du président américain et un conseiller occasionnel.

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